Georgette Qellini,
députée PND, défend les orientations de son parti et dit
prendre à cœur les lois prônant les droits des femmes.
« L’agenda du PND répond aux besoins de la société »
Al-Ahram
Hebdo : Comment justifiez-vous le choix de votre parti
relativement aux projets de loi qui seront présentés lors de
la prochaine session ?
Georgette Qellini :
Le choix des projets de loi se fait en fonction des besoins
de la société. Par exemple, le projet de loi sur le statut
personnel qui est en cours d’élaboration devra aider à
alléger les problèmes familiaux qui se sont manifestés lors
de l’application de la loi en vigueur et dont résultait une
dislocation de la famille. Pallier ce genre de problèmes à
travers une nouvelle législation aura sûrement des
conséquences positives sur la société en général.
— Ce choix est accusé de suivre un agenda étranger au
détriment des problèmes pressants de la société ...
— A chaque fois que nous abordons un sujet relatif aux
droits des femmes ou des enfants, on nous sort cette
histoire d’agenda étranger, comme si les Egyptiens étaient
des ennemis de la femme. L’Egypte n’est pas un pays arriéré
pour suivre des agendas étrangers, notre pays a participé à
l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de
l’homme. En 1911, les femmes égyptiennes avaient publié un
manifeste avec une dizaine de revendications, dont
l’obligation pour les hommes de ne pratiquer le divorce et
la polygamie que via le tribunal. Ce sont des droits qu’on
n’oserait pas demander aujourd’hui en 2008.
— Parmi les projets annoncés avez-vous une prédilection
personnelle pour un certain dossier ?
— J’ai l’intention de relancer le projet de loi sur
l’unification des procédures de construction des lieux de
culte. Je soutiens également le projet de loi élaboré par le
Conseil national de la femme qui renforce les peines contre
les harceleurs sexuels. Aussi je défendrai l’idée de
réserver aux femmes candidates deux circonscriptions dans
chaque gouvernorat pour permettre une meilleure
représentation de la femme au Parlement.
— Souvent, le manque de dialogue autour des projets proposés
par le PND est décrié comme une façon autocratique de gérer
les débats au sein de l’hémicycle, une sorte de monopole
pratiqué par la majorité ...
— Il y a le PND qui est le parti de la majorité et qui forme
le gouvernement, et il y a l’opposition qui le critique.
Chacun a un rôle. Cela dit, le dialogue entre les députés de
la majorité et ceux de l’opposition ne s’est jamais
interrompu.
Ceci a été très évident lors des débats autour des
amendements constitutionnels. Mais après le débat, ce n’est
pas obligatoire que tout le monde tombe d’accord sur tous
les points. En revanche, le PND ne peut pas entamer un
dialogue avec la Confrérie des Frères musulmans et le
mouvement Kéfaya qui, eux, ne sont pas des entités
légitimes. Le PND est un parti politique et dialogue avec
les autres partis.
— Qu’en est-il des relations entre les députés de la
majorité et ceux de l’opposition dans la pratique
parlementaire ?
— Cela dit, dans l’hémicycle, tous les députés sont en
contact permanent, sauf qu’il y a une différence majeure que
j’ai constatée entre mon premier mandat de députée qui a
commencé en 2000 et celui-ci ayant commencé en 2005. Les
anciens députés de l’opposition comme Fouad Badrawi et
Khaled Mohieddine entre autres étaient de vrais
parlementaires chevronnés et pas des destructeurs
systématiques. Souvent, ils nous surprenaient en apportant
leur accord à la majorité tout en expliquant pourquoi. Et
quand ils disaient « non », ils avaient toujours une
alternative à proposer. Aujourd’hui, les députés de
l’opposition manquent sérieusement d’expérience.
Propos recueillis par Chérif Albert