Al-Ahram Hebdo, Dossier | « L’agenda du PND répond aux besoins de la société »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Dossier

Georgette Qellini, députée PND, défend les orientations de son parti et dit prendre à cœur les lois prônant les droits des femmes.

« L’agenda du PND répond aux besoins de la société » 

Al-Ahram Hebdo : Comment justifiez-vous le choix de votre parti relativement aux projets de loi qui seront présentés lors de la prochaine session ?

Georgette Qellini : Le choix des projets de loi se fait en fonction des besoins de la société. Par exemple, le projet de loi sur le statut personnel qui est en cours d’élaboration devra aider à alléger les problèmes familiaux qui se sont manifestés lors de l’application de la loi en vigueur et dont résultait une dislocation de la famille. Pallier ce genre de problèmes à travers une nouvelle législation aura sûrement des conséquences positives sur la société en général.

— Ce choix est accusé de suivre un agenda étranger au détriment des problèmes pressants de la société ...

— A chaque fois que nous abordons un sujet relatif aux droits des femmes ou des enfants, on nous sort cette histoire d’agenda étranger, comme si les Egyptiens étaient des ennemis de la femme. L’Egypte n’est pas un pays arriéré pour suivre des agendas étrangers, notre pays a participé à l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme. En 1911, les femmes égyptiennes avaient publié un manifeste avec une dizaine de revendications, dont l’obligation pour les hommes de ne pratiquer le divorce et la polygamie que via le tribunal. Ce sont des droits qu’on n’oserait pas demander aujourd’hui en 2008.

— Parmi les projets annoncés avez-vous une prédilection personnelle pour un certain dossier ?

— J’ai l’intention de relancer le projet de loi sur l’unification des procédures de construction des lieux de culte. Je soutiens également le projet de loi élaboré par le Conseil national de la femme qui renforce les peines contre les harceleurs sexuels. Aussi je défendrai l’idée de réserver aux femmes candidates deux circonscriptions dans chaque gouvernorat pour permettre une meilleure représentation de la femme au Parlement.

— Souvent, le manque de dialogue autour des projets proposés par le PND est décrié comme une façon autocratique de gérer les débats au sein de l’hémicycle, une sorte de monopole pratiqué par la majorité ...

— Il y a le PND qui est le parti de la majorité et qui forme le gouvernement, et il y a l’opposition qui le critique. Chacun a un rôle. Cela dit, le dialogue entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition ne s’est jamais interrompu.

Ceci a été très évident lors des débats autour des amendements constitutionnels. Mais après le débat, ce n’est pas obligatoire que tout le monde tombe d’accord sur tous les points. En revanche, le PND ne peut pas entamer un dialogue avec la Confrérie des Frères musulmans et le mouvement Kéfaya qui, eux, ne sont pas des entités légitimes. Le PND est un parti politique et dialogue avec les autres partis.

— Qu’en est-il des relations entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition dans la pratique parlementaire ?

— Cela dit, dans l’hémicycle, tous les députés sont en contact permanent, sauf qu’il y a une différence majeure que j’ai constatée entre mon premier mandat de députée qui a commencé en 2000 et celui-ci ayant commencé en 2005. Les anciens députés de l’opposition comme Fouad Badrawi et Khaled Mohieddine entre autres étaient de vrais parlementaires chevronnés et pas des destructeurs systématiques. Souvent, ils nous surprenaient en apportant leur accord à la majorité tout en expliquant pourquoi. Et quand ils disaient « non », ils avaient toujours une alternative à proposer. Aujourd’hui, les députés de l’opposition manquent sérieusement d’expérience.

Propos recueillis par Chérif Albert

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