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Le jazz est une musique très flexible »
Al-Ahram
Hebdo : Vous dirigez plusieurs troupes de jazz,
Magnetic Orchestra,
Batagraf et
Siwan. Quelle est la particularité de chacune d’elles ?
Jon
Balke :
Je
suis jazzman et compositeur. Magnetic
Orchestra est plutôt une troupe qui joue la musique européenne
contemporaine. Batagraf fouille les
éléments originaux et réels du jazz. C’est plutôt une musique
afro-occidental très énergique qui
ressemble à la musique égyptienne moderne.
Quant à Siwan, la troupe mêle
musique andalouse et jazz. En fait, il y a environ deux ans,
j’ai été convoqué au Maroc pour composer des morceaux de jazz
pour un club marocain. J’ai découvert beaucoup d’enregistrements
d’Amina
Al-Aloui puisant dans les chansons et la musique
andalouses. Avec elle, on a créé Siwan.
En Europe, je travaille sur la musique baroque, découvrant des
liens entre celle-ci et la musique andalouse. De plus,
l’improvisation qui caractérise la musique andalouse constitue
une source fondamentale de la musique baroque.
—
Pourquoi avez-vous choisi de participer au festival avec
Siwan ?
—
A l’origine, ma référence est le jazz moderne. Mais 30 ans
auparavant, j’ai entendu la musique d’Oum
Kalsoum. Et c’était fascinant. J’ai
été épris de par la composition et l’arrangement de Mohamad
Abdel-Wahab. A l’époque, j’ai
considérablement pensé à approcher cette musique. De manière
latente, cette musique arabe existe à l’intérieur de ce que
j’écris et crée. Participer à ce festival cairote, avec la
musique métissée de Siwan, est un
retour à ce rêve du passé. En fait, toute ma musique est très
influencée par les musiques traditionnelles du monde plutôt que
par les formes typiques du jazz.
—
L’improvisation constitue-t-elle le point commun entre la
musique arabe et le jazz ?
—
Dans le jazz, il y a une structure fixe. Pourtant, le solo peut
bouger librement dans le cadre de cette structure. L’interprète
jouit d’une liberté à développer la musique au moment même du
jeu. La musique arabe s’organise aussi d’une certaine manière et
la musique andalouse est dotée de sa propre structure.
Certes, il y a des règles pour improviser, mais aussi cela
dépend de quel type de jazz il s’agit. Dans le jazz classique,
il y a toujours « la structure chorale » d’une chanson qu’on
répète. Le jazzman doit donc bien connaître la chanson originale
et son interprétation. Il existe une autre forme du jazz proche
de la musique arabe et qui respecte ses modes.
Le
jazz est une musique très flexible. Je ne sais pas quand on peut
s’arrêter à classer les musiques sous le titre de jazz parce que
les limites sont très vagues. On a le jazz électronique, le jazz
world, le classique, etc. En Norvège, on a par exemple le jazz
folklorique, la musique folklorique du Norvège mêlée au jazz. |