Al-Ahram Hebdo, Arts | A la rencontre de l’Orient
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Arts

Festival de Thessalonique.  Le cinéma du Moyen-Orient est fort présent à cette 49e édition de Thessalonique, avec la projection de 11 films et d’une table ronde spéciale. 

A la rencontre de l’Orient 

C’est avec Eskendériya leih ? (Alexandrie, pourquoi ?) que le festival a choisi de rendre hommage au merveilleux cinéaste, qu’était Youssef Chahine. Mais, si les maîtres s’éteignent, l’écran ne reste pas blanc. Un autre réalisateur et une autre œuvre égyptienne seront également présentés à travers la section, Focus sur le cinéma du Moyen-Orient. Il s’agit de L’Aquarium de Yousri Nasrallah. Le réalisateur de la magnifique Porte du soleil, d’après le roman du Libanais Elias Khoury, s’essaye avec L’Aquarium à un genre de cinéma assez peu convenu pour un cinéaste, qui a obtenu la reconnaissance du public et du monde cinématographique.

Si Guéneinet Al-Asmak (l’aquarium) existe bel et bien au Caire, dans le film il est utilisé comme métaphore de la société égyptienne, galerie hétéroclite, et qui n’est évidemment pas à l’abri du temps qui passe, qui change, et de tous les bouleversements sociopolitiques. Les bouleversements humains, aussi, essentiellement. L’Aquarium est donc un film choral qui fait intervenir les personnages de Youssef et de Leïla, un homme et une femme qui font connaissance avec la voix en attendant de se croiser.

Remarqué à Cannes, le film palestinien Le Sel de la mer d’Anne-Marie Jacir, joué par Catherine Deneuve, sera présenté à travers la même section. Le film essaie de porter le point de vue des milliers de Palestiniens à travers l’histoire d’une jeune femme, Soraya, née et élevée à Brooklyn, et qui décide d’aller vivre en Palestine, le pays de ses ancêtres. Dès son arrivée à Ramallah, elle cherche à récupérer l’argent de ses grands-parents, gelé sur un compte après leur exil, mais se heurte au refus de la banque. Sa route va alors croiser celle de Emad, un jeune Palestinien qui rêve de s’en aller. Ce road movie intense, guidé par l’urgence, revient avec force et sincérité sur les traces d’un passé évanoui.

Sur ce même thème du conflit arabo-israélien, sera également projeté le film d’animation israélien Waltz with Bashir (valse avec Bachir) d’Ari Folman, sur la mémoire des massacres de Sabra et Chatila. Dans ce film, le cinéaste israélien essaie de retracer un traumatisme individuel et collectif, le sien et celui de son pays. Le choix, assez adéquat, du cinéma d’animation renvoie à un souci d’exemplarité histoire que chacun, en Israël, puisse se reconnaître à travers ces personnages dessinés et ordinaires, résolument non-héroïques. C’est de présenter comment la mémoire s’est arrangée avec les souvenirs dérangeants, un quart de siècle après les faits. Peu à peu, le puzzle identitaire s’assemble. A vingt ans, Folman était un soldat de Tsahal. Au Liban, en 1982, il connut l’horreur des combats et la déraison sanguinaire au travail. Point d’orgue, les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, perpétrés par les milices chrétiennes, suite à l’assassinat du président libanais Bashir Gemayel, sous l’œil indifférent de l’armée israélienne.

D’autres films de ce même monde oriental ? Bien sûr. On peut citer entre autres American East (l’est américain), signé Hicham Essaoui, un jeune Egyptien vivant aux Etats-Unis, retraçant l’itinéraire d’un homme qui ouvre un restaurant libanais avec son meilleur ami d’origine juive.

La Syrie sera pour sa part présente à travers le film Khareg al-taghtiya (hors couverture), de Abdel-Latif Abdel-Hamid, la Jordanie avec Capitaine Abou-Raëd de Amin Matalqa, le Yémen avec Un Autre jour au vieux Sanaa de Bader Ben-Hirsi, et l’Iraq à travers le film Ahlam de Mohamad Al-Daradji.

Un Focus sur le Moyen-Orient qui donnera une image contrastée de la région, moins sombre que celle généralement prisée en Occident.

Yasser Moheb

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