Festival
de Thessalonique.
La 49e édition, se déroulant du 14 au 23 novembre, offre une
large palette de films, de visions inédites, de
rétrospectives et de leçons.
Nouveaux cinémas, nouvelles visions
Au
cours de ses 49 ans d’histoire, le Festival international du
film de Thessalonique a su se tailler une place à part
dans le panorama des grandes manifestations
cinématographiques. Chaque année en novembre, des centaines
de spectateurs et de professionnels se donnent rendez-vous
dans cette petite ville grecque, qui devient pendant neuf
jours une vraie capitale du cinéma.
Ainsi, Thessalonique est reconnue par les professionnels du
monde entier comme un précieux espace de découverte, où l’on
peut dénicher les talents de demain, puisque le festival est
articulé en une dizaine de sections, ouvertes à tous les
genres et à tous les formats.
Le décor méditerranéen de la ville se prête si bien à la
manifestation que les films semblent avoir été tournés
spécialement pour être présentés à Thessalonique. Et si le
festival a son jury officiel, il a également son jury du
public, qui décerne ses prix à ses films favoris.
Ce ne sont pas les grosses productions hollywoodiennes qui
sont à l’affiche, mais des films présentant un engagement
politique et social. L’objectif du festival est de «
promouvoir de nouveaux films et de nouvelles visions,
réalisés dans le monde entier ».
Le festival décerne chaque année deux prix, l’Alexandre d’or
et l’Alexandre d’argent, et présente des films en
compétition et hors compétition, des hommages, des
expositions.
Les
deux frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne sont à
l’honneur de cette édition 2008 qui leur offre un Alexandre
d’or pour l’ensemble de leur carrière cinématographique.
Leur dernier film, Le Silence de Lorna, sera présenté dans
une section spéciale au public grec, après avoir été célébré
cette année au Festival de Cannes. On peut y trouver
également leurs films : Dans l’obscurité, L’Enfant, Grand
prix à Cannes 2005, Le fils, Rosetta et La Promesse.
Le film d’ouverture de cette cuvée 2008 est l’œuvre
américaine The Wrestler signée Darren Aronofsky. Cette
fiction américaine sortie cette année aux Etats-Unis viendra
donc de donner un certain teint américain au début de cette
manifestation européenne, qui sera affermie encore avec le
film américain de clôture Nixon de Ron Howard.
Pour
la compétition internationale, sont au programme 14
productions récentes, de 2007 et 2008, rassemblant dans une
programmation exceptionnelle les contributions des nouveaux
talents et celles des grands maîtres dont le Français
Diasteme, le Coréen Dong-Joo Kim, le Serbe Szabolcs Tolnai,
le Mexicain Gerardo Naranjo Gonzalez, l’Iranien Abdolreza
Kahani et le Grec Petros Sevastikoglou.
Traditionnel lieu d’expression du cinéma balkanique, le
festival remettra également un prix de 10 000 euros à quatre
films de la région parmi les 14 sélectionnés. Il consacrera
des conférences et tables rondes autour des cinémas roumains
et turcs.
Cette année à Thessalonique, il y a également un bouquet de
Masterclasses (leçons de cinéma) fort passionnants de
Takeshi Kitano, d’Oliver Stone, d’Emir Kusturica, de Terence
Davies et des frères Dardenne entre autres.
Très attendue aussi, la rétrospective dédiée au réalisateur
sénégalais Ousmane Sembene. Une synthèse parfaite du cinéma
africain, permettant au public européen de voir ses films,
tels que Moolaade, Ceddo, Mandabi et Niaye.
Au nouveau cinéma américain, le festival consacre d’ailleurs
une section dans laquelle seront présentés les films Wendy
et Lucy de Kelly Reichardt, Ballast de Lance Hammer, Goliath
de David et Nathan Zellner et Sugar de Ryan Fleck et Anna
Boden.
La grande vitalité retrouvée du cinéma grec, aujourd’hui
présent dans tous les grands festivals, s’annonce à
Thessalonique avec une sélection regroupant des dizaines de
longs et courts métrages, où se côtoient les mises en scène
de Christos Georgiou, de Panayiotis Karamitsos, de Vassilis
Mirianthopoulos et de Vangelis Seitanidis.
Une autre section grecque est consacrée au documentaire. A
quoi s’ajouteront les hommages à Manos Zakharias et à la
jeune génération de cinéastes grecs.
Par ailleurs, le jury, présidé par l’écrivain canadien
Michael Ondaatje, consacrera le meilleur de ces 14 films le
23 novembre lors de la cérémonie de clôture du festival par
un Alexandre d’or, récompensé par un prix de 37 000 euros,
alors que le lauréat de l’Alexandre d’argent obtiendra 22
000 euros.
Et sur les 230 films projetés à travers cette édition, une
dizaine de longs métrages à succès seront donnés, tel le
film argentin Café de Los Maestros de Miguel Kohan, Ashes of
Time Redux de Wong Kar Wai, Night and the City de Jules
Dassin et Tulpan.
Bref, avec la diversité de ses projections et la profondeur
de ses axes, le festival de Thessalonique se place donc dans
une révolution qui ne cesse de gagner en puissance.
Yasser Moheb