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Initiative.
Un ambitieux projet de documentation numérique lancé par la
Bibliotheca Alexandrina permettra de faire connaître
l’histoire de l’Egypte moderne.
Pleins feux sur une passe recent
La
préservation de la civilisation de l’Egypte ne se limite pas
à un simple enregistrement des monuments, mais porte aussi
sur les événements politiques, économiques et sociaux qui
font aussi partie de l’histoire de cette nation. Ces
événements, qui avaient marqué l’histoire de l’Egypte au
temps moderne et dont la répercussion persiste toujours,
occuperont désormais leur place au sein d’un ambitieux
projet de documentation numérique lancé par la Bibliothèque
d’Alexandrie. Il verra le jour dans deux mois. « La
Bibliothèque d’Alexandrie a formé, il y a deux ans, une
équipe d’experts et de chercheurs de différentes époques
historiques, fin du XIXe siècle et XXe siècle, afin de créer
un site électronique racontant les événements historiques de
l’Egypte depuis la fin du siècle avant dernier tels les
événements ayant conduit à la révolution de Orabi, le début
de l’occupation britannique et autres … », explique Khaled
Azab, superviseur des projets électroniques à la Bibliotheca
Alexandrina. L’équipe de chercheurs a pu, après deux années
de travail acharné, collecter des milliers de documents et
des photos rares représentant les dirigeants de l’Egypte
avec beaucoup d’autres dirigeants du monde, des documents de
séance de négociations entre les gouvernements égyptien et
britannique lors de la signature du Traité de 1936. «
L’intérêt de ces documents réside dans le fait que certains
d’entre eux avaient été rédigés par la propre main des
dirigeants eux-mêmes. D’autres documents ont le privilège
d’avoir été rédigés lors des séances huis clos. Aucun
historien n’a eu la chance jusqu’aujourd’hui de les voir et
les étudier », souligne Mohamad Awad, directeur du centre
Alexmed qui dépend de la Bibliotheca Alexandrina. « Un
projet qui apportera beaucoup pour la lecture de notre
histoire », a-t-il ajouté. Il est à noter que la
documentation digitale de l’histoire de l’Egypte s’étend
jusqu’à l’époque contemporaine. Des centaines de documents,
dont certains n’ont pas été publiés, trouvent leur chemin
sur la toile. Les trois figures emblématiques ayant joué des
rôles primordiaux lors du déclenchement du coup d’Etat de 23
Juillet 1952. Le général Mohamad Naguib, le colonel
Abdel-Nasser et Anouar Al-Sadate auront chacun un site
particulier où ses réalisations seront mises à jour ainsi
que l’évolution de la société égyptienne au cours de sa
période. « On a eu recours aux archives de la presse
nationale comme Al-Ahram, Al-Gomhouriya … aux discours
lancés par ces dirigeants au cours des maintes occasions
politiques. Les mémoires également écrits, soit par les
leaders eux-mêmes ou par des personnes ayant été proches
d’eux font partie intégrante du projet de documentation
numérique », souligne Khaled Azab. D’après lui, le matériel
concernant le général Mohamad Naguib est bien limité à cause
du fait qu’il se soit retiré tôt de la scène politique
égyptienne. Pourtant, un grand effort a été déployé de la
part de l’équipe des chercheurs afin de collecter toutes les
informations publiées et les témoignages des proches du
président Naguib pour lui créer le portrait dont il est
digne. Le président Nasser aura de même un site à sa
hauteur. Tandis que le site le plus important sera consacré
au président Anouar Al-Sadate, et ceci est en fait grâce à
la coopération de sa veuve Gihane Al-Sadate et son
secrétaire personnel Fawzi Abdel-Hafez qui vient de décéder.
Le génie méconnu du Canal de Suez
Il
y a 150 ans mourait le concepteur autrichien et méconnu du
Canal de Suez. Décédé le 1er octobre 1858, six mois avant le
début du percement du Canal de Suez, son concepteur,
l’ingénieur autrichien, Alois Negrelli, reste méconnu,
éclipsé par le Français Ferdinand de Lesseps auquel
l’ouvrage reliant Méditerranée et mer Rouge est le plus
souvent associé. Né en 1799 dans le Trentin, ce passionné de
chemin de fer avait d’abord accompagné de ses constructions
le développement de ce mode de transport dans l’Empire
autrichien et en Suisse dans les années 1830 et 1840. On lui
doit notamment la première ligne suisse entre Zurich et Bâle
ainsi que le pont ferroviaire de 3,6 kilomètres sur la
lagune vénitienne qui permet encore aujourd’hui d’arriver en
train jusqu’à la cité des Doges.
Puis en parallèle à diverses fonctions au sein des chemins
de fer impériaux, il se consacra à l’étude de la
construction du futur Canal de Suez, incité par
l’explorateur et savant Alexander von Humbold.
Il ne s’agissait pas d’une idée neuve : des traces d’un
canal similaire en Egypte remontent au XIIe siècle av. J.-C.
Successivement étendu puis détruit au fil des dynasties, le
canal disparut au VIIIe siècle ap. J.-C. Dès 1846, Alois
Negrelli envoya des ingénieurs effectuer les premières
mesures pour le futur ouvrage et réalise les premières
ébauches. En 1857, il est nommé inspecteur général de tous
les canaux égyptiens par le vice-roi Saïd pacha.
Auparavant, il avait fait partie d’un panel d’experts
internationaux, conviés par Ferdinand de Lesseps à juger de
la faisabilité du projet après qu’il eut obtenu la
concession de la construction en 1854 auprès de Saïd pacha.
Mais sa mort subite, due à une infection des reins,
l’empêcha de réaliser son œuvre et permit au Français De
Lesseps de recevoir tous les lauriers. Il acquit auprès de
la veuve de Negrelli les plans du canal pour 20 000 florins.
Une somme relativement modique en comparaison avec les
revenus qu’il en retira.
Ayant rassemblé le capital faramineux nécessaire à la
construction auprès de petits épargnants et du vice-roi d’Egypte,
De Lesseps donna le premier coup de pioche le 25 avril 1859.
Le canal fut inauguré après des travaux pharaoniques entre
les 16 et 20 novembre 1869 et le nom de Negrelli fut peu à
peu oublié.
Un flot infini de photos rares représentant différentes
étapes de sa vie, des films documentaires racontant ses
multiples rencontres avec les différents leaders du monde,
ses discours politiques figurent tous sur le site du
président. Selon Azab, la contribution de la famille de
l’ex-président s’étend jusqu’à offrir au projet plusieurs
objets lui ayant appartenu personnellement, comme sa célèbre
canne, son uniforme militaire, sa propre radio, ses
médailles, sa bibliothèque et certains des rares livres lui
ayant été offerts par d’autres dirigeants du monde en tant
que cadeau. Egalement de nombreux portraits personnels dans
différentes poses peintes par maintes artistes seront
projetés à travers le site. « Ces objets feront du site du
président Sadate au sein du projet un véritable musée »,
estime Mohamad Awad. Le projet de documentation digital de
l’histoire de l’Egypte ne s’arrête pas aux simples
événements politiques. L’évolution de la vie parlementaire,
le changement des mœurs des Egyptiens, l’évolution
culturelle et artistique, tous les aspects de la vie
quotidienne des Egyptiens et son évolution socio-économique
occupent également une place prépondérante au sein du
projet. « Espérons que ce projet offrira aux historiens et à
ceux qui portent intérêt à l’histoire de l’Egypte un
matériel riche, leur permettant de bien lire l’histoire de
l’Egypte et de laisser un héritage digne à la génération
future », conclut Mohamad Awad.
Nada
Al-Hagrassy
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Au commencement était Ali Pacha Ibrahim
La Bibliotheca Alexandrina a commencé la publication d’une
série de livres sur l’histoire de l’Egypte moderne, avec un
ouvrage sur un pionnier de la médecine.
Ali pacha Ibrahim Raëd al-nahda al-tebiyya al-hadissa (Ali
Pacha Ibrahim, pionnier de l’essor médical moderne) est le
premier ouvrage imprimé par la Bibliotheca Alexandrina, dans
le cadre du projet de numérisation de l’histoire moderne de
l’Egypte. Ce livre de Khaled Azab et Suzanne Abed est en
fait le premier d’une série intitulée « La Mémoire de l’Egypte
contemporaine », qui retrace l’historique entre autres des
institutions et des Egyptiens qui se sont distingués dans
les différents domaines : économique, médical, politique ...
« La Bibliotheca Alexandrina vise par cette série à
présenter aux nouvelles générations, l’expérience de la
fondation de l’Egypte Moderne sur les épaules d’un groupe de
personnes, qu’on considère comme pionniers. On espère les
présenter aux nouvelles générations comme exemple à suivre.
Ce livre est donc le premier dans cette série. Il traite
évidemment la personnalité de mon vrai grand-père, Ali Pacha
Ibrahim, du côté de ma mère », a indiqué Ismaïl Séragueddine,
directeur de la Bibliotheca Alexandrina, dans la
présentation de cet ouvrage.
Le livre, publié par la Bibliotheca Alexandrina, raconte
donc la vie de Ali Pacha Ibrahim (1880–1947), pionnier de la
médecine à l’époque moderne. Cet ouvrage, qui se compose de
quatre chapitres, traite la vie, la famille et le travail de
Ali pacha Ibrahim, sa passion pour les antiquités et la
collection des objets d’art qu’il possédait, ses plus
importantes paroles, et un dernier chapitre intitulé « Ali
pacha Ibrahim aux yeux de ses collègues et ses étudiants ».
Malgré l’enfance misérable qu’a vécue Ali pacha Ibrahim, à
cause de la séparation de ses parents, il a pu réaliser les
rêves de sa mère et devenir un médecin de grande renommée.
Pour faire plaisir à sa mère, qui s’est épuisée pour payer
les frais de son éducation, Ali Ibrahim était toujours le
premier dans son école, puis à la faculté de médecine de
Qasr Al-Aïni.
Sa pré-excellence lui a permis de percer de part en part le
domaine de la médecine, qui était à l’époque presque
monopolisé par un groupe de médecins étrangers. Il était
ainsi le premier à faire une opération d’enlèvement de rein
et de vessie sans chirurgie. « Ali Pacha Ibrahim a joué en
fait un grand rôle dans la modernisation, non seulement dans
le domaine de la médecine de l’Egypte moderne, mais aussi
dans la vie politique de son pays. Il a participé à la
Révolution de 1919 et a été député au Parlement en 1925. Il
a fait beaucoup d’études et de recherches, qui lui ont
permis d’être le premier professeur égyptien à enseigner la
chirurgie à l’époque. Il était aussi le premier doyen
égyptien de la faculté de médecine, et a joué un grand rôle
dans la fondation de l’Université d’Alexandrie, qui a
commencé par deux facultés : celle de la médecine et celle
des sciences », souligne Khaled Azab.
Ali pacha Ibrahim a participé également à la construction du
grand hôpital Qasr Al-Aïni, ainsi que de celui des enfants.
Il était le premier syndic des médecins en 1941 et c’est lui
aussi qui a fondé l’Ordre des médecins. Il a envoyé des
missions de jeunes Egyptiens à l’étranger pour apprendre la
médecine, et a animé beaucoup de conférences à l’époque en
Egypte et à l’étranger.
C’est Ali Pacha Ibrahim aussi qui a fondé l’association de
Al-Tofoula al-mocharrada (l’enfance sans abri), ainsi que
celle du Croissant-Rouge. Il était le premier médecin
égyptien et arabe à être membre à l’Académie de la langue
arabe. En 1940, il a été nommé ministre de la Santé jusqu’à
sa mort le 28 janvier 1947.
Par ailleurs, Ali pacha Ibrahim était passionné du
patrimoine et des antiquités, surtout celles de l’art
islamique. Le Musée de l’art islamique à Bab Al-Khalq
possède une grande collection des œuvres de la possession de
Ali Pacha Ibrahim.
Histoire intéressante d’un homme pionnier dans son domaine.
Amira
Samir
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