Al-Ahram Hebdo, Visages | Maha Radamès
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Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

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Visages

Femmes et hommes se pressent chez la diététicienne Maha Radamès. Son sens de l’esthétisme et de l’écoute ont fait d’elle une référence qui délivre aussi ses conseils à la télé. Une vie de star dans laquelle elle se plaît.

La promesse d’un joli corps

« Conseils de Maha Radamès », « Régime de Maha Radamès », « Révolution dans le monde de la beauté ». Les prescriptions, diètes, publicités et même les coordonnées de cette diététicienne très médiatisée sont faciles à trouver sur Internet. Maha Radamès est spécialisée dans un domaine qui a le vent en poupe et ses deux cabinets cairotes à Héliopolis et Mohandessine en sont la preuve.

Avec ses traits doux, elle fait quand même des jaloux, mais elle n’y prête pas oreille. Elle suit son petit bonhomme de chemin. Le sens du devoir et de la persévérance, elle l’a, en fait, hérité de son père. Et de sa mère, gynécologue ? Plutôt, l’esprit créatif. Car elle a été depuis toujours la benjamine choyée des trois sœurs, toutes devenues médecins.

Née au Caire, dans le quartier de Choubra, la maison des Radamès donnait sur le Nil. Maha passait des heures au balcon pour admirer la beauté de ce fleuve et créer des œuvres d’art. Ce qu’elle aimait peindre le plus, c’est le corps féminin dans toute sa splendeur. Ensuite, elle ne tarde pas à omettre ou rajouter certains détails, retouchant son modèle pour atteindre le maximum d’esthétisme. Elle cherchait une beauté parfaite, sans défaut, quand elle était encore étudiante à la Saint-Mary English School, et adulte, elle continue à le faire à travers sa profession. Cela dépasse au loin ses années passées à la faculté de médecine de l’Université de Aïn-Chams. Ses études de base étaient en gastro-entérologie, ensuite elle a opté pour un magistère sur l’appareil digestif et le foie. En fait, les deux spécialités se complètent. « Mes études en gastro-entérologie m’ont beaucoup aidée à être une bonne diététicienne. Le gastro-entérologue est le spécialiste indiqué pour remédier aux problèmes d’obésité. Souvent, des patients viennent me consulter car souffrant de tension, de cholestérol, de diabète ou de problème cardiaque. Je dois donc être au courant des médicaments préalablement prescrits », affirme Radamès, ajoutant comme faisant un diagnostic : « Ceux qui veulent perdre du poids doivent impérativement garder un œil vigilant sur leur alimentation quotidienne, les quantités et la nature des aliments ».

La psychologie et les secrets de l’âme, voilà un autre domaine de prédilection de cette femme. D’ailleurs, elle accorde un intérêt particulier aux maladies psychosomatiques.

Son physique lui octroie un charisme naturel qui l’aide beaucoup auprès de ses patients. Radamès n’aime pas imposer un régime strict à ses patients, notamment au début. Très aimable, elle demande au client de choisir le régime alimentaire qui lui convient, optant pour un système à la carte. « Les gens m’apprécient car je dis les choses qu’ils veulent entendre. Je remédie petit à petit à leurs problèmes d’obésité », avoue la diététicienne qui sait choisir les mots qu’il faut.

Pourtant, au-delà de cette amabilité et cette approche réconciliante, Radamès est souvent accusée de mercantilisme. Est-ce une erreur d’avoir choisi une profession rentable ? « C’est vrai que la séance vaut 300 L.E. Mais, il faut l’admettre, tout le matériel est importé d’Allemagne ! », dit l’un de ses patients. La diététicienne se défend tranquillement : « J’adore aider les patients à devenir plus beaux en perdant du poids. Cela dépasse le gain matériel ».

C’est aux Etats-Unis que cette spécialiste en gastro-entérologie a été encouragée, par son ex-professeur et maître Emile Wassef, à épouser cette nouvelle branche. Il l’a encouragée à participer à une conférence sur la Diet Clinic dans la ville de Cornwall, à New York, en 1996. « C’était une bonne opportunité pour moi de travailler à Cornwall. Une vraie initiation », lance Radamès qui, de retour en Egypte en 1997, n’a pas tardé à décrocher deux diplômes : l’un en obésité et l’autre en acupuncture.

Puis, elle a réussi à devenir membre de l’American Bariatric Society d’obésité, en Californie. Et pour être toujours à la page, Radamès continue à suivre annuellement les conférences données à l’Université de Harvard.

Le Vacustyler (appareil pour faire fondre les graisses), la Mésothérapie (traitement de beauté), acupuncture, etc. Des mots appartenant au jargon courant dans la clinique qui ressemble à une ruche d’abeilles. Un va-et-vient incessant d’infirmières et de patients qui attendent leur tour réservé des mois à l’avance. Entre les nombreuses cabines réservées aux divers traitements, les habitués savent quelle direction prendre.

Svelte et petite de taille, Radamès est sûre d’elle. « C’est normal de rencontrer des jaloux, des gens oisifs. Je dois remédier tout d’abord aux tares physiques avant de passer au moral ». Et d’ajouter : « L’obésité est souvent due à des problèmes d’hormones ou de glandes. Il y a des gens qui suivent aveuglément les publicités ou les conseils des non spécialistes. Cela fait l’effet yo-yo et entraîne la dépression ».

Toujours entourée d’amis, elle a un métier reposant sur les relations publiques avec des femmes au foyer, des femmes d’affaires, l’élite du club Lion’s, des célébrités ... « Ce sont ces multiples connaissances qui m’ont ouvert la voie de la célébrité. Mais il faut avouer qu’en dehors du travail, cela est plaisant ». Et d’ajouter : « J’étais étonnée de savoir que mes programmes sont aussi distribués dans des écoles. Je suis ravie de parvenir à un tel succès ».

Etre toujours sous les feux de la rampe, cela enchante Maha Radamès. Et elle l’avoue. D’ailleurs, ses photos-magazines, avec des stars du cinéma ou autre, garnissent les couloirs de la clinique. Des photos annexées à une grande affiche, celle de la couverture de son premier livre, Maha Radamès, une prescription diététique, publié par la maison d’édition égypto-libanaise, en 2002. « Je suis ravie de trouver mon livre en Californie, entre les mains d’Egyptiens émigrés. Ces habitués de la cuisine égyptienne ont aussi besoin de conseils », signale Radamès qui prévoit de publier un troisième volume, englobant toute son expérience professionnelle et une réponse aux questions les plus récurrentes. « J’ai été l’invitée permanente de l’émission télévisée Al-beit beitak (faites comme chez vous), pendant deux ans successifs. Le taux démesuré d’audimat m’a encouragée à écrire un livre », déclare fièrement Radamès.

Une fois les longues journées de travail terminées, vers 17h, elle a hâte de rentrer chez elle. Une petite pause avant de se rendre à sa clinique de Mohandessine, ensuite à la télévision pour se transformer en star, cette fois-ci. Car elle présente actuellement une nouvelle émission, Lel taam asrar (la nourriture a ses secrets), sur la chaîne satellite ART. « Je considère les heures que je passe à la télévision comme mon seul divertissement », affirme Radamès qui ne cesse d’ajuster ses cheveux pendant les séances de photographie.

Radamès parle avec beaucoup d’aisance. Elle se laisse aller, oubliant la fatigue et les cernes. Un couple heureux, une femme enchantée de retrouver la beauté du corps, cela fait toujours plaisir. « Mes patients me racontent leurs problèmes conjugaux. Un époux est venu se plaindre de sa femme qui n’était pas si grosse avant le mariage. Une autre me raconte que son mari veut divorcer à cause de son obésité. Une troisième me dit qu’elle n’était pas si grosse avant d’accoucher. L’obèse cherche toujours des excuses. Je conseille aux femmes de surveiller leur ligne pour être jolies aux yeux de leur mari », déclare Radamès qui se dit souvent heureuse d’avoir une famille très compréhensive quant à la nature de son métier. « Mon mari est docteur en histologie, mon fils est chirurgien esthétique. Et ma fille est dentiste. Ils savent que j’adore ma profession. Nous suivons tous, à la maison, le même régime alimentaire ».

Névine Lameï

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Jalons

14 juin : Naissance au Caire.

1995 : Magistère sur l’appareil digestif et le foie.

1998 : Membre de l’American Bariatric Society.

2001 : Diplôme en Weigt Management, Californie.

2006 : Ouverture de sa clinique à Héliopolis.

 

 




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