Femmes et hommes se pressent chez la diététicienne
Maha Radamès. Son sens de
l’esthétisme et de l’écoute ont fait d’elle une référence
qui délivre aussi ses conseils à la télé. Une vie de star
dans laquelle elle se plaît.
La promesse d’un joli corps
« Conseils de Maha Radamès », « Régime de Maha Radamès », «
Révolution dans le monde de la beauté ». Les prescriptions,
diètes, publicités et même les coordonnées de cette
diététicienne très médiatisée sont faciles à trouver sur
Internet. Maha Radamès est spécialisée dans un domaine qui a
le vent en poupe et ses deux cabinets cairotes à Héliopolis
et Mohandessine en sont la preuve.
Avec ses traits doux, elle fait quand même des jaloux, mais
elle n’y prête pas oreille. Elle suit son petit bonhomme de
chemin. Le sens du devoir et de la persévérance, elle l’a,
en fait, hérité de son père. Et de sa mère, gynécologue ?
Plutôt, l’esprit créatif. Car elle a été depuis toujours la
benjamine choyée des trois sœurs, toutes devenues médecins.
Née au Caire, dans le quartier de Choubra, la maison des
Radamès donnait sur le Nil. Maha passait des heures au
balcon pour admirer la beauté de ce fleuve et créer des
œuvres d’art. Ce qu’elle aimait peindre le plus, c’est le
corps féminin dans toute sa splendeur. Ensuite, elle ne
tarde pas à omettre ou rajouter certains détails, retouchant
son modèle pour atteindre le maximum d’esthétisme. Elle
cherchait une beauté parfaite, sans défaut, quand elle était
encore étudiante à la Saint-Mary English School, et adulte,
elle continue à le faire à travers sa profession. Cela
dépasse au loin ses années passées à la faculté de médecine
de l’Université de Aïn-Chams. Ses études de base étaient en
gastro-entérologie, ensuite elle a opté pour un magistère
sur l’appareil digestif et le foie. En fait, les deux
spécialités se complètent. « Mes études en
gastro-entérologie m’ont beaucoup aidée à être une bonne
diététicienne. Le gastro-entérologue est le spécialiste
indiqué pour remédier aux problèmes d’obésité. Souvent, des
patients viennent me consulter car souffrant de tension, de
cholestérol, de diabète ou de problème cardiaque. Je dois
donc être au courant des médicaments préalablement prescrits
», affirme Radamès, ajoutant comme faisant un diagnostic : «
Ceux qui veulent perdre du poids doivent impérativement
garder un œil vigilant sur leur alimentation quotidienne,
les quantités et la nature des aliments ».
La psychologie et les secrets de l’âme, voilà un autre
domaine de prédilection de cette femme. D’ailleurs, elle
accorde un intérêt particulier aux maladies
psychosomatiques.
Son physique lui octroie un charisme naturel qui l’aide
beaucoup auprès de ses patients. Radamès n’aime pas imposer
un régime strict à ses patients, notamment au début. Très
aimable, elle demande au client de choisir le régime
alimentaire qui lui convient, optant pour un système à la
carte. « Les gens m’apprécient car je dis les choses qu’ils
veulent entendre. Je remédie petit à petit à leurs problèmes
d’obésité », avoue la diététicienne qui sait choisir les
mots qu’il faut.
Pourtant, au-delà de cette amabilité et cette approche
réconciliante, Radamès est souvent accusée de mercantilisme.
Est-ce une erreur d’avoir choisi une profession rentable ? «
C’est vrai que la séance vaut 300 L.E. Mais, il faut
l’admettre, tout le matériel est importé d’Allemagne ! »,
dit l’un de ses patients. La diététicienne se défend
tranquillement : « J’adore aider les patients à devenir plus
beaux en perdant du poids. Cela dépasse le gain matériel ».
C’est aux Etats-Unis que cette spécialiste en
gastro-entérologie a été encouragée, par son ex-professeur
et maître Emile Wassef, à épouser cette nouvelle branche. Il
l’a encouragée à participer à une conférence sur la Diet
Clinic dans la ville de Cornwall, à New York, en 1996. «
C’était une bonne opportunité pour moi de travailler à
Cornwall. Une vraie initiation », lance Radamès qui, de
retour en Egypte en 1997, n’a pas tardé à décrocher deux
diplômes : l’un en obésité et l’autre en acupuncture.
Puis, elle a réussi à devenir membre de l’American Bariatric
Society d’obésité, en Californie. Et pour être toujours à la
page, Radamès continue à suivre annuellement les conférences
données à l’Université de Harvard.
Le Vacustyler (appareil pour faire fondre les graisses), la
Mésothérapie (traitement de beauté), acupuncture, etc. Des
mots appartenant au jargon courant dans la clinique qui
ressemble à une ruche d’abeilles. Un va-et-vient incessant
d’infirmières et de patients qui attendent leur tour réservé
des mois à l’avance. Entre les nombreuses cabines réservées
aux divers traitements, les habitués savent quelle direction
prendre.
Svelte et petite de taille, Radamès est sûre d’elle. « C’est
normal de rencontrer des jaloux, des gens oisifs. Je dois
remédier tout d’abord aux tares physiques avant de passer au
moral ». Et d’ajouter : « L’obésité est souvent due à des
problèmes d’hormones ou de glandes. Il y a des gens qui
suivent aveuglément les publicités ou les conseils des non
spécialistes. Cela fait l’effet yo-yo et entraîne la
dépression ».
Toujours entourée d’amis, elle a un métier reposant sur les
relations publiques avec des femmes au foyer, des femmes
d’affaires, l’élite du club Lion’s, des célébrités ... « Ce
sont ces multiples connaissances qui m’ont ouvert la voie de
la célébrité. Mais il faut avouer qu’en dehors du travail,
cela est plaisant ». Et d’ajouter : « J’étais étonnée de
savoir que mes programmes sont aussi distribués dans des
écoles. Je suis ravie de parvenir à un tel succès ».
Etre toujours sous les feux de la rampe, cela enchante Maha
Radamès. Et elle l’avoue. D’ailleurs, ses photos-magazines,
avec des stars du cinéma ou autre, garnissent les couloirs
de la clinique. Des photos annexées à une grande affiche,
celle de la couverture de son premier livre, Maha Radamès,
une prescription diététique, publié par la maison d’édition
égypto-libanaise, en 2002. « Je suis ravie de trouver mon
livre en Californie, entre les mains d’Egyptiens émigrés.
Ces habitués de la cuisine égyptienne ont aussi besoin de
conseils », signale Radamès qui prévoit de publier un
troisième volume, englobant toute son expérience
professionnelle et une réponse aux questions les plus
récurrentes. « J’ai été l’invitée permanente de l’émission
télévisée Al-beit beitak (faites comme chez vous), pendant
deux ans successifs. Le taux démesuré d’audimat m’a
encouragée à écrire un livre », déclare fièrement Radamès.
Une fois les longues journées de travail terminées, vers
17h, elle a hâte de rentrer chez elle. Une petite pause
avant de se rendre à sa clinique de Mohandessine, ensuite à
la télévision pour se transformer en star, cette fois-ci.
Car elle présente actuellement une nouvelle émission, Lel
taam asrar (la nourriture a ses secrets), sur la chaîne
satellite ART. « Je considère les heures que je passe à la
télévision comme mon seul divertissement », affirme Radamès
qui ne cesse d’ajuster ses cheveux pendant les séances de
photographie.
Radamès parle avec beaucoup d’aisance. Elle se laisse aller,
oubliant la fatigue et les cernes. Un couple heureux, une
femme enchantée de retrouver la beauté du corps, cela fait
toujours plaisir. « Mes patients me racontent leurs
problèmes conjugaux. Un époux est venu se plaindre de sa
femme qui n’était pas si grosse avant le mariage. Une autre
me raconte que son mari veut divorcer à cause de son
obésité. Une troisième me dit qu’elle n’était pas si grosse
avant d’accoucher. L’obèse cherche toujours des excuses. Je
conseille aux femmes de surveiller leur ligne pour être
jolies aux yeux de leur mari », déclare Radamès qui se dit
souvent heureuse d’avoir une famille très compréhensive
quant à la nature de son métier. « Mon mari est docteur en
histologie, mon fils est chirurgien esthétique. Et ma fille
est dentiste. Ils savent que j’adore ma profession. Nous
suivons tous, à la maison, le même régime alimentaire ».
Névine Lameï