Bonaparte à l’IMA

Mohamed Salmawy

 

 

Normaliser avec la presse

Salama A. Salama

 

 

Où en sommes-nous après la crise économique mondiale ?

 Morsi Attalla

 

 

La nouvelle politique américaine dans la région

Abdallah Al-Achaal

 

 

Edito

Pertes

 

Premiers Etats arabes à être affectés par la crise financière américaine et son impact sur l’économie mondiale, les richissimes monarchies du Golfe font face à une forte dépréciation de leurs investissements à l’étranger et à une baisse de leurs revenus pétroliers qui représentent plus de 90 % de leur revenu public.

Grippé par la crise financière, le marché pétrolier souffre actuellement d’une baisse des échanges et d’une extrême défiance entre acteurs, ayant pour effet d’exagérer les variations de prix et de précipiter leur baisse. Cette extrême volatilité n’est qu’un des effets collatéraux de la crise financière, qui devrait durer tant que durera la crise. Celle-ci devra aussi, sur le moyen terme, ralentir la croissance économique mondiale et réduire la demande de pétrole. Ce qui provoquerait une baisse des prix du brut et de ses revenus. La demande de pétrole devrait baisser même en Chine, car ses exportations aux Etats-Unis devraient plonger en raison de la crise. Les craintes suscitées par l’impact du ralentissement sur la consommation d’énergie sont en grande partie responsables de la dégringolade des prix du brut, qui ont chuté de quelque 50 US$ depuis leur record du 11 juillet à 147 US$, passant actuellement sous la barre de 100 US$.

Les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) pompent 16 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % de l’offre mondiale, et disposent de 45 % des réserves mondiales prouvées. La hausse des prix du pétrole a rapporté, au cours des six dernières années, plus de 1 000 milliards de US$ aux six Etats du CCG et leurs fonds souverains détiendraient 1 500 milliards de dollars d’investissements à travers le monde.

Le système bancaire du Golfe ne devrait pas en revanche être trop touché par la crise, mais les pays de la région s’inquiètent pour leurs énormes investissements à l’étranger. On estime à 1 000 milliards de dollars les investissements des fonds souverains du Golfe aux Etats-Unis et en Europe il y a un an, au début de la crise des prêts hypothécaires aux Etats-Unis. Ces avoirs ont baissé au cours de l’année écoulée de 30 %, soit une perte de 300 milliards de US$ due à la crise financière et à des prêts hypothécaires. Au cours de cette même année, les fonds souverains des Emirats et du Koweït ont injecté plus de 12 milliards de US$ dans plusieurs grandes banques américaines, et la valeur de ces investissements a baissé de moitié avec la baisse des prix des actions. Les investissements privés du Golfe à l’étranger, estimés à 800 milliards de US$, ont également accusé des pertes similaires.