Normaliser avec la presse
Salama
A. Salama
Dans
les sociétés modernes, la presse libre assure la même
fonction que celle des poumons dans le corps humain, qui
reçoivent des quantités énormes d’air. Cet air contient très
peu d’oxygène et beaucoup de gaz nuisibles, dont les poumons
se débarrassent autant que possible avec chaque expiration,
selon le taux de pollution.
La presse assume cette même fonction dans l’objectif
d’injecter de nouvelles idées, des informations fiables et
des avis positifs dans la société, et de la purifier des
éléments corrompus.
Or, vu la corruption, la déviation sociale, les tentations
économiques et politiques et la prédominance d’une pensée
politique basée sur le principe du parti unique, la presse
n’a pas l’occasion d’ouvrir de nouveaux horizons autres que
ceux qui s’imposent avec grossièreté à la société. Cette
situation a permis l’apparition d’une presse anarchique, ne
respectant pas l’éthique déontologique où tout est confondu
et où tout le monde se ressemble.
Elle a évolué en Egypte avec les circonstances et la
révolution informatique. C’est ainsi que la marge des
libertés s’est élargie avec l’énorme espace médiatique et
l’incapacité d’occulter les informations. Cependant, le
régime continue à considérer les médias avec la même vision
fondée lors des circonstances exceptionnelles de la
révolution. Ces circonstances avaient donné au pouvoir des
prérogatives interdisant de le critiquer ou de lui demander
des comptes. C’est ainsi qu’il était impossible de naviguer
de pair avec l’évolution mondiale qui a eu lieu dans le
domaine de la liberté d’expression.
C’est là que réside la problématique réelle en ce qui
concerne le jugement du journaliste Ibrahim Eissa dans ce
qu’on appelle « L’affaire de la santé du président ». Les
articles stipulant le droit d’emprisonnement des
journalistes n’ont pas été annulés malgré l’unanimité
générale appelant à leur suppression. Cette situation révèle
que le manque de confiance est en croissance continue,
faisant de l’Etat un adversaire politique pour tout avis
différent. C’est ainsi que face à la rétention continue des
informations, il y a des tentatives acharnées visant à
obtenir à tout prix des informations en recourant parfois à
des moyens illégaux et provocants.
L’unique moyen de remédier à ce problème est de normaliser
les relations entre le pouvoir et la presse, toutes
tendances confondues, loin du principe « Si vous n’êtes pas
avec moi, vous êtes contre moi ». Ceci ne peut se réaliser
sans une révision globale de tous les articles dans les
crimes de publication qui sont mal exploités pour limiter la
liberté d’expression.