Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, Normaliser avec la presse
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Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

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Opinion

Normaliser avec la presse

Salama A. Salama

 

Dans les sociétés modernes, la presse libre assure la même fonction que celle des poumons dans le corps humain, qui reçoivent des quantités énormes d’air. Cet air contient très peu d’oxygène et beaucoup de gaz nuisibles, dont les poumons se débarrassent autant que possible avec chaque expiration, selon le taux de pollution.

La presse assume cette même fonction dans l’objectif d’injecter de nouvelles idées, des informations fiables et des avis positifs dans la société, et de la purifier des éléments corrompus.

Or, vu la corruption, la déviation sociale, les tentations économiques et politiques et la prédominance d’une pensée politique basée sur le principe du parti unique, la presse n’a pas l’occasion d’ouvrir de nouveaux horizons autres que ceux qui s’imposent avec grossièreté à la société. Cette situation a permis l’apparition d’une presse anarchique, ne respectant pas l’éthique déontologique où tout est confondu et où tout le monde se ressemble.

Elle a évolué en Egypte avec les circonstances et la révolution informatique. C’est ainsi que la marge des libertés s’est élargie avec l’énorme espace médiatique et l’incapacité d’occulter les informations. Cependant, le régime continue à considérer les médias avec la même vision fondée lors des circonstances exceptionnelles de la révolution. Ces circonstances avaient donné au pouvoir des prérogatives interdisant de le critiquer ou de lui demander des comptes. C’est ainsi qu’il était impossible de naviguer de pair avec l’évolution mondiale qui a eu lieu dans le domaine de la liberté d’expression.

C’est là que réside la problématique réelle en ce qui concerne le jugement du journaliste Ibrahim Eissa dans ce qu’on appelle « L’affaire de la santé du président ». Les articles stipulant le droit d’emprisonnement des journalistes n’ont pas été annulés malgré l’unanimité générale appelant à leur suppression. Cette situation révèle que le manque de confiance est en croissance continue, faisant de l’Etat un adversaire politique pour tout avis différent. C’est ainsi que face à la rétention continue des informations, il y a des tentatives acharnées visant à obtenir à tout prix des informations en recourant parfois à des moyens illégaux et provocants.

L’unique moyen de remédier à ce problème est de normaliser les relations entre le pouvoir et la presse, toutes tendances confondues, loin du principe « Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi ». Ceci ne peut se réaliser sans une révision globale de tous les articles dans les crimes de publication qui sont mal exploités pour limiter la liberté d’expression. 

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