Pertes
Premiers Etats arabes à être affectés par la crise
financière américaine et son impact sur l’économie
mondiale, les richissimes monarchies du Golfe font face
à une forte dépréciation de leurs investissements à
l’étranger et à une baisse de leurs revenus pétroliers
qui représentent plus de 90 % de leur revenu public.
Grippé par la crise financière, le marché pétrolier
souffre actuellement d’une baisse des échanges et d’une
extrême défiance entre acteurs, ayant pour effet
d’exagérer les variations de prix et de précipiter leur
baisse. Cette extrême volatilité n’est qu’un des effets
collatéraux de la crise financière, qui devrait durer
tant que durera la crise. Celle-ci devra aussi, sur le
moyen terme, ralentir la croissance économique mondiale
et réduire la demande de pétrole. Ce qui provoquerait
une baisse des prix du brut et de ses revenus. La
demande de pétrole devrait baisser même en Chine, car
ses exportations aux Etats-Unis devraient plonger en
raison de la crise. Les craintes suscitées par l’impact
du ralentissement sur la consommation d’énergie sont en
grande partie responsables de la dégringolade des prix
du brut, qui ont chuté de quelque 50 US$ depuis leur
record du 11 juillet à 147 US$, passant actuellement
sous la barre de 100 US$.
Les
pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) pompent 16
millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20
% de l’offre mondiale, et disposent de 45 % des réserves
mondiales prouvées. La hausse des prix du pétrole a
rapporté, au cours des six dernières années, plus de 1
000 milliards de US$ aux six Etats du CCG et leurs fonds
souverains détiendraient 1 500 milliards de dollars
d’investissements à travers le monde.
Le
système bancaire du Golfe ne devrait pas en revanche
être trop touché par la crise, mais les pays de la
région s’inquiètent pour leurs énormes investissements à
l’étranger. On estime à 1 000 milliards de dollars les
investissements des fonds souverains du Golfe aux
Etats-Unis et en Europe il y a un an, au début de la
crise des prêts hypothécaires aux Etats-Unis. Ces avoirs
ont baissé au cours de l’année écoulée de 30 %, soit une
perte de 300 milliards de US$ due à la crise financière
et à des prêts hypothécaires. Au cours de cette même
année, les fonds souverains des Emirats et du Koweït ont
injecté plus de 12 milliards de US$ dans plusieurs
grandes banques américaines, et la valeur de ces
investissements a baissé de moitié avec la baisse des
prix des actions. Les investissements privés du Golfe à
l’étranger, estimés à 800 milliards de US$, ont
également accusé des pertes similaires.