Iraq.
Les
négociations avancent à petit pas et plusieurs questions
restent à régler entre Washington et Bagdad en vue de
parvenir à l’accord sur la future présence américaine.
Les
avancées s’éternisent
Plus les
jours passent, plus les tractations sur l’accord
iraqo-américain qui devrait déterminer la présence des
forces américaines augmentent et plus les incertitudes
s’accroissent. Devant être finalisé en juillet, le texte,
qui doit donner un statut aux troupes américaines après 2008
dans ce pays, ne l’a pas été jusqu’à ce jour. Et même si le
ministre des affaires étrangères iraqien, Hoshyar Zebari, a
confirmé il y a quelques semaines que son gouvernement et
les Etats-Unis étaient proches d’un accord qui définirait
l’avenir de leurs relations, le scepticisme plane du fait de
la présence de plusieurs obstacles. Samedi soir le numéro
deux de la diplomatie américaine, John Negroponte, lors
d’une visite à Erbil (nord) a confirmé que des divergences
subsistent entre Américains et Iraqiens dans les
négociations concernant l’accord sur la future présence
américaine en Iraq. « Les négociations se poursuivent, il
reste quelques sujets en discussion », a déclaré M.
Negroponte à l’issue d’une rencontre avec le président de la
région autonome du Kurdistan iraqien, Massoud Barzani.
« Nous
devons signer cet accord car il est dans l’intérêt des deux
parties », a de son côté souligné M. Barzani.
Ce texte,
baptisé Sofa (Status Of Forces Agreement, ou Accord sur le
statut des forces américaines), doit régir le futur statut
des forces américaines en Iraq après l’expiration, le 31
décembre 2008, du mandat de la Force multinationale, fixé
par le Conseil de sécurité de l’Onu.
En effet, l’accord présumé laisse plusieurs points en
suspens. Selon les observateurs, trois articles d’une copie
de l’accord sonnent l’alarme. Le premier est que l’accord ne
parle pas d’un retrait total des Etats-Unis de l’Iraq, mais
seulement du retrait des « troupes combattantes » sans
donner plus de détails sur ces dernières.
Des
troupes américaines resteront-elles en vertu de cet accord
dans des bases en Iraq sous n’importe quel prétexte, ne
serait-ce que de soutenir les forces iraqiennes ? Le second
article souligne la nécessité d’une approbation des
exécutifs américain et iraqien sans évoquer la ratification
du Parlement iraqien, ce qui pourrait être très dangereux.
Finalement, la durée de validité de l’accord n’est pas
claire. Bien plus, l’accord affirme le droit de l’Iraq à
conclure des accords avec n’importe quel autre pays pour
garantir la sécurité et la stabilité du pays ; et d’aucuns
se demandent : que se passera-t-il si l’Iraq veut signer un
accord avec l’Iran ?
Outre
ces points laissés dans l’ombre, Bagdad et Washington
resteraient en désaccord sur le nombre de bases dont
disposeraient les Américains à long terme. Les Etats-Unis en
voudraient une cinquantaine. Ils ne s’entendraient pas non
plus sur l’immunité des soldats américains, sur la
possibilité pour les Américains de continuer à arrêter et
détenir des Iraqiens, et sur la conduite des opérations de
sécurité.
Certes,
l’Administration américaine peut difficilement se permettre
un échec dans les négociations. Mais, les ten
sions
dans le pays entre le gouvernement et les Kurdes d’un côté,
les tensions avec les sunnites et les divisions entre les
différentes factions chiites montrent que de nombreux
obstacles sont encore à déblayer avant qu’un tel texte
puisse être accepté.
Rania
Adel