Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | Damas inflexible
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Syrie. Le régime refuse que toute coopération avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) se fasse au détriment de sa sécurité nationale.

Damas inflexible

La Syrie continue à faire fi des accusations des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux de traîner les pieds en ce qui concerne l’enquête sur ses activités clandestines présumées et ne craint pas de s’attirer leur foudre. En effet, Damas a écarté la possibilité d’ouvrir ses sites militaires à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), en invoquant des questions de sécurité nationale. D’après des diplomates proches de l’AIEA, la Syrie a ignoré des demandes d’accès à trois installations militaires qui seraient liées au réacteur présumé.

Ibrahim Othman, directeur de la Commission syrienne de l’énergie atomique, a déclaré, vendredi devant l’assemblée annuelle de l’agence, que son gouvernement coopérait pleinement avec l’AIEA, mais que cette coopération ne pouvait se faire au détriment de la sécurité du pays. « Nous regrettons les déclarations de certains pays nous demandant de faire preuve de davantage de transparence. Je voudrais rappeler ici ce qu’Al-Baradeï a déclaré que la Syrie a coopéré et respecté la mise en œuvre des mesures arrêtées avec l’agence », a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Damas « coopère de manière totalement transparente » avec l’agence onusienne. Cette coopération devrait continuer, a dit M. Othman, « mais elle ne se fera surtout pas au détriment de notre sécurité nationale et nous ne révélerons pas la localisation de nos sites militaires ».

La Syrie avait accepté en juin dernier la venue d’une équipe de trois inspecteurs de l’AIEA sur le site d’Al-Kibar dans le désert syrien. Washington affirmait que les Syriens y construisaient un centre nucléaire clandestin avant sa destruction en septembre 2007 par un raid de l’aviation israélienne.

Mais depuis, le gouvernement syrien a refusé toute nouvelle mission d’enquête ainsi que des visites d’autres sites et a qualifié les accusations américaines « d’absurdes ».

L’AIEA avait indiqué la semaine dernière que les premières analyses d’échantillons prélevés sur le site lors d’une visite autorisée par Damas en juin dernier n’étayaient pas les accusations américaines.

Le directeur de l’AIEA, Mohamad Al-Baradeï, a jusqu’ici crédité la Syrie d’une bonne coopération, mais continue de réclamer de Damas le « maximum de transparence » et de fournir toutes les informations nécessaires à l’agence pour qu’elle parvienne à ses conclusions. La semaine dernière, lors de la réunion du conseil des 35 gouverneurs de l’AIEA, M. Al-Baradeï avait expliqué que la coopération de la part de Damas avait été « bonne » jusqu’à présent. L’enquête sur les allégations contre la Syrie avait pris du retard en raison de l’assassinat de l’agent de liaison de l’AIEA en Syrie, avait-il fait savoir, sans fournir de détails sur cette affaire.

M. Al-Baradeï avait également indiqué que les échantillons rapportés par les trois inspecteurs du site d’Al-Kibar étaient encore en cours d’examen, mais qu’à ce stade il n’y avait pas « d’indications » qu’il s’agisse de matériel nucléaire.

Il avait cependant déploré que Damas n’ait pas répondu aux demandes de l’AIEA de missions et d’informations additionnelles. L’intransigeance syrienne intervient au moment où l’AIEA a adopté, samedi à Vienne, une résolution appelant tous les Etats du Proche-Orient à renoncer à l’arme atomique, lors d’un vote boycotté par la plupart des pays arabes qui jugeaient plusieurs amendements trop favorables à Israël.

Après plusieurs jours de débats houleux au cours de l’assemblée générale annuelle de l’agence, le texte a été voté par 82 voix contre aucune et 13 abstentions. Presque tous les pays membres de la Ligue arabe ont quitté la salle avant le scrutin pour dénoncer des amendements inspirés par Israël et défendus par les pays occidentaux, qui, selon eux, privaient la résolution, non contraignante, d’une grande partie de sa substance. « Comment pourrions-nous approuver un appel à respecter nos obligations internationales alors qu’Israël refuse d’adhérer à tout critère de non-prolifération nucléaire ? Cela mine la crédibilité de l’AIEA », a dit un diplomate arabe à Reuters.

D’autres diplomates ont souligné la tension inhabituelle qui a régné pendant les débats.

« C’était un vrai cirque, c’est la pire conférence de l’histoire de l’AIEA », a estimé un diplomate européen. « Je n’ai jamais vu une telle animosité ». La résolution a été votée par tous les pays européens, une poignée de pays asiatiques, africains et sud-américains, plus l’Iran et l’Egypte. Parmi les pays qui se sont abstenus figurent Israël, les Etats-Unis et la Syrie.

Un texte similaire avait été adopté il y a un an avec une écrasante majorité, mais il y avait eu 47 abstentions parmi les pays occidentaux et les nations en voie de développement. Les experts pensent que, dans la région, Israël dispose d’un arsenal nucléaire. La Syrie et l’Iran sont soupçonnés de chercher à se doter aussi de l’arme atomique.

Rania Adel

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.