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Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

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Environnement

Produits Chimiques. Les entreprises égyptiennes vont devoir se plier à une nouvelle réglementation, dénommée « Reach », pour accéder au marché européen. Plus de 200 d’entre elles sont concernées et doivent procéder à leur pré-enregistrement.

Les règles se durcissent

La facture humaine et écologique de l’industrie devient de plus en plus lourde, et l’environnement provoque chaque jour davantage de maladies. Initiées en Europe, des solutions sont à étude et devraient se répercuter en Egypte pour créer un équilibre entre l’industrie et le commerce d’un côté et la santé et l’environnement de l’autre.

Reach, l’une des solutions suggérées par l’Union européenne, instaure un système intégré unique d’enregistrement, d’évaluation et d’autorisation des substances chimiques, géré par l’Agence européenne des produits chimiques, établie à Helsinki en Finlande.

L’objectif principal de ce règlement est de renforcer la protection de la santé humaine et de l’environnement par l’introduction d’un système de gestion des risques des produits chimiques, pour garantir la libre circulation de produits chimiques sûrs sur le territoire de l’Union et renforcer la compétitivité ainsi que l’esprit d’innovation de l’industrie chimique.

La phase de pré-enregistrement du règlement Reach a été lancée le 1er juin 2008. Fabricants et importateurs de produits chimiques ont six mois depuis cette date pour déposer un dossier pour chaque substance chimique utilisée. Le 2 décembre 2008, toutes les substances qui ne seront pas préenregistrées devront l’être immédiatement. Dans le cas contraire, elles devront être retirées du marché. Puis, à partir du 1er janvier 2009, elle rendra publique la liste de toutes les substances préenregistrées.

« Les bénéfices de Reach seront nombreux : compréhension améliorée des risques que supposent les substances chimiques pour la sécurité, meilleure protection de la santé des travailleurs, et du milieu naturel, et, éventuellement, réduction de la responsabilité au titre des dommages futurs », explique Hanane Al-Hadari, directrice en Egypte du Centre pour la technologie de la production propre.

Selon elle, les travailleurs en tireront des bénéfices dans la mesure où de nombreuses substances chimiques présentent des risques plus graves pour ceux qui les manipulent quotidiennement que pour les consommateurs des produits finis. Cela pourrait être particulièrement important dans les secteurs qui se concentrent de plus en plus dans les pays en développement. « Les substances jugées les plus dangereuses pour la santé et pour l’environnement seront progressivement supprimées et remplacées par des substances ou des technologies moins dangereuses », assure Hanane Al-Hadari.

 

Comité pour s’y conformer

En Egypte, près de 200 entreprises seraient concernées par cette nouvelle réglementation. Conformément à la décision numéro 745 de l’année 2008 du ministre égyptien du Commerce et de l’Industrie, un comité national a vu le jour pour s’y conformer et composé entre autres du président de la Chambre des industries chimiques, le président du conseil exportateur des industries chimiques, de la présidente de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) ...

Le comité national s’est réuni deux fois durant le mois de septembre. Lors de la première réunion, il a formé un comité technique, responsable d’élaborer un plan détaillé et d’apporter une assistance technique pour le pré-enregistrement des entreprises égyptiennes.

« Le temps presse, il faut bouger vite », commence Elham Réfaat, directrice de la gestion des produits dangereux au sein de l’AEAE. « Nous avons commencé par chercher en Europe des sociétés homologuées pour délivrer le certificat Reach. Puis, elles nous ont envoyé des devis et nous sommes en train de vérifier les meilleures offres sans tomber dans le piège d’un coût modéré pour le pré-enregistrement et ensuite un coût exagéré pour l’enregistrement », poursuit Mme Elham.

Le comité technique prépare aussi un document qui sera mis à la disposition de toutes les entreprises et dans lequel seront des informations simples et compréhensibles à propos de Reach et des étapes du pré-enregistrement. De plus, le comité a l’intention de commencer une campagne de sensibilisation dans les médias pour convaincre les entreprises d’enregistrer leurs substances. « Les entreprises réalisent des bénéfices importants, cela vaut donc la peine d’engager une dépense pour obtenir ce certificat et protéger la santé publique et l’environnement. Mais le plus important pour elles, c’est de pouvoir exporter leurs produits et trouver une place sur le marché européen. Cela ne se réalisera pas sans obtenir le certificat Reach », ajoute Elham Réfaat. « En effet, l’importance de Reach provient du fait qu’il est obligatoire. C’est la différence entre ce certificat et l’ISO 14 001 », indique-t-elle. Difficile donc d’y échapper, c’est pourquoi le comité se montrera très vigilant sur les fraudes.

Dalia Abdel-Salam
Samah Ziad

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Air trop pollué ?
Plaignez-vous au 19 808 !

La semaine dernière, le ministre de l’Environnement, Magued Georges, a tenu une conférence de presse pour énumérer les efforts déployés par son service afin de venir à bout du smog provoqué par le brûlage de la paille de riz dans les gouvernorats voisins du Caire, qui apparaît au-dessus de la capitale chaque automne depuis 1999. Le ministère a ainsi mis en place un centre d’opérations avancé pour surveiller les actes polluant l’air et recevoir les plaintes au 19 808, 24h/24. Le ministre de l’Environnement a assuré que son service tient à la coordination des efforts d’inspection environnementale avec les 4 gouvernorats principalement concernés : Daqahliya, Qalioubiya, Charqiya et Gharbiya.

Magued Georges avait déjà effectué une visite dans le gouvernorat de Daqahliya fin août dernier pour inaugurer deux usines de recyclage de paille de riz sur une superficie de 100 feddans (420 ha).

Fin septembre, Georges a aussi mené une tournée dans Gharbiya afin de visiter 15 nouveaux sites destinés au recyclage et au traitement de la paille de riz dans ce gouvernorat, qui cultive 145 000 feddans (60 900 ha) de riz et qui dégage 290 000 tonnes de paille. Pour encourager les agriculteurs, les responsables offrent une quantité d’engrais organique similaire à la quantité de paille transférée vers les sites de recyclage.

A vrai dire, le ministère de l’Environnement essaie de mettre un terme à ce phénomène du smog et lance en vain de nouvelles initiatives chaque année. Faute probablement de coordination et de coopération plus poussées entre les différents ministères concernés.

Dalia Abdel-Salam
Samah Ziad

 




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