Produits Chimiques.
Les entreprises égyptiennes vont devoir se plier à une
nouvelle réglementation, dénommée « Reach », pour accéder au
marché européen. Plus de 200 d’entre elles sont concernées
et doivent procéder à leur pré-enregistrement.
Les règles se durcissent
La
facture humaine et écologique de l’industrie devient de plus
en plus lourde, et l’environnement provoque chaque jour
davantage de maladies. Initiées en Europe, des solutions
sont à étude et devraient se répercuter en Egypte pour créer
un équilibre entre l’industrie et le commerce d’un côté et
la santé et l’environnement de l’autre.
Reach, l’une des solutions suggérées par l’Union européenne,
instaure un système intégré unique d’enregistrement,
d’évaluation et d’autorisation des substances chimiques,
géré par l’Agence européenne des produits chimiques, établie
à Helsinki en Finlande.
L’objectif principal de ce règlement est de renforcer la
protection de la santé humaine et de l’environnement par
l’introduction d’un système de gestion des risques des
produits chimiques, pour garantir la libre circulation de
produits chimiques sûrs sur le territoire de l’Union et
renforcer la compétitivité ainsi que l’esprit d’innovation
de l’industrie chimique.
La phase de pré-enregistrement du règlement Reach a été
lancée le 1er juin 2008. Fabricants et importateurs de
produits chimiques ont six mois depuis cette date pour
déposer un dossier pour chaque substance chimique utilisée.
Le 2 décembre 2008, toutes les substances qui ne seront pas
préenregistrées devront l’être immédiatement. Dans le cas
contraire, elles devront être retirées du marché. Puis, à
partir du 1er janvier 2009, elle rendra publique la liste de
toutes les substances préenregistrées.
« Les bénéfices de Reach seront nombreux : compréhension
améliorée des risques que supposent les substances chimiques
pour la sécurité, meilleure protection de la santé des
travailleurs, et du milieu naturel, et, éventuellement,
réduction de la responsabilité au titre des dommages futurs
», explique Hanane Al-Hadari, directrice en Egypte du Centre
pour la technologie de la production propre.
Selon elle, les travailleurs en tireront des bénéfices dans
la mesure où de nombreuses substances chimiques présentent
des risques plus graves pour ceux qui les manipulent
quotidiennement que pour les consommateurs des produits
finis. Cela pourrait être particulièrement important dans
les secteurs qui se concentrent de plus en plus dans les
pays en développement. « Les substances jugées les plus
dangereuses pour la santé et pour l’environnement seront
progressivement supprimées et remplacées par des substances
ou des technologies moins dangereuses », assure Hanane
Al-Hadari.
Comité pour s’y conformer
En Egypte, près de 200 entreprises seraient concernées par
cette nouvelle réglementation. Conformément à la décision
numéro 745 de l’année 2008 du ministre égyptien du Commerce
et de l’Industrie, un comité national a vu le jour pour s’y
conformer et composé entre autres du président de la Chambre
des industries chimiques, le président du conseil
exportateur des industries chimiques, de la présidente de
l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement
(AEAE) ...
Le comité national s’est réuni deux fois durant le mois de
septembre. Lors de la première réunion, il a formé un comité
technique, responsable d’élaborer un plan détaillé et
d’apporter une assistance technique pour le
pré-enregistrement des entreprises égyptiennes.
« Le temps presse, il faut bouger vite », commence Elham
Réfaat, directrice de la gestion des produits dangereux au
sein de l’AEAE. « Nous avons commencé par chercher en Europe
des sociétés homologuées pour délivrer le certificat Reach.
Puis, elles nous ont envoyé des devis et nous sommes en
train de vérifier les meilleures offres sans tomber dans le
piège d’un coût modéré pour le pré-enregistrement et ensuite
un coût exagéré pour l’enregistrement », poursuit Mme Elham.
Le comité technique prépare aussi un document qui sera mis à
la disposition de toutes les entreprises et dans lequel
seront des informations simples et compréhensibles à propos
de Reach et des étapes du pré-enregistrement. De plus, le
comité a l’intention de commencer une campagne de
sensibilisation dans les médias pour convaincre les
entreprises d’enregistrer leurs substances. « Les
entreprises réalisent des bénéfices importants, cela vaut
donc la peine d’engager une dépense pour obtenir ce
certificat et protéger la santé publique et l’environnement.
Mais le plus important pour elles, c’est de pouvoir exporter
leurs produits et trouver une place sur le marché européen.
Cela ne se réalisera pas sans obtenir le certificat Reach »,
ajoute Elham Réfaat. « En effet, l’importance de Reach
provient du fait qu’il est obligatoire. C’est la différence
entre ce certificat et l’ISO 14 001 », indique-t-elle.
Difficile donc d’y échapper, c’est pourquoi le comité se
montrera très vigilant sur les fraudes.
Dalia
Abdel-Salam
Samah Ziad