Al-Ahram Hebdo, Egypte |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Opposition. En perte de vitesse, les principaux partis laïques entament une « ouverture » envers la Confrérie des Frères musulmans.

Des jeux d’intérêt

L’accueil qui a été récemment réservé à des délégations des Frères musulmans reçus aux sièges des principaux partis de l’opposition a soulevé des questions sur les motifs de cette ouverture envers une confrérie officiellement interdite et qui dévie du « consensus national » sur la nature même du régime. Juste avant la fête du petit Baïram, le guide de la confrérie, Mahdi Akef, a été reçu dans une ambiance conviviale au siège du néo-Wafd par le chef de cette formation de la droite libérale Mahmoud Abaza. Presque en même temps, des délégations comprenant des membres du bureau du guide et des députés de la confrérie interdite mais tolérée se sont rendus au parti du Rassemblement et au Parti nassérien. Visite de courtoisie ? Pas vraiment. Les observateurs parlent d’un rapprochement entre les Frères et l’opposition traditionnelle. La régression de la popularité dont souffrent les partis d’opposition semble fournir une explication plausible à ce changement d’attitude.

Les partis d’opposition réunis ne disposent que d’une dizaine de députés à l’Assemblée du peuple contre 88 pour les Frères musulmans qui se sont imposés, depuis les élections législatives de 2005, comme la principale force d’opposition en Egypte. Aujourd’hui, les Frères, bien que subissant des pressions énormes de la part de l’Etat, disposent d’une certaine popularité et d’une présence parmi les masses populaires. Présence dont les partis traditionnels d’opposition en sont démunis. D’un autre côté, les Frères sont privés d’un statut légal. Leurs tentatives de créer un parti politique ont toutes échoué face à l’intransigeance de l’Etat. Conclusion logique de ces données : un rapprochement entre les Frères et l’opposition régulière peut faire le jeu des deux partis.

Il existe 22 partis d’opposition en Egypte, mais quatre seulement, à savoir Al-Wafd, Al-Tagammoe, le Nassérien et le Front démocratique, ont une présence toute relative sur la scène politique. 

A l’autre bout de l’échiquier, la Confrérie des Frères musulmans jouit outre sa popularité, d’une excellente capacité d’organisation. Leur statut « d’organisation interdite » les dispense du respect des restrictions auxquelles sont soumis les partis reconnus par l’Etat et leur offre un espace de manœuvre qu’ils exploitent avec succès. Mais c’est la main lourde des poursuites judiciaires et des tribunaux militaires qui les font tourner vers les partis politiques dans leur quête d’une ombrelle légitime.

Face à ce constat, la solution plusieurs fois essayée par les dirigeants de l’opposition est celle de l’union sous une plate-forme générale ou un « front national ». Mais la pierre d’achoppement a toujours été le dilemme de l’inclusion (ou de l’exclusion) de l’incontournable confrérie.

Entre 1995 et 2000 un « comité de concertation des forces politiques » avait regroupé les principaux partis de l’opposition aux côtés des Frères musulmans et du parti islamiste dissout, le Travail. Mais les divergences ont fini par paralyser cette plate-forme faute de dénominateur commun. Rééditée il y a quelques mois, cette tentative a été lancée sans les Frères sous le nom du « Front national » qui regroupe les partis libéraux du Wafd et du Front démocratique, le parti de gauche Al-Tagammoe et le Nassérien … sans les Frères cette fois. L’objectif étant d’offrir une « alternative démocratique au régime actuel ». Depuis, le programme de cette entité est resté lettre morte.

Mais la tournée qu’a entamée à l’occasion du mois de Ramadan une délégation de la confrérie aux sièges des partis Al-Wafd, Al-Tagammoe et le Nassérien, est venue mettre des doutes sur la disposition dudit Front. Les dirigeants de ces partis sont exposés à de virulentes critiques. Vu qu’en principe, ceux qui militent pour l’instauration de la démocratie et de la pluralité dans le cadre d’un Etat civil devaient être aux antipodes de ceux qui ont pour slogan « l’islam est la solution » et qui revendiquent l’application de la loi islamique (charia). Est-ce un aveu de la part de ces partis de l’impossibilité d’exclure les islamistes de l’équation politique ?

Le secrétaire général adjoint du Parti nassérien Tawhid Al-Banhawi affirme, pour sa part, la présence d’un « agenda général » sur lequel toutes les forces politiques peuvent travailler. « Mais cela implique une révision du programme politique des Frères musulmans ». Ce à quoi répond un membre du « bloc parlementaire » de la confrérie, le député Mohamad Al-Beltagui : « Personne n’abandonnera ses convictions pour faire plaisir aux autres ». D’après Al-Beltagui, l’accueil des Frères par les responsables des partis politiques montre que toutes les forces de l’opposition sont convaincues de la futilité de l’action unilatérale. « Nous sommes tous d’accord sur la nécessité de travailler ensemble », dit-il.

« La visite était leur initiative. Ils en ont profité pour donner leur point de vue sur la possibilité d’une action commune », s’explique de son côté Hussein Abdel-Razeq, cadre du parti de gauche Al-Tagammoe. Et d’ajouter : « Je ne crois pas en la possibilité d’entrer en coalition avec les Frères … ceci est exclu. Rien n’ira plus loin qu’une concertation sur des questions d’intérêt commun concernant la réforme politique » … Quand même.

Chérif Albert

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.