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Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

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Egypte

Aïd. Une trentaine de jeunes gens ont été arrêtés pour harcèlement durant le petit Baïram. Le général Hamdi Abdel-Karim, vice-ministre de l’intérieur, répond à nos interrogations.

« La société doit jouer un rôle
et pas seulement la sécurité »

Al-Ahram Hebdo : Lors du précédent Baïram, des jeunes filles avaient été harcelées et agressées, en plein centre du Caire, sans que personne ne bouge. Cette année encore, le phénomène s’est répété durant le Aïd. La multiplication de ces actes soulève des interrogations sur la sécurité des lieux publics, notamment pendant les fêtes. Existe-t-il des défaillances ?

Hamdi Abdel-Karim : Comme d’habitude, on nous fait porter le fardeau des maux de la société. D’abord, laissez-moi vous dire qu’il n’y a plus d’actes de harcèlement aujourd’hui qu’il y en avait hier. Ce genre de comportement n’existe pas seulement pendant le Aïd. Le résultat de la couverture médiatique est que nous avons cette impression que les actes de harcèlement se multiplient. Cela a toujours existé. Chaque jour nous recevons des centaines de plaintes surtout d’étrangers.

— Mais ne trouvez-vous pas qu’une présence renforcée de la police dans les lieux publics est à même de réduire ce phénomène ? De nombreuses jeunes filles ne se sentent plus en sécurité dans la rue …

— Dites-moi comment on peut savoir que tel jeune homme va harceler ou agresser telle jeune fille à telle heure et à tel endroit et se trouver précisément à cet endroit au moment du harcèlement pour arrêter ou dissuader le jeune homme. La sécurité est toujours vigilante mais il est impossible d’être partout à la fois. C’est vrai que notre mission est d’arrêter les criminels avant qu’ils ne commettent leurs crimes mais je dois dire aussi que la société et la famille ont un rôle à jouer à travers l’éducation.

— Donc, vous trouvez qu’on ne peut pas mettre fin à de telles pratiques ?

— Tant que la société, la famille, l’église, la mosquée, l’école et les médias ne joueront pas leur rôle, ce phénomène va continuer. Maintenant il y a des antennes paraboliques, des vidéoclips et Internet qui véhiculent des images à caractère sexuel alors que les jeunes sont frustrés.

— Mais ne trouvez-vous pas que ce genre de pratiques est dû à la crise économique et au fait que les jeunes ne peuvent pas se marier facilement en raison du coût élevé du mariage ?

— Je pense que nous ne devons pas chercher des excuses. Je reviens à ce que je disais sur l’éducation et la famille. Autrefois, on respectait la dignité de la jeune fille qui est un être humain. Et lorsqu’une jeune fille agressée ou harcelée criait au secours dans la rue, une foule de personnes se précipitait pour la sauver. Aujourd’hui, c’est malheureusement le contraire qu’on peut constater, les gens regardent ce qui se passe comme s’ils avaient affaire à un tournage de film et non pas un harcèlement. Je trouve que les nouvelles générations sont perdues car il n’y a plus d’éducation. Et si autrefois on trouvait sur les cahiers et les livres scolaires des consignes pour les élèves, maintenant on trouve des dessins et des photos d’actrices, de chanteuses et autres images lascives.

Propos recueillis par Chérine Abdel-Azim

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