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Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

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Egypte

UNESCO. Le soutien officiel des pays arabes au candidat égyptien Farouk Hosni devrait en principe couper le chemin à tout candidat de dernière minute. Mais la voie est encore longue.

Hosni gagne du terrain

Ne pas effriter les voix arabes : tel est le principal enjeu de la campagne du ministre de la Culture, Farouk Hosni, candidat au poste de directeur général de l’Unesco. Jusqu’ici deux indices majeurs montrent que les pays arabes sont sur la bonne voie pour que ce poste ne leur échappe pas. Le Maroc a annoncé la semaine dernière sa décision de retirer la candidature de l’ambassadrice Aziza Bennani, au profit de la candidature égyptienne. Et le 25 septembre, lors de leur réunion en marge de la 63e assemblée générale des Nations-Unies, les chefs de la diplomatie arabes ont déclaré leur soutien officiel à Farouk Hosni en tant que « l’unique candidat arabe » pour ce poste.

« Le retrait de la candidature de Aziza Bennani (…) intervient après une série de consultations avec l’Egypte en vue d’optimiser les chances d’une candidature arabe unique à cet important poste international », a souligné dans un communiqué le ministère marocain des Affaires étrangères.

Hosni, qui se considère désormais « le candidat de tous les Arabes », a bien accueilli la décision du Maroc, estimant qu’elle était susceptible d’augmenter ses chances. « C’est une position honorable pour les pays arabes de s’unir derrière un seul candidat », dit-il. Il a ajouté que le prochain mandat devait revenir à un représentant du monde arabe, les autres groupes géographiques ayant été déjà représentés à la tête de l’Unesco.

« L’Egypte intensifie ses contacts pour rassembler un soutien international derrière le candidat (Farouk Hosni) en concertation avec les ambassades arabes à l’étranger ... afin de s’assurer les voix des groupes régionaux et autres », a affirmé de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hossam Zaki. En cas de son élection, Hosni sera donc le premier Arabe à la tête de la prestigieuse institution.

Cependant, les rumeurs sur l’intention de l’ancien ministre libanais de la Culture, Ghassan Salama, de se porter candidat au poste montrent que la bataille ne fait que commencer, même si dans les cercles intellectuels beaucoup l’excluent. « Le respect pour le choix égyptien me fait douter que le Liban puisse favoriser la candidature de M. Salama », renchérit de son côté Salah Eissa. Dans un entretien téléphonique, M. Salama a rejeté ces rumeurs. « Ce sont les gouvernements qui présentent les candidatures et non pas les individus », a déclaré M. Salama à Al-Ahram Hebdo, sans pour autant nier catégoriquement. « Les candidatures ne seront posées que dans 6 mois. Jusque-là, beaucoup de choses peuvent changer et c’est à ce moment seulement qu’on peut évaluer la situation ».

De son côté, Hossam Nassar, coordinateur de la campagne de Farouk Hosni, estime qu’après la déclaration des chefs de la diplomatie soutenant Hosni, « l’affaire est déjà tranchée au niveau arabe ». Parallèlement aux efforts de son équipe, Nassar affirme travailler sur deux niveaux : « D’abord faire la promotion du candidat auprès des personnalités influentes sur le cours du vote, ensuite la cristallisation d’un projet global pour donner une vision de gestion des activités de cette machine qu’est l’Unesco ». Selon lui, déjà plusieurs pays européens du Bassin méditerranéen ont donné leur soutien au candidat égyptien, ainsi que beaucoup de pays de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. La France, pays hôte du siège de l’Unesco, a été la première à afficher officiellement son soutien au candidat égyptien. Le soutien personnel du président Nicolas Sarkozy a été confirmé dès 2007 à travers deux de ses ministres, MM. Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel. 58 pays ont le droit de vote lors des élections, prévues en octobre 2009, pour choisir le successeur du Japonais Koichiro Matsuura. Pour son élection, le candidat a besoin de 30 voix.

Chérif Albert

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