UNESCO.
Le soutien officiel des pays arabes au candidat égyptien
Farouk Hosni devrait en
principe couper le chemin à tout candidat de dernière
minute. Mais la voie est encore longue.
Hosni gagne du terrain
Ne
pas effriter les voix arabes : tel est le principal enjeu de
la campagne du ministre de la Culture, Farouk Hosni,
candidat au poste de directeur général de l’Unesco.
Jusqu’ici deux indices majeurs montrent que les pays arabes
sont sur la bonne voie pour que ce poste ne leur échappe
pas. Le Maroc a annoncé la semaine dernière sa décision de
retirer la candidature de l’ambassadrice Aziza Bennani, au
profit de la candidature égyptienne. Et le 25 septembre,
lors de leur réunion en marge de la 63e assemblée générale
des Nations-Unies, les chefs de la diplomatie arabes ont
déclaré leur soutien officiel à Farouk Hosni en tant que «
l’unique candidat arabe » pour ce poste.
« Le retrait de la candidature de Aziza Bennani (…)
intervient après une série de consultations avec l’Egypte en
vue d’optimiser les chances d’une candidature arabe unique à
cet important poste international », a souligné dans un
communiqué le ministère marocain des Affaires étrangères.
Hosni, qui se considère désormais « le candidat de tous les
Arabes », a bien accueilli la décision du Maroc, estimant
qu’elle était susceptible d’augmenter ses chances. « C’est
une position honorable pour les pays arabes de s’unir
derrière un seul candidat », dit-il. Il a ajouté que le
prochain mandat devait revenir à un représentant du monde
arabe, les autres groupes géographiques ayant été déjà
représentés à la tête de l’Unesco.
« L’Egypte intensifie ses contacts pour rassembler un
soutien international derrière le candidat (Farouk Hosni) en
concertation avec les ambassades arabes à l’étranger ...
afin de s’assurer les voix des groupes régionaux et autres
», a affirmé de son côté le porte-parole du ministère des
Affaires étrangères, Hossam Zaki. En cas de son élection,
Hosni sera donc le premier Arabe à la tête de la
prestigieuse institution.
Cependant, les rumeurs sur l’intention de l’ancien ministre
libanais de la Culture, Ghassan Salama, de se porter
candidat au poste montrent que la bataille ne fait que
commencer, même si dans les cercles intellectuels beaucoup
l’excluent. « Le respect pour le choix égyptien me fait
douter que le Liban puisse favoriser la candidature de M.
Salama », renchérit de son côté Salah Eissa. Dans un
entretien téléphonique, M. Salama a rejeté ces rumeurs. « Ce
sont les gouvernements qui présentent les candidatures et
non pas les individus », a déclaré M. Salama à Al-Ahram
Hebdo, sans pour autant nier catégoriquement. « Les
candidatures ne seront posées que dans 6 mois. Jusque-là,
beaucoup de choses peuvent changer et c’est à ce moment
seulement qu’on peut évaluer la situation ».
De son côté, Hossam Nassar, coordinateur de la campagne de
Farouk Hosni, estime qu’après la déclaration des chefs de la
diplomatie soutenant Hosni, « l’affaire est déjà tranchée au
niveau arabe ». Parallèlement aux efforts de son équipe,
Nassar affirme travailler sur deux niveaux : « D’abord faire
la promotion du candidat auprès des personnalités influentes
sur le cours du vote, ensuite la cristallisation d’un projet
global pour donner une vision de gestion des activités de
cette machine qu’est l’Unesco ». Selon lui, déjà plusieurs
pays européens du Bassin méditerranéen ont donné leur
soutien au candidat égyptien, ainsi que beaucoup de pays de
l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. La France,
pays hôte du siège de l’Unesco, a été la première à afficher
officiellement son soutien au candidat égyptien. Le soutien
personnel du président Nicolas Sarkozy a été confirmé dès
2007 à travers deux de ses ministres, MM. Bernard Kouchner
et Jean-Marie Bockel. 58 pays ont le droit de vote lors des
élections, prévues en octobre 2009, pour choisir le
successeur du Japonais Koichiro Matsuura. Pour son élection,
le candidat a besoin de 30 voix.
Chérif Albert