Al-Ahram Hebdo, Economie |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Economie

Iraq. Les investissements directs étrangers affluent dans le secteur pétrolier, mais le gouvernement veut les attirer vers d’autres terrains, notamment pour mettre en place une nouvelle infrastructure hôtelière de luxe.

Le tourisme peut-être pour demain

Espérant profiter de l’amélioration de la sécurité dans leur pays, des responsables iraqiens ont lancé officiellement un appel aux investisseurs, pour réaliser leur premier projet touristique de luxe à Bagdad, depuis l’invasion de 2003, avec golf, spa et hôtel six étoiles. Hamoud Al-Yakoubi, président du Comité iraqien du tourisme, a indiqué lors d’une conférence de presse espérer récolter de 1 à 3 milliards de dollars. L’endroit est déjà choisi : ce sera « l’île aux mariages », une destination autrefois populaire pour les mariages et les lunes de miel, posée au milieu du Tigre, au sud de la capitale iraqienne. Aucune chaîne hôtelière internationale n’est à ce jour implantée en Iraq, frappé par le régime des sanction des Nations-Unies au cours des années 1990.

Les armes y sont interdites, en raison de la proximité avec la zone verte. L’emplacement de l’île, près de la zone verte de Bagdad, enclave ultra-sécurisée qui abrite l’ambassade américaine et la plupart des bâtiments gouvernementaux, est à même de rassurer les étrangers. En outre, le gouvernement entend construire un autre grand hôtel, cinq étoiles celui-là, pour 100 millions de dollars.

« L’investissement est garanti, la propriété du terrain est assurée pour 50 ans et peut être renouvelée, et les bénéfices peuvent être rapatriés en totalité, sans taxes », plaide Yakoubi.

« L’Iraq est maintenant ouvert aux investissements », se réjouit pour sa part le chef de la Commission sur l’investissement national, Ahmad Ridha. Ce dernier évoque la modestie du milliard de dollars nécessaires pour commencer à rénover l’île en comparaison avec les « 74 milliards d’Investissements Directs Etrangers (IDE) parvenus en Iraq ces six derniers mois ». Ces investissements doivent notamment servir à développer la ville pétrolière de Bassorah (sud) ou encore à rénover l’aéroport international de Bagdad et la ville sainte chiite de Najaf (centre). Très optimiste, Ridha juge en outre que le tourisme pourrait un jour détrôner le pétrole comme première source de richesse nationale, un sérieux défi quand on sait que le second fournit plus de 93 % des revenus de l’Iraq.

Or, Pour le moment, Al-Yakoubi avoue à l’Hebdo qu’aucun investisseur ne s’est encore présenté. Il espère cependant que les deux tiers du projet seront achevés dans un délai de 5 ans. C’est pourquoi il a déclaré que l’Organisme du tourisme tiendra une conférence de presse en novembre prochain pour faire la propagande du projet.

Aucune amélioration des services

Le pari sur le tourisme pour développer le pays paraît difficile. La commercialisation touristique de l’Iraq doit être la dernière de toutes les étapes de la reconstruction de l’Iraq. Et cette étape doit être très bien préparée par des experts touristiques. Pour plusieurs, parler de l’installation d’un projet touristique est trop prématuré puisque de nombreux problèmes et étapes n’ont pas encore été dépassés. Par exemple, Al-Yakoubi lui-même ne peut quitter son bureau dans la ville de Hifa sans être accompagné d’un cortège de voitures blindées et de gardes du corps, en plus des anciens problèmes iraqiens dont le plus grave est la corruption de l’administration qui empêche de mettre fin à la coupure continue d’électricité et à l’absence totale d’eau potable.

Le ministre du Pétrole iraqien, Hussein Al-Chéhrestani, avait révélé à l’Hebdo lors d’une interview en mai dernier que le gouvernement, béni des revenus pétroliers record, a élaboré un plan pour améliorer l’infrastructure, surtout que les services ont atteint un état de détérioration sans pareille. Ainsi, l’Iraq consacrera-t-il en 2009 près de 79 milliards de dollars à la reconstruction, aux travaux publics et aux dépenses sociales, soit 58 % de plus que l’an dernier, grâce à la hausse des prix du pétrole, a annoncé dimanche le gouvernement dans un communiqué.

Les Iraqiens, eux, ne sentent cependant aucune amélioration des services. Un citoyen iraqien s’insurge : « La reconstruction de l’Iraq nécessite des milliards de dollars tandis que la situation va de mal en pis à cause des différends confessionnels entre les gouverneurs eux-mêmes ». Et d’ajouter que ces raisons ont poussé 4 millions d’Iraqiens à quitter leur pays. Avis appuyé par un rapport de la Cour des comptes américaine (GAO) qui a indiqué que l’Iraq dépensait peu pour sa reconstruction (1 % de son budget entre 2005 et 2007), malgré un important excédent budgétaire résultant de ses revenus pétroliers, laissant aux Etats-Unis le soin de financer « des projets dans le bâtiment, l’eau, l’électricité et les armes », juge-t-on dans le rapport. Sans dire que les efforts des Etats-Unis laissent à désirer dans ce domaine.

Mohamad El Anwar

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.