Guerre d’Octobre 1973.
De brefs passages extraits du livre de Mohamad Hassanein
Heikal Octobre 73, l’arme et la politique mettent en relief
des moments et des impressions du président Sadate dans les
premières heures de la guerre.
Minutes d’un temps plus que mémorable
(...)
Le président Sadate s’est levé le 6 octobre à 7h15 du matin.
La première chose qu’il a faite a été de tendre la main, de
prendre le téléphone et d’appeler le colonel Abdel-Raouf
Réda, son directeur de bureau pour les affaires militaires à
cette époque. Il s’était déplacé avec un groupe d’officiers
de l’état-major à un siège temporaire de 3 chambres au
sous-sol du palais Al-Tahra. Le président Sadate était
préoccupé par la même question qui le hantait quelques
heures avant de se coucher : l’ennemi a-t-il su ?
La réponse a été que l’ennemi a su et ceci s’est manifesté à
travers sa réaction sur le front.
(...) A 13h, le samedi 6 octobre, le président Sadate est
arrivé au poste « 10 », — siège du commandement principal
des opérations — et s’est rendu dès son arrivée avec le
maréchal Ahmad Ismaïl Ali au bureau du commandant général.
Là, il a passé quelques minutes au cours desquelles il a
jeté un coup d’œil sur les cartes d’état-major. Il s’est
intéressé à poser des questions sur les positions des pièces
navales, qui avaient auparavant appareillé en mer Rouge et
en Méditerranée. Il s’est enquis de la préparation des
forces spéciales « Saaqa » qui s’étaient infiltrées au
Sinaï, la veille, pour arrêter le fonctionnement du
lance-flammes qui constituait un des principaux points dans
le plan israélien pour entraver toute traversée (du Canal de
Suez) ... Le président Sadate est entré dans la salle
d’opération à 13h30. L’ambiance était très tendue où se
mêlaient l’espoir, l’inquiétude, le savoir et la foi. Chacun
des commandants et des officiers présents dans la salle, qui
dépassaient les 100, sentait qu’il vivait un instant décisif
dans l’histoire de sa patrie et que le sort de beaucoup
serait lié par ce qui a été décidé dans cette salle et
transmis sur le champ de bataille ou ce qui est en
provenance de là-bas.
(...) A 19h pile, le président Sadate et avec lui tous ceux
dont les conditions ont permis d’être présents dans cette
salle glorieuse, étaient dans un état d’extase incroyable,
après s’être assurés tous que l’opération la plus dangereuse
de la guerre, dont ils craignaient les pertes, a eu un
succès, dépassant l’imagination. C’était l’instant le plus
merveilleux de leur vie, lorsqu’ils ont reçu le rapport
préliminaire sur le volume des pertes égyptiennes dans les
opérations, jusqu’à ce moment (…). Le président était assuré
que quelque chose de grandiose, beaucoup plus que ses rêves
les plus extraordinaires, a été réalisé ...
(...) Ce qu’a vu le président Sadate durant sa présence au
centre de commandement numéro « 10 » et après son départ est
une expérience qui relève de la légende. Il était possible
d’expliquer ce qui paraissait mythique par des causes
rationnelles et scientifiques.
Premièrement : Il existait une patrie, une nation, sous
pression immense qui a mené à faire exploser le noyau
interne et solide de cette nation et en conséquence, une
énergie difficile à imaginer s’est libérée. Sa puissance
s’est propulsée, comme une explosion nucléaire (...).
Deuxièmement : Les précédentes expériences amères, et à leur
tête celle de 1967, ont appris à beaucoup, surtout aux
Forces armées égyptiennes, que la science et la
planification basée sur celle-ci, sont les moyens de cette
époque pour réaliser n’importe quel objectif.
Samar
Al-Gamal