Cinéma.
Le Groupe scénario, nouvelle initiative lancée par des
cinéastes engagés, veut redonner ses lettres de noblesse au
métier de scénariste en Egypte. Et attirer du même coup les
productions internationales.
L’union pour la force des scénaristes
Cela
faisait des années que l’idée mijotait dans la tête du
scénariste Walid Youssef. Des années qu’il veut développer
l’art du scénario et améliorer les conditions de travail de
ses collègues. Elle deviendra enfin réalité au cours de ce
mois avec la création du Groupe scénario qui s’apprête à
entamer ses activités au Caire. « Cette fondation est la
première du genre en Egypte. Elle représente l’un des
projets devenus indispensables pour l’écriture dramatique.
Rares sont ceux, dans le chaos artistique actuel, qui
veillent sur le métier de scénariste », souligne Walid
Youssef, auteur du feuilleton Al-Dali, diffusé tout au long
du dernier mois de Ramadan.
Le Groupe scénario est une association qui se donne pour
mission de former les jeunes scénaristes et de les intégrer
au milieu des professionnels. Le talent sera le seul critère
de choix, « les seuls documents d’admission, sans médiation
ni préjugés », souligne Walid Youssef.
Regroupant parmi ses fondateurs écrivains, dramaturges,
réalisateurs et comédiens dont entre autres Ahmad Halawa,
Khalil Morsi et Mohamad Ali, la nouvelle entité propose
nombre de programmes visant à promouvoir ce métier en
souffrance. « Le scénario est le point de départ de toute
création cinématographique, la pierre angulaire précédant le
financement ou le casting ». Une évidence que Khalil Morsi
insiste à rappeler.
Avec sa structure simple et des objectifs clairs, les
organisateurs ont rapidement réussi à rallier nombreux
experts animés comme eux par le désir de partager leurs
expériences. Les contacts seront ainsi d’autant plus faciles
entre les scénaristes, producteurs et réalisateurs et
pourront même intéresser la production internationale de
scénarios développés en Egypte.
D’autres objectifs. Evidemment. « L’idée est également de
recevoir les scénarios de films ou de feuilletons, écrits
par des jeunes, d’en faire le tri et de les soumettre à des
sociétés de distribution et des maisons de production. En
échange, le groupe a droit à 25 % du prix du scénario vendu
», explique Walid Youssef. D’autres scénarios de candidats
pourraient être modifiés ou soignés à travers un atelier
regroupant de nombreux professionnels. Tout dépendra là de
l’opinion émise par le comité de sélection.
Cette nouvelle entité lutte aussi pour valoriser les cachets
des scénaristes. « Nous n’en sommes pas encore là, mais le
fait que l’auteur du film soit sous-payé révèle le manque de
considération vis-à-vis de l’écriture et de ceux qui s’en
chargent », ajoute Walid Youssef.
Et c’est à Chadi Diab, jeune scénariste et membre du groupe,
de réitérer : « Pour compter aux yeux des autres, il faut
constituer une force. Récemment, les scénaristes américains
et européens ont montré au monde entier leur puissance, à
nous donc d’exister ».
Yasser
Moheb