Al-Ahram Hebdo, Afrique | Vues inconciliables
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Semaine du 8 au 14 octobre 2008, numéro 735

 

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Afrique

Zimbabwe. La dernière réunion du président Robert Mugabe et du chef de l’opposition Morgan Tsvangirai n’a permis aucune avancée sur la question de l’attribution des ministères-clés. 

Vues inconciliables 

C’est un nouvel échec que les protagonistes de la crise zimbabwéenne ont connu cette semaine. Lors d’une réunion samedi dernier à Harare, les dirigeants politiques zimbabwéens ont essayé de trouver un accord et d’aplanir leurs divergences sur la composition d’un gouvernement de coalition nationale. En vain. Il s’agit des discussions entre le président Robert Mugabe, le chef du principal parti d’opposition (Mouvement pour le changement démocratique, MDC), Morgan Tsvangirai, et le chef d’un mouvement dissident du MDC, Arthur Mutambara. Comme prévu donc, ils ont une nouvelle fois achoppé sur la question-clé de la répartition des portefeuilles dans le futur gouvernement et des postes de gouverneurs, a expliqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa. « Il y a eu des discussions mais pas d’accord. Les consultations vont reprendre pour essayer de résoudre ces questions », a-t-il ajouté sans préciser à quelle date les pourparlers allaient reprendre.

Les deux camps revendiquent les ministères-clés des Finances et de l’Intérieur. Les parties ont « eu des échanges francs mais la répartition des portefeuilles ministériels est toujours bloquée. De nouvelles consultations auraient lieu au niveau des équipes de négociation pour parler exclusivement des portefeuilles des Finances et de l’Intérieur », a ajouté le porte-parole du MDC.

Une source proche des négociateurs a déclaré que MM. Tsvangirai et Mutambara s’étaient entretenus avant de rencontrer M. Mugabe pour défendre une position commune. Sous l’égide de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, MM. Mugabe, Tsvangirai et Mutambara ont signé le 15 septembre un accord historique de partage du pouvoir pour sortir le pays de la crise née de la défaite du régime aux élections du 29 mars. Selon cet accord, M. Mugabe doit conserver le poste de président, M. Tsvangirai doit devenir premier ministre et Arthur Mutambara son adjoint, dans un gouvernement comptant 15 ministres pour le parti au pouvoir, 13 pour le MDC-Tsvangirai et trois pour le MDC-Mutambara. Mais l’absence de consensus sur la répartition des portefeuilles ministériels retarde la mise en œuvre de cet accord destiné à mettre fin à la crise politique et économique dans le pays.

Pour aider les protagonistes au Zimbabwe à former leur gouvernement, le nouveau président sud-africain, Kgalema Motlanthe, s’est prononcé en faveur d’une nouvelle médiation de son prédécesseur Thabo Mbeki. « Notre gouvernement a pleinement confiance en la capacité de M. Mbeki de s’appuyer sur le succès historique déjà obtenu sous sa médiation dans l’accord de partage du pouvoir du 15 septembre. En conséquence, nous le soutiendrons à l’avenir dans sa fonction de médiateur », a déclaré M. Motlanthe dans un communiqué. Selon Thabang Chiloane, porte-parole du nouveau président Motlanthe, « il y a eu une discussion entre le président Motlanthe et l’ancien président et ils se sont mis d’accord pour que cela ait lieu », sans pouvoir donner de détails sur les prochaines étapes de la médiation. Thabo Mbeki a été poussé en septembre à la démission par son parti, le Congrès national africain (ANC), peu après avoir obtenu un accord de partage du pouvoir au Zimbabwe.  Son départ avait semé le doute sur la pérennité de l’accord zimbabwéen. Motlanthe a indiqué avoir averti la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qu’il souhaitait la voir renouveler le mandat de médiateur de Thabo Mbeki, qui a fait selon lui preuve d’une « vision dépassionnée » de la crise politique à Harare. Pour sa part, Tsvangirai en appelle à la SADC et aux Nations-Unies, estimant que Mugabe réclame tous les postes-clés en violation de l’esprit de l’accord. De l’autre côté, le parti de Mugabe nie l’existence d’un blocage et réfute le besoin d’un médiateur extérieur. Mais la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui avait nommé Mbeki comme médiateur au Zimbabwe, a également souhaité qu’il poursuive cette mission. L’impatience est grande au Zimbabwe de voir la formation de ce gouvernement, qui devrait entraîner un déblocage de l’aide économique à ce pays embourbé dans un marasme sans précédent.

Maha Salem

 




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