Football.
Ce dimanche, Ahli accueillera Coton Sport du Cameroun en
finale de la Ligue d’Afrique des champions. Révélation de
cette édition, le nouveau ténor camerounais essaie d’étaler
sa domination locale au niveau continental.
Un titan en devenir
Qualifiée
à la finale de la compétition la plus prestigieuse du
continent pour affronter Ahli, la formation camerounaise de
Coton Sport n’est pas seulement en quête d’un exploit
individuel mais de la sauvegarde de la réputation de toute
une nation. En effet, en battant Dynamos Harare 5-0 sur
l’ensemble des deux matchs, en demi-finale de la Ligue
d’Afrique des nations, Coton Sport a atteint un seuil
qu’aucun club camerounais n’avait réalisé depuis 27 ans,
notamment depuis le sacre de l’Union de Douala en Coupe
d’Afrique des clubs en 1981. Et pourtant, au début de
l’édition 2008, personne n’aurait parié que cette équipe
puisse atteindre le carré d’or, sans parler de la finale.
Coton Sport s’est trouvé face à Enyimba du Nigeria, double
champion d’Afrique 2003 et 2004, et deux autres formations
expérimentées, à savoir le Hilal du Soudan, demi-finaliste
en 2007 et le TP Mazembe, double champion (1967 et 1968,
sous l’ancien nom du TP Englebert) en phase de poule. Tous
les pronostics étaient pour Enyimba et Hilal de ce groupe B,
mais voilà que Coton Sport a chamboulé la hiérarchie en se
plaçant en tête du groupe suite à une large victoire (3-0)
face à Enyimba lors de la dernière journée de la phase de
poule. Ses performances n’étaient pas impressionnantes mais
la sélection a réussi un parcours sans faute dans le temple
de Roumé Adjia (ndlr : a battu Hilal et TP Mazembe sur le
même score de 1-0, outre la grande victoire face à Enyimba)
et a réussi à accrocher le Hilal à Oum Dorman (1-1) pour
terminer au sommet avec un total de 10 points. Face à
Dynamos en finale, les joueurs ont étalé leurs talents
consolidés par la confiance et l’expérience acquises durant
leur parcours pour s’imposer 1-0 à Harare et 4-0 à Garoua.
Le technicien franco-ivoirien Alain Ouombléon a le droit
d’être fier de ses poulains. Nommé à la barre en juillet
dernier seulement, il a pu mener ses hommes à leur première
finale continentale de l’Histoire et aussi remettre les
clubs camerounais au premier rang. Il a pu installer un
dispositif très solide et cohérent avec le capitaine Ahmadou
Ngomna comme pilier au milieu du terrain pour bloquer les
tentatives adverses mais aussi pour relayer ses chevaux
offensifs, notamment Oumarou Sanda, Makadji Boukar et
surtout l’attaquant nigérian Kamilou Daouda. Ce dernier est
le fer de lance de l’équipe, faisant preuve d’une grande
efficacité avec un total de 7 buts en 14 rencontres, pour se
situer en tant que deuxième meilleur buteur de la
compétition derrière le prodige nigérian d’Enyimba Stephen
Worgu (13 buts) qui survole la compétition.
Pour un club créé en 1986, équipe de la Société de
développement du coton (Sodecoton), une entreprise
agroalimentaire basée à Garoua (à 1 200 km au nord-est de
Yaoundé) et seulement en première division depuis 1993, le
résultat est époustouflant. Les dirigeants de la société
veulent créer un modèle pour tous les clubs africains et ont
mis en place un grand projet. « Il s’agit d’un complexe
sportif de 10 hectares comprenant plusieurs terrains de
football, des salles de musculation, des dortoirs, des
piscines et des bureaux », explique le président Pierre
Kaptené. Ils ont une infrastructure moderne, qui sera par
ailleurs ouverte aux équipes nationales du Cameroun et aux
pays africains qui en feront la demande, afin de faire un
grand bond dans l’ère du professionnalisme.
Manœuvre réussie, puisque l’équipe a fait une montée en
puissance pour éclipser les ténors classiques du pays, à
savoir Canon Yaoundé et Tonnerre de Yaoundé. Aujourd’hui,
Coton Sport compte 9 titres de championnat, à un seul titre
du record enregistré au nom du Canon et 4 titres de Coupe
dont la dernière samedi dernier. Mais ses prouesses ne
s’étaient pas reflétées au niveau continental. En effet, le
nouveau roi camerounais avait participé à la Ligue des
champions lors des sept dernières éditions mais n’avait
jamais atteint le seuil de la phase de poule. Cette fois-ci,
il a bien franchi toutes les expectatives et le voilà à 180
minutes du paradis. Mais pour se faire, il devra se mesurer
au ténor et bête noire de cette compétition, Ahli, en deux
épreuves, le 2 novembre au Caire et le 16 novembre à Garoua.
Après la défaite du Cameroun face aux Pharaons en finale de
la Coupe d’Afrique des nations 2008, la confrontation aura
sûrement un goût de revanche pour les Camerounais.
Karim
Farouk