Football.
Après le tirage au sort des éliminatoires de la Coupe du
monde 2010, la semaine dernière à Zurich, le sélectionneur
des Pharaons, Hassan Chéhata,
fait le point sur la préparation, la composition et la forme
actuelle de l’équipe nationale. Entretien exclusif.
« Je suis optimiste, nous avons des jours agréables devant
nous »
Al-Ahram
Hebdo : Le tirage au sort des éliminatoires combinées de la
Coupe du monde et de la Coupe d’Afrique des nations 2010 a
placé l’Egypte dans le groupe C avec l’Algérie, la Zambie et
le Rwanda. Une poule qui a soulagé les supporters. Qu’en
pensez-vous ?
Hassan Chéhata :
Les supporters sont satisfaits parce qu’ils ne prennent
sérieusement pas en compte les résultats de ces pays-là. Ils
ne se contentent que de l’apparence. Laissez-moi vous dire
que notre groupe rassemble des équipes plutôt fortes et
expérimentées. Nous avons par exemple l’Algérie qui n’est
vraiment pas une équipe aussi facile que l’on peut le
penser. Jouer à l’intérieur ou à l’extérieur du pays n’est
pas forcément synonyme de gagner un match ou le perdre.
Pour ce qui est du Rwanda, je dois rappeler que c’est une
équipe très homogène. Elle a battu le Maroc (3-0) lors de la
précédente phase. Et elle s’est qualifiée 1re ex-æquo de sa
poule, derrière le Maroc avec seulement une différence de
buts. Ce qui veut dire que c’est une équipe à prendre au
sérieux. Tout le monde connaît aussi la Zambie. Nous ne
devons pas oublier notre dernière rencontre avec elle en
Coupe d’Afrique des nations 2008 au Ghana. C’est une équipe
très ambitieuse, qui a un football à prendre très au
sérieux.
— Voulez-vous donc dire que votre groupe est difficile ?
— Notre groupe n’est ni difficile ni facile. C’est un groupe
moyen. Nous, en tant que techniciens et professionnels, nous
ne devons pas voir les choses comme les voit un amateur de
football ordinaire. C’est de notre intérêt de bien estimer
nos adversaires. C’est très important.
— Nombreux sont ceux qui affirment que la qualification des
Pharaons se joue en Algérie. Est-ce aussi votre avis ?
— La qualification ne se joue seulement pas en Algérie. La
qualification des Pharaons se joue sur l’ensemble des six
matchs de ces éliminatoires. Un match de football n’est
jamais gagné d’avance, ni chez soi, ni à l’extérieur. Il
n’est gagné que quand l’arbitre siffle la fin de la
rencontre. De même pour les éliminatoires. Elles ne sont
jamais jouées en un seul match. Pour être sûrs de la
qualification et par conséquent être parmi les « Grands » de
la Coupe du monde, nous devrons jouer tous ces matchs avec
concentration et les gagner tous. Car la qualification se
joue jusqu’au coup de sifflet final de la 6e et dernière
journée de ces éliminatoires.
— Dans quel état d’esprit est la sélection en ce moment ?
— Nous avons une équipe optimiste. Nous connaissons très
bien nos capacités. Nous avons de bons joueurs. Nous avons
la rue aussi qui nous supporte. C’est déjà une bonne chose.
Ça nous donne une bonne dose de force et plus de volonté à
donner sur la pelouse. Les joueurs ne sont pas tendus. Ils
sont sereins et travaillent très bien. Ils font une bonne
préparation chaque fois qu’il est possible de les
rassembler. Je suis en contact avec eux tous et ils sont
tous satisfaits du résultat du tirage au sort. Tout ce que
je peux dire, c’est que nous allons jouer et suer jusqu’à la
dernière minute de la dernière rencontre de ces
éliminatoires.
— On dit que vous êtes chanceux d’avoir un ensemble de
joueurs qui évoluent à l’extérieur, à l’instar de vos
attaquants Ahmad Hossam (Mido) et Amr Zaki qui jouent
respectivement à Middlesbrough et Wigan en Angleterre. Cela
est-il plus facile pour désigner un titulaire ?
— Pour moi, il n’ y a pas de joueurs titulaires et de
joueurs remplaçants. Mais plutôt un joueur en forme, apte et
prêt à donner à l’équipe nationale et un autre qui ne l’est
pas et qui en conséquence ne fait pas partie de mes calculs.
C’est la politique que nous adoptons en équipe nationale
depuis que j’ai pris en main la destinée des Pharaons. Il
n’y a pas de différence entre un joueur évoluant à
l’étranger et un local, dans ce sens. Si ce dernier est,
avant la rencontre, plus en forme et plus prêt pour le match
que le premier, la place revient de droit au second et c’est
sur lui que nous comptons. Celui qui nous suit de près
depuis que je suis à la tête de l’équipe nationale doit bien
le constater. C’est le système que nous employons et ça fait
partie des points-clés qui nous ont permis d’arriver là où
nous sommes.
— Depuis que vous êtes en charge de la sélection nationale,
les Pharaons ont un style de jeu bien à eux, ce qui ne
s’était pas vu depuis bien longtemps. Quelle est votre
recette ?
— C’est une recette compliquée dont je garde le secret.
(Sourire). Non, en réalité, il n’y a là aucun secret. Ce que
nous faisons est simple. C’est juste un travail assez
ordonné et un travail d’équipe. Un travail où tout le monde
a un rôle qu’il est appelé à remplir. Il faut dire que nous
nous exerçons pas mal sur les plans tactique et physique.
Nous travaillons fort bien sur ces plans-là. Nous ne
laissons également pas le côté patriotique, nous travaillons
aussi sur la concentration. C’est très important dans un
match de football de traiter ces points-là. Ajoutons à cela
d’autres facteurs aussi importants que les premiers. Il y a
d’abord l’aide de Dieu et la chance, il faut le reconnaître,
qui sont souvent de notre côté.
— En effet, certains attribuent vos succès à la chance ...
— Nous avons tous besoin de l’aide de Dieu pour pouvoir
travailler, pas seulement au football mais dans tous les
autres domaines de la vie. Quant à la chance, je crois qu’il
est impossible de gagner seulement avec de la chance, nous
devons aussi travailler sérieusement et bien nous organiser
pour atteindre nos objectifs dans tous les domaines et
surtout dans le football.
— Pour finir, êtes-vous optimiste pour la période à venir ?
— Certainement. Je suis optimiste, nous avons des jours
agréables devant nous, il faut seulement croire en nos
capacités et travailler sérieusement. Le rêve de qualifier
notre patrie l’Egypte en Coupe du monde et de jouer avec les
grands après 18 ans d’absence pourra se réaliser ; il faut
seulement se concentrer et travailler sérieusement, puis
avec l’aide de Dieu, nous pourrons atteindre nos objectifs.
Propos recueillis par Amr Moheb