Al-Ahram Hebdo, Sports | Hassan Chéhata, « Je suis optimiste, nous avons des jours agréables devant nous »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

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Sports

Football. Après le tirage au sort des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, la semaine dernière à Zurich, le sélectionneur des Pharaons, Hassan Chéhata, fait le point sur la préparation, la composition et la forme actuelle de l’équipe nationale. Entretien exclusif.  

« Je suis optimiste, nous avons des jours agréables devant nous » 

Al-Ahram Hebdo : Le tirage au sort des éliminatoires combinées de la Coupe du monde et de la Coupe d’Afrique des nations 2010 a placé l’Egypte dans le groupe C avec l’Algérie, la Zambie et le Rwanda. Une poule qui a soulagé les supporters. Qu’en pensez-vous ?

Hassan Chéhata : Les supporters sont satisfaits parce qu’ils ne prennent sérieusement pas en compte les résultats de ces pays-là. Ils ne se contentent que de l’apparence. Laissez-moi vous dire que notre groupe rassemble des équipes plutôt fortes et expérimentées. Nous avons par exemple l’Algérie qui n’est vraiment pas une équipe aussi facile que l’on peut le penser. Jouer à l’intérieur ou à l’extérieur du pays n’est pas forcément synonyme de gagner un match ou le perdre.

Pour ce qui est du Rwanda, je dois rappeler que c’est une équipe très homogène. Elle a battu le Maroc (3-0) lors de la précédente phase. Et elle s’est qualifiée 1re ex-æquo de sa poule, derrière le Maroc avec seulement une différence de buts. Ce qui veut dire que c’est une équipe à prendre au sérieux. Tout le monde connaît aussi la Zambie. Nous ne devons pas oublier notre dernière rencontre avec elle en Coupe d’Afrique des nations 2008 au Ghana. C’est une équipe très ambitieuse, qui a un football à prendre très au sérieux.

— Voulez-vous donc dire que votre groupe est difficile ?

— Notre groupe n’est ni difficile ni facile. C’est un groupe moyen. Nous, en tant que techniciens et professionnels, nous ne devons pas voir les choses comme les voit un amateur de football ordinaire. C’est de notre intérêt de bien estimer nos adversaires. C’est très important.

— Nombreux sont ceux qui affirment que la qualification des Pharaons se joue en Algérie. Est-ce aussi votre avis ?

— La qualification ne se joue seulement pas en Algérie. La qualification des Pharaons se joue sur l’ensemble des six matchs de ces éliminatoires. Un match de football n’est jamais gagné d’avance, ni chez soi, ni à l’extérieur. Il n’est gagné que quand l’arbitre siffle la fin de la rencontre. De même pour les éliminatoires. Elles ne sont jamais jouées en un seul match. Pour être sûrs de la qualification et par conséquent être parmi les « Grands » de la Coupe du monde, nous devrons jouer tous ces matchs avec concentration et les gagner tous. Car la qualification se joue jusqu’au coup de sifflet final de la 6e et dernière journée de ces éliminatoires.

— Dans quel état d’esprit est la sélection en ce moment ?

— Nous avons une équipe optimiste. Nous connaissons très bien nos capacités. Nous avons de bons joueurs. Nous avons la rue aussi qui nous supporte. C’est déjà une bonne chose. Ça nous donne une bonne dose de force et plus de volonté à donner sur la pelouse. Les joueurs ne sont pas tendus. Ils sont sereins et travaillent très bien. Ils font une bonne préparation chaque fois qu’il est possible de les rassembler. Je suis en contact avec eux tous et ils sont tous satisfaits du résultat du tirage au sort. Tout ce que je peux dire, c’est que nous allons jouer et suer jusqu’à la dernière minute de la dernière rencontre de ces éliminatoires.

— On dit que vous êtes chanceux d’avoir un ensemble de joueurs qui évoluent à l’extérieur, à l’instar de vos attaquants Ahmad Hossam (Mido) et Amr Zaki qui jouent respectivement à Middlesbrough et Wigan en Angleterre. Cela est-il plus facile pour désigner un titulaire ?

— Pour moi, il n’ y a pas de joueurs titulaires et de joueurs remplaçants. Mais plutôt un joueur en forme, apte et prêt à donner à l’équipe nationale et un autre qui ne l’est pas et qui en conséquence ne fait pas partie de mes calculs. C’est la politique que nous adoptons en équipe nationale depuis que j’ai pris en main la destinée des Pharaons. Il n’y a pas de différence entre un joueur évoluant à l’étranger et un local, dans ce sens. Si ce dernier est, avant la rencontre, plus en forme et plus prêt pour le match que le premier, la place revient de droit au second et c’est sur lui que nous comptons. Celui qui nous suit de près depuis que je suis à la tête de l’équipe nationale doit bien le constater. C’est le système que nous employons et ça fait partie des points-clés qui nous ont permis d’arriver là où nous sommes. 

— Depuis que vous êtes en charge de la sélection nationale, les Pharaons ont un style de jeu bien à eux, ce qui ne s’était pas vu depuis bien longtemps. Quelle est votre recette ?

— C’est une recette compliquée dont je garde le secret. (Sourire). Non, en réalité, il n’y a là aucun secret. Ce que nous faisons est simple. C’est juste un travail assez ordonné et un travail d’équipe. Un travail où tout le monde a un rôle qu’il est appelé à remplir. Il faut dire que nous nous exerçons pas mal sur les plans tactique et physique. Nous travaillons fort bien sur ces plans-là. Nous ne laissons également pas le côté patriotique, nous travaillons aussi sur la concentration. C’est très important dans un match de football de traiter ces points-là. Ajoutons à cela d’autres facteurs aussi importants que les premiers. Il y a d’abord l’aide de Dieu et la chance, il faut le reconnaître, qui sont souvent de notre côté.

— En effet, certains attribuent vos succès à la chance ...

— Nous avons tous besoin de l’aide de Dieu pour pouvoir travailler, pas seulement au football mais dans tous les autres domaines de la vie. Quant à la chance, je crois qu’il est impossible de gagner seulement avec de la chance, nous devons aussi travailler sérieusement et bien nous organiser pour atteindre nos objectifs dans tous les domaines et surtout dans le football.

— Pour finir, êtes-vous optimiste pour la période à venir ?

— Certainement. Je suis optimiste, nous avons des jours agréables devant nous, il faut seulement croire en nos capacités et travailler sérieusement. Le rêve de qualifier notre patrie l’Egypte en Coupe du monde et de jouer avec les grands après 18 ans d’absence pourra se réaliser ; il faut seulement se concentrer et travailler sérieusement, puis avec l’aide de Dieu, nous pourrons atteindre nos objectifs.

Propos recueillis par Amr Moheb

 

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