Al-Ahram Hebdo, Société | Le virtuel s’invite dans la réalité
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Société

jeux électroniques . Ils envoûtent de plus en plus de jeunes et d’adultes, une passion qui mène parfois au drame. Raison pour laquelle des fans ont décidé de fonder la première union pour jeux électroniques. 

Le virtuel s’invite dans la réalité 

« 0n a dû réunir tous les amateurs des jeux électroniques sous un seul pôle, pour constituer une force à l’étranger et mettre aussi des règles à ce genre de sport qui intrigue », développe un responsable à l’Union égyptienne des jeux électroniques (EFEG), fondée en 2007. Une institution qui dépend du Conseil national de la jeunesse et du sport et la première union arabe qui s’intéresse à ce genre de jeu. Mais fallait-il une telle union pour simplement jouer à la vidéo ? Tous les amateurs du jeu, très convaincus, sont unanimes. Ce divertissement, destiné au départ aux enfants, a fini par attirer aussi bien les petits que les adolescents et même les adultes. C’est une nouvelle tendance, puisque le nombre de fans va croissant et les nouveautés ne cessent de faire leur apparition : Game Boy Advance, Play Station, Nintendo, Game Cube ou ordinateur sont les vedettes en puissance qui permettent aux joueurs de plonger peu à peu dans ces jeux. La nature de l’appareil est secondaire, mais le jeu exige une certaine manière et parfois c’est le joueur qui choisit entre le Joy Stick, les boutons ou le clavier.

Très jeune, l’on commence à découvrir cet univers magique dans lequel on s’engouffre sans pouvoir s’en sortir. « J’ai apprécié ces jeux grâce à la Play Station que mes parents m’ont offerte à mon 9e anniversaire, puis ils m’ont acheté un Game Boy et enfin un ordinateur pour essayer tous les jeux et suivre toutes les nouveautés sur Internet », dit Karl, 15 ans, qui est un mordu de l’ordinateur, à la maison, au cybercafé ou en compagnie de l’un de ses amis. Ensemble ou chacun à part, Karl et ses copains consacrent au moins deux heures par jour à ces jeux. Même si l’on ne possède pas un ordinateur, les jeunes se ruent sur les cybercafés qui sont bondés et peuvent s’adonner à leur violon d’Ingres. Les ordinateurs sont collés les uns aux autres. Une lumière bleue éclaire le lieu, les yeux rivés sur les écrans, les doigts bougent avec nervosité de droite à gauche et du haut vers le bas. Dans le silence qui règne, on peut entendre le bruit du « clavardage » ou de temps en temps, un cri de victoire ou de défaite. Le propriétaire du cyber se tient à son bureau, organisant le travail et surveillant les joueurs, mieux qu’un professeur ne le fait en classe. « L’heure est à deux livres, mais je n’interdis pas à celui qui n’a pas d’argent de jouer une ou deux fois, car ils sont tous de fidèles clients », dit Tareq Gamil, propriétaire d’un cybercafé à Héliopolis. C’est le même système adopté par les marchands de drogue ou d’autres stupéfiants, on dépanne le client pour ne pas le perdre. Tareq travaillait comme comptable dans une compagnie d’ingénierie, mais après avoir remarqué que les cybercafés, dans lesquels lui-même passait toutes ses après-midi abondaient de jeunes, il a décidé de se lancer dans ce business fructueux.

 

Défi et accoutumance

Si les jeux de foot et les courses de voitures intéressent les débutants, les adolescents sont passionnés par les jeux dits « stratégiques ». C’est un défi perpétuel, car lorsqu’on commence un jeu de guerre par exemple et que l’on doit défendre quelqu’un contre un autre, il faut choisir les armes qui conviennent et le bon moment pour attaquer, gagner des points, vaincre et ainsi de suite d’un niveau à l’autre. En général, ces niveaux sont nombreux et les compagnies qui en produisent ne laissent pas les joueurs s’en lasser, car avant qu’un jeu ne devienne monotone, elles en créent un autre plus captivant. Ces passionnés sont insatiables tant ils sont obsédés par ce genre de jeux qui exige de la concentration. Ils n’attachent aucune importance aux études qui prouvent que ces jeux sont d’une extrême violence. Ils font aussi perdre toute envie aux enfants de lire ou pratiquer un sport. Pourtant, les parents ne voient en ces jeux vidéo qu’un moyen de divertissement qui ne demande pas de la surveillance. « Je préfère que mon fils passe son temps devant ces jeux au lieu d’être dehors avec ses amis, fumant ou draguant les filles. De plus, cette passion pour les jeux électroniques l’a aidé à fouiner dans l’ordinateur pour améliorer son niveau », dit Nermine, professeur et maman de Mohamad, 18 ans. Ce dernier, comme le confie sa maman, bouge à la maison presque comme un automate et ne participe à aucune discussion sauf si elle tourne autour de ces jeux. Devant son ordinateur, Hani, 32 ans et ingénieur en électricité, oublie même de manger et ne quitte sa place que lorsque sa femme et son bébé réussissent à le tirer de son ordinateur. En fait, l’affaire a fait du bruit, puisque l’on voit de plus en plus des noms de joueurs sur les registres de la police. C’est surtout depuis l’apparition du jeu « Silk Road », le jeu électronique le plus populaire en Egypte basé sur le nombre de soldats que l’on achète avec du Gold pour composer une armée plus forte qui va mener à la victoire. D’un niveau à l’autre, l’on peut passer plus de trois ans avant de terminer toutes les étapes du jeu, sur lequel on parie dans les maisons ou les cafés pour acheter plus de soldats. Parfois, l’on oublie que c’est un jeu virtuel, surtout avec les techniques modernes du graphisme qui ont énormément évolué. Des disputes et une concurrence acharnée se produisent et peuvent mener au commissariat. Le Silk Road a obsédé tout le monde à tel point que Amr, directeur du département de l’ordinateur dans une compagnie pétrolière, a décidé de couper le réseau après avoir découvert que la plupart du personnel passait son temps à le jouer. « Je ne pensais pas que tous les employés délaissaient leur travail pour s’adonner à ce jeu en groupe », dit-il. Et en réponse à sa réaction, les employés ont manifesté devant son bureau, refusant sa décision. Des scènes similaires se passent dans d’autres pays qui élaborent des lois comme la Grèce et le Koweït. En Egypte, on a fondé l’union qui, d’après les responsables, va changer l’avenir du jeu. « On a déjà organisé un concours l’année dernière entre les joueurs des différents gouvernorats. L’Egypte a participé à plusieurs concours ailleurs, et on va organiser un autre le mois prochain », affirme l’un des responsables de l’union. En fait, si l’Egypte n’a pas réalisé un score dans les Jeux olympiques, le jour viendra peut-être où elle fera un exploit dans ces jeux électroniques l

Hanaa Al-Mekkawi

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.