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Edito

Edito

 

Blocage ?

 

Trois mois après son lancement en grande pompe par le président français Nicolas Sarkozy, l’Union Pour la Méditerranée (UPM), loin d’avoir dépassé les clivages qui asphyxiaient le partenariat euroméditerranéen depuis des années, est déjà engluée dans les tensions entre Israël et les pays arabes.

Des discussions féroces sur la question de la participation ou non de la Ligue arabe à l’UPM ont fait irruption. Le problème vient du fait qu’Arabes et Israéliens n’ont pas la même interprétation du statut d’observateur octroyé à la Ligue arabe lors du lancement de l’UPM le 13 juillet dernier. Les pays arabes veulent qu’elle participe en tant que telle à toutes les réunions, quel qu’en soit le niveau, alors que l’Etat hébreu veut écarter au maximum l’organisation panarabe qui, selon lui, travaille contre l’idée même derrière l’Union méditerranéenne, qui est la coopération.

Outre cette question de « procédure », et contrairement à ce qui avait été annoncé par la présidence française de l’Union européenne le 13 juillet, les Palestiniens n’acceptent toujours pas la déclaration qui fait acte de naissance officielle de l’Union pour la Méditerranée, car elle ne rappelle pas que le processus de paix doit conduire à la création de deux Etats, palestinien et israélien. Ils espèrent que la déclaration de Marseille sur le processus de paix, encore en préparation, leur donne satisfaction. Lors de cette rencontre des 3 et 4 novembre, les 43 pays partenaires doivent décider de questions de base comme le lieu, la composition et les pouvoirs du secrétariat général qui sera chargé de gérer les projets concrets de cette nouvelle union.

Ces divergences de l’UPM ne sont pas une surprise, puisque toutes les questions épineuses avaient été repoussées à novembre. Ce blocage était aussi attendu : L’Union pour la Méditerranée reprend l’essentiel du processus dit de Barcelone, lancé en 1995 pour renforcer les relations euro-méditerranéennes mais resté sans résultat notable en raison du conflit israélo-palestinien. La France, initiatrice du projet, espérait que sa nouvelle « Union de projets », comme la dépollution de la Méditerranée, les « autoroutes de la mer », la coopération en matière de protection civile contre les catastrophes naturelles, le développement de l’énergie solaire, l’éducation et l’aide aux PME, permettrait de dépasser les conflits politiques. Rien n’est moins sûr.