L’avenir du rôle arabe en Palestine
Abdallah Al-Achaal
Le
cadre arabe a toujours constitué une forte protection pour
la cause palestinienne. Malgré les plaintes palestiniennes
au cours des dernières décennies de l’ingérence arabe dans
la décision palestinienne, la disparition de ce cadre au
cours des cinq dernières années a permis à Israël de
déterminer seul le sort des Palestiniens. De plus, la
disparition de ce cadre a réduit les sources du secours
arabe pour le choix palestinien unifié à cette époque, à
savoir la résistance et les négociations. Cependant,
l’équilibre entre la résistance et les négociations n’a pas
duré longtemps. Les Palestiniens
se sont trouvés obligés de choisir l’un ou l’autre bien
qu’ils soient tous deux indissociables. La résistance seule
est incapable de libérer la Palestine. De plus, les
négociations sans cartes de pression ne peuvent inciter
Israël à faire des concessions, surtout dans le cadre de son
projet sioniste. Les théories ont continué à parler du sort
du conflit arabo-israélien alors que le conflit politique et
militaire sur le terrain est devenu un conflit
palestino-israélien. C’est ce que les médias arabes ont
clairement reflété après que le conflit entre les Arabes et
Israël ainsi que le rapprochement entre les deux projets
arabe et sioniste furent devenus des hypothèses théoriques.
Puis est survenu un autre changement. Le président
Abou-Mazen a décidé que les négociations seules sont
requises et que la résistance à la lumière du déséquilibre
des forces était un suicide et portait préjudice à la cause
palestinienne la taxant de terrorisme. C’est ainsi que sont
apparues deux conceptions contradictoires : la résistance et
le règlement politique par la voie des négociations même si
ce procédé n’a aucun rendement politique.
C’est ainsi que les deux conceptions représentées
respectivement par le Hamas et par l’Autorité palestinienne
se sont entrechoquées. Malgré les multiples tentatives de
les unifier, les différends sont plus grands que les espoirs
de concorde. Mais aujourd’hui, le facteur temps est devenu
tranchant. En effet, la Constitution palestinienne stipule
que le mandat d’Abou-Mazen prenne fin le 8 janvier 2009, que
celui-ci émette un décret présidentiel trois mois plus tôt
invitant tous les électeurs à élire un nouveau président et
que le nouveau président invite à son tour les citoyens aux
élections du Conseil législatif. Mais il semble qu’Abou-Mazen
opte pour prolonger lui-même son mandat jusqu’à janvier
2010. C’est d’ailleurs ce que veut Israël et ce que
préfèrent les pays arabes qui veulent la stabilité et qui
veulent éviter les surprises. Cependant, le Hamas
insiste pour que le dialogue du Caire parvienne à une
entente sur la position du président, sinon il présentera un
nouveau. En contrepartie, on sait très bien qu’Israël
insiste pour diviser les rangs des Palestiniens. C’est ainsi
que la presse israélienne s’est empressée de publier des
rapports quotidiens traçant les caractères du complot
militaire contre le Hamas à Gaza.
Ce, au même moment où les ministres arabes des Affaires
étrangères ont convenu dans leurs réunions tenues début
septembre au Caire sur le fait qu’ils dénonceraient la
partie qui ne coopérera pas au dialogue avec la bénédiction
arabe.
L’intervention des pays arabes est devenue impérative pour
que le dialogue réussisse et pour empêcher les heurts
militaires que prévoit Israël. Il s’agit d’éviter les
interactions résultant de la fin du mandat d’Abou-Mazen et
de l’inciter à respecter la Constitution palestinienne. Il
est devenu impératif que les Palestiniens se préparent à une
nouvelle scène où il y aura un nouveau gouvernement
israélien et une nouvelle administration américaine.