Un canditat pour l’Union des
Américains
Salama
A. Salama
Le
combat électoral aux Etats-Unis est sur le point de
s’achever et les résultats préliminaires prouvent que la
victoire du candidat démocrate, Barak
Obama contre son concurrent républicain
McCain est presque garantie,
sauf si des surprises dramatiques se produisent avant le
jour final. En effet, on va jusqu’à prévoir l’assassinat d’Obama
comme il s’était produit avec Kennedy.
Un nombre de grands journaux américains ont dernièrement
annoncé leur soutien pour Obama. Puis à la surprise
générale, l’ex-secrétaire d’Etat américain de
l’Administration Bush, Collin Powel, le premier homme de la
guerre du Golfe, est revenu sur sa position en ce qui
concerne la guerre contre l’Iraq, et a aussi annoncé son
soutien pour Obama et son retrait du parti républicain. Ceci
prouve que les Américains penchent pour « le changement ».
Mais quel est le changement que peut provoquer Obama, le
noir à la Maison Blanche ?
Mais supposons que le peuple américain choisisse McCain, qui
n’est pour certains qu’un prolongement de Bush. McCain
penche encore plus que Bush pour le recours à la force pour
régler les problèmes internationaux. Donc, il ne trouvera
aucun inconvénient à poursuivre la guerre contre l’Iraq. Et
pour lui, les Etats arabes producteurs de pétrole ne sont
pas des partenaires dans la production de l’énergie mais des
adversaires dont il faut se débarrasser parce qu’« ils ne
nous aiment pas ».
Or, l’animosité contre les Arabes et les musulmans ne s’est
pas uniquement avérée clairement dans la campagne de McCain
et dans les discours de Sara Balin, candidate au poste de
vice-président américain, caractérisés par la frivolité et
l’ignorance. Cette animosité a aussi atteint Obama lui-même.
En effet, les médias américains ont réussi à faire de ses
origines africaines et musulmanes et de la couleur de sa
peau un prétexte justifiant un manque de compétence et de
fidélité prétendant qu’il n’est pas apte à être président
des Etats-Unis. Il semble que la décision d’Obama de
suspendre sa campagne pendant quelques jours pour visiter sa
grand-mère maternelle qui est malade et qui vit à Hawaï
était une tentative de répondre à ces accusations pour
prouver que sa grand-mère maternelle est américaine, blanche
et chrétienne, même si sa grand-mère paternelle est kénynane
noire musulmane.
Cette dimension raciste ne résume pas toute l’affaire. Il se
peut que Obama en a profité en se
présentant comme le candidat para-ethnique, comme le dit
Manar Al-Chorbagi dans son livre sur les élections
présidentielles américaines. C’est ainsi que les nouvelles
générations ont eu l’espoir de vivre sous une administration
qui unit tous les Américains, abstraction faite de leurs
ethnies et sectes.
Toutefois, il est erroné de penser que la victoire d’Obama
sera un gain absolu pour les Arabes. En effet, le
pragmatisme qui caractérise les hommes politiques américains
les oblige à suivre des politiques qui ne sont pas
nécessairement au profit des Arabes. Il faut tout de même
reconnaître que parmi les démocrates, Obama représente un
courant plus modéré en ce qui concerne la politique
étrangère mais il tient à certaines positions concernant les
libertés et la démocratie. Et ceci peut ne pas être apprécié
par certains Arabes qui ont eu à faire à la Droite
américaine avec succès!