Réserves de la Nouvelle Vallée.
Un projet de développement, mené en coopération avec
l’Italie, vient de s’achever après 6 mois d’activités.
Tareq Qanawati, directeur de la
réserve du Désert blanc, dresse un bilan du travail
effectué.
« Les formations ont été d’une grande importance »
Al-Ahram
Hebdo : En quoi a consisté ce projet de développement des
réserves de la Nouvelle Vallée que vous venez de terminer ?
Tareq Qanawati :
Ce projet a été consacré aux deux réserves de la Nouvelle
vallée, à savoir le Désert blanc et Gilf Al-Kébir. C’est un
projet qui a été mené en coopération avec l’Italie dans le
cadre d’une conversion de créances pour l’environnement. Il
a été financé à hauteur d’un million de dollars et les
activités ont surtout été consacrées au Désert blanc, région
déclarée réserve naturelle en 2002. Cette zone protégée est
située dans l’oasis de Farafra, dans le Désert occidental.
Elle relève du gouvernorat de la Nouvelle Vallée, 450
kilomètres à l’ouest du Caire. Il s’agit en premier lieu,
pour ce qui est du projet égypto-italien, d’une aide au
niveau administratif, technique et scientifique. Sur le plan
administratif, nous avions besoin de nombreux outils et
appareils afin de mener à bien la conservation et la
protection des ressources naturelles. Le projet nous a
fourni des véhicules, des appareils GPS, des téléphones
satellites, du matériel de camping pour les touristes, les
visiteurs, les chercheurs qui viennent passer quelques jours
dans la réserve.
— Mais des recherches scientifiques ont-elles aussi été
menées sur le terrain depuis avril 2008 ?
— Oui, il est d’une grande importance de mentionner cet
aspect. Un travail de recherche a eu lieu avec des jeunes
chercheurs, en coopération avec un expert italien. De
nombreuses sorties ont été organisées pour les former,
notamment à la recherche sur les plantes qui poussent dans
la réserve. Sans oublier les formations pour les guides
parmi les habitants des villages et des oasis aux alentours
de la réserve et pour les chauffeurs et les rangers afin
qu’ils puissent protéger la richesse du Désert blanc contre
toute menace.
—
Et en quoi consiste cette richesse du Désert blanc ?
— Ses compositions géologiques sont considérées comme
uniques et constituent une valeur culturelle, touristique,
esthétique et scientifique importante. Cette région formait
dans les temps anciens un fond de mer, et la richesse du
Désert blanc résulte des fossiles maritimes composés de
carbonate de calcium. C’est ce qui a formé une couche
épaisse de calcaire de différentes formes. Outre
l’importance géologique, il y a eu une découverte, en 1990,
de nombreux sites archéologiques. En raison de toutes ces
richesses, cette réserve naturelle unique a été classée parc
national par l’UICN (Union Internationale pour la
Conservation de la Nature). Elle est d’une énorme superficie
de 3 000 kilomètres carrés. C’est la raison pour laquelle la
formation des jeunes chercheurs et des gens qui veulent
devenir rangers ou même les chauffeurs a été d’une grande
importance pour nous dans ce projet. Et je dois dire que ce
genre de formations sont urgentes pour les autres zones
désertiques protégées du pays.
— Mais les travaux n’ont duré que 6 mois. N’est-ce pas un
peu court pour un travail de ce type ?
— Si l’on parle de bilan, c’est parce que des objectifs ont
été atteints. Il faut juste préciser que le projet aurait dû
commencer il y a plus longtemps, car il était à l’origine
consacré à Marsa Matrouh. Mais il y a eu des problèmes avec
le gouvernorat et les responsables des deux côtés, égyptien
et italien, se sont entendus pour transférer le projet et le
financement aux réserves naturelles dans la Nouvelle Vallée.
C’est ce qui a causé ce retard. Il faut également mentionner
que le travail que nous avons mené avec les experts italiens
concerne les deux réserves naturelles de la région en
question. Comme je l’ai dit, le principal du travail a
concerné le Désert blanc, puisque Gilf Al-Kébir n’a été
classée réserve naturelle que depuis un an. Cela n’empêche
que dans cette dernière, un énorme travail doit être fait
sur le plan de l’administration et de la conservation.
— Pourquoi la réserve de Gilf Al-Kébir doit-elle faire
l’objet de tant de soin ?
— C’est une réserve de 48 000 kilomètres carrés. C’est
énorme, cela représente le tiers du sud du Désert occidental
! Cette réserve est riche de sites archéologiques
préhistoriques, outre les sites naturels. Elle a donc besoin
de protection, notamment contre les abus de touristes. La
déclaration de réserve est une bonne chose, mais il faut
aussi la décomposer en secteurs pour mieux pouvoir la
conserver. C’est pourquoi un plan de gestion est d’une
importance extrême, tout comme un autre pour la sécurité, en
coopération avec le ministère de la Défense et l’armée,
puisqu’il s’agit de sites sur les frontières de l’Egypte.
J’insiste : plan administratif et sécuritaire permettra
également d’éviter des problèmes graves, comme celui du
dernier enlèvement des touristes étrangers.
Propos recueillis par Racha Hanafi