Al-Ahram Hebdo,Environnement | Tareq Qanawati,  « Les formations ont été d’une grande importance »
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

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Environnement

Réserves de la Nouvelle Vallée. Un projet de développement, mené en coopération avec l’Italie, vient de s’achever après 6 mois d’activités. Tareq Qanawati, directeur de la réserve du Désert blanc, dresse un bilan du travail effectué. 

« Les formations ont été d’une grande importance » 

Al-Ahram Hebdo : En quoi a consisté ce projet de développement des réserves de la Nouvelle Vallée que vous venez de terminer ?

Tareq Qanawati : Ce projet a été consacré aux deux réserves de la Nouvelle vallée, à savoir le Désert blanc et Gilf Al-Kébir. C’est un projet qui a été mené en coopération avec l’Italie dans le cadre d’une conversion de créances pour l’environnement. Il a été financé à hauteur d’un million de dollars et les activités ont surtout été consacrées au Désert blanc, région déclarée réserve naturelle en 2002. Cette zone protégée est située dans l’oasis de Farafra, dans le Désert occidental. Elle relève du gouvernorat de la Nouvelle Vallée, 450 kilomètres à l’ouest du Caire. Il s’agit en premier lieu, pour ce qui est du projet égypto-italien, d’une aide au niveau administratif, technique et scientifique. Sur le plan administratif, nous avions besoin de nombreux outils et appareils afin de mener à bien la conservation et la protection des ressources naturelles. Le projet nous a fourni des véhicules, des appareils GPS, des téléphones satellites, du matériel de camping pour les touristes, les visiteurs, les chercheurs qui viennent passer quelques jours dans la réserve.

— Mais des recherches scientifiques ont-elles aussi été menées sur le terrain depuis avril 2008 ?

— Oui, il est d’une grande importance de mentionner cet aspect. Un travail de recherche a eu lieu avec des jeunes chercheurs, en coopération avec un expert italien. De nombreuses sorties ont été organisées pour les former, notamment à la recherche sur les plantes qui poussent dans la réserve. Sans oublier les formations pour les guides parmi les habitants des villages et des oasis aux alentours de la réserve et pour les chauffeurs et les rangers afin qu’ils puissent protéger la richesse du Désert blanc contre toute menace.

— Et en quoi consiste cette richesse du Désert blanc ?

— Ses compositions géologiques sont considérées comme uniques et constituent une valeur culturelle, touristique, esthétique et scientifique importante. Cette région formait dans les temps anciens un fond de mer, et la richesse du Désert blanc résulte des fossiles maritimes composés de carbonate de calcium. C’est ce qui a formé une couche épaisse de calcaire de différentes formes. Outre l’importance géologique, il y a eu une découverte, en 1990, de nombreux sites archéologiques. En raison de toutes ces richesses, cette réserve naturelle unique a été classée parc national par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Elle est d’une énorme superficie de 3 000 kilomètres carrés. C’est la raison pour laquelle la formation des jeunes chercheurs et des gens qui veulent devenir rangers ou même les chauffeurs a été d’une grande importance pour nous dans ce projet. Et je dois dire que ce genre de formations sont urgentes pour les autres zones désertiques protégées du pays.

— Mais les travaux n’ont duré que 6 mois. N’est-ce pas un peu court pour un travail de ce type ?

— Si l’on parle de bilan, c’est parce que des objectifs ont été atteints. Il faut juste préciser que le projet aurait dû commencer il y a plus longtemps, car il était à l’origine consacré à Marsa Matrouh. Mais il y a eu des problèmes avec le gouvernorat et les responsables des deux côtés, égyptien et italien, se sont entendus pour transférer le projet et le financement aux réserves naturelles dans la Nouvelle Vallée. C’est ce qui a causé ce retard. Il faut également mentionner que le travail que nous avons mené avec les experts italiens concerne les deux réserves naturelles de la région en question. Comme je l’ai dit, le principal du travail a concerné le Désert blanc, puisque Gilf Al-Kébir n’a été classée réserve naturelle que depuis un an. Cela n’empêche que dans cette dernière, un énorme travail doit être fait sur le plan de l’administration et de la conservation.

— Pourquoi la réserve de Gilf Al-Kébir doit-elle faire l’objet de tant de soin ?

— C’est une réserve de 48 000 kilomètres carrés. C’est énorme, cela représente le tiers du sud du Désert occidental ! Cette réserve est riche de sites archéologiques préhistoriques, outre les sites naturels. Elle a donc besoin de protection, notamment contre les abus de touristes. La déclaration de réserve est une bonne chose, mais il faut aussi la décomposer en secteurs pour mieux pouvoir la conserver. C’est pourquoi un plan de gestion est d’une importance extrême, tout comme un autre pour la sécurité, en coopération avec le ministère de la Défense et l’armée, puisqu’il s’agit de sites sur les frontières de l’Egypte. J’insiste : plan administratif et sécuritaire permettra également d’éviter des problèmes graves, comme celui du dernier enlèvement des touristes étrangers.

Propos recueillis par Racha Hanafi

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