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 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

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Egypte

Négligence Médicale. Deux patients sont décédés la semaine dernière, dans un grand hôpital privé, suite à une défaillance au niveau des bonbonnes d’oxygène. Le débat est à nouveau relancé. 

Nouvelles victimes 

Négligence humaine ou défaillance technique ? Deux patients sont décédés cette semaine à l’hôpital privé d’Al-Nil Badrawi à Maadi après avoir été connecté à des bonbonnes d’oxygène à l’unité des soins intensifs. Deux autres patients ont été sauvés in extremis. Ali Hassan, un jeune élève de 16 ans et Leïla Mokhtar Youssef, 46 ans, employée dans une banque, avaient été admis à l’hôpital pour de simples opérations chirurgicales. Après l’opération, ils ont été placés à l’unité des soins intensifs où ils ont été reliés à des bonbonnes d’oxygène. Les deux patients ont alors été atteints d’une convulsion et sont décédés aussitôt après. Les deux autres patients ont été sauvés car ils n’avaient reçu qu’une faible dose d’oxygène. Le Parquet a immédiatement ouvert une enquête. Les responsables de l’hôpital nient toute responsabilité, affirmant que les opérations chirurgicales se sont parfaitement bien déroulées. « Nous avons informé les instances concernées de cet incident afin de connaître la vérité. 16 autres patients ont subi des opérations chirurgicales au cours de cette même période et ils sont en bonne santé », affirme Alaa Bakri, directeur de l’hôpital. Et d’expliquer que cinq bonbonnes d’oxygène venaient d’être changées par la direction de l’hôpital. L’hôpital a acheté ces bonbonnes d’oxygène à la compagnie Hélouan pour le gaz.

Le ministre de la Santé a décidé de fermer toutes les unités de soins intensifs de l’hôpital et celui-ci a été interdit de recevoir de nouveaux patients jusqu’à la fin de l’enquête. Le ministère a aussi formé un comité d’enquête présidé par le directeur de l’administration centrale des établissements non gouvernementaux, Saad Al-Maghrabi, comprenant des médecins dans les spécialisations chirurgicales et des spécialistes dans les équipements médicaux pour connaître les causes réelles de ces décès.

Mais comment une bonbonne d’oxygène peut-elle être la cause de cette catastrophe ? Mohamad Sabet, médecin à l’unité des soins intensifs dans un hôpital privé, explique qu’autrefois les bonbonnes d’oxygène étaient changées tous les jours. « Maintenant, il n’y a plus besoin de cela et les grands hôpitaux se servent de grandes bonbonnes qui ne se changent pas d’une manière quotidienne. Chaque bonbonne à un code pour ne pas être confondue avec les bonbonnes de gaz qui renferment du CO2 et du nitroze utilisés dans le processus de l’anesthésie », affirme Sabet. Selon lui, c’est la thèse d’un défaut de fabrication qui reste la plus probable. Saad Al-Maghrabi explique que la direction de contrôle sur les établissements non gouvernementaux mène des campagnes d’inspection périodiques.

« L’année dernière, nous avons fermé plusieurs dizaines d’établissements médicaux, dont des hôpitaux, des laboratoires et des centres médicaux, ceci parce qu’ils ne respectent pas les critères mondiaux et aussi les conditions déterminées par le ministère de la Santé et du Syndicat des médecins », a indiqué Saad Al-Maghrabi. Mais si ces campagnes étaient efficaces, pourquoi donc de tels drames surviennent toujours ?

Sabah Sabet

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