Négligence Médicale.
Deux patients sont décédés la semaine dernière, dans un
grand hôpital privé, suite à une défaillance au niveau des
bonbonnes d’oxygène. Le débat est à nouveau relancé.
Nouvelles victimes
Négligence humaine ou défaillance technique ? Deux patients
sont décédés cette semaine à l’hôpital privé d’Al-Nil
Badrawi à Maadi après avoir été connecté à des bonbonnes
d’oxygène à l’unité des soins intensifs. Deux autres
patients ont été sauvés in extremis. Ali Hassan, un jeune
élève de 16 ans et Leïla Mokhtar Youssef, 46 ans, employée
dans une banque, avaient été admis à l’hôpital pour de
simples opérations chirurgicales. Après l’opération, ils ont
été placés à l’unité des soins intensifs où ils ont été
reliés à des bonbonnes d’oxygène. Les deux patients ont
alors été atteints d’une convulsion et sont décédés aussitôt
après. Les deux autres patients ont été sauvés car ils
n’avaient reçu qu’une faible dose d’oxygène. Le Parquet a
immédiatement ouvert une enquête. Les responsables de
l’hôpital nient toute responsabilité, affirmant que les
opérations chirurgicales se sont parfaitement bien déroulées.
« Nous avons informé les instances concernées de cet
incident afin de connaître la vérité. 16 autres patients ont
subi des opérations chirurgicales au cours de cette même
période et ils sont en bonne santé », affirme Alaa Bakri,
directeur de l’hôpital. Et d’expliquer que cinq bonbonnes
d’oxygène venaient d’être changées par la direction de
l’hôpital. L’hôpital a acheté ces bonbonnes d’oxygène à la
compagnie Hélouan pour le gaz.
Le
ministre de la Santé a décidé de fermer toutes les unités de
soins intensifs de l’hôpital et celui-ci a été interdit de
recevoir de nouveaux patients jusqu’à la fin de l’enquête.
Le ministère a aussi formé un comité d’enquête présidé par
le directeur de l’administration centrale des établissements
non gouvernementaux, Saad Al-Maghrabi, comprenant des
médecins dans les spécialisations chirurgicales et des
spécialistes dans les équipements médicaux pour connaître
les causes réelles de ces décès.
Mais
comment une bonbonne d’oxygène peut-elle être la cause de
cette catastrophe ? Mohamad Sabet, médecin à l’unité des
soins intensifs dans un hôpital privé, explique qu’autrefois
les bonbonnes d’oxygène étaient changées tous les jours. «
Maintenant, il n’y a plus besoin de cela et les grands
hôpitaux se servent de grandes bonbonnes qui ne se changent
pas d’une manière quotidienne. Chaque bonbonne à un code
pour ne pas être confondue avec les bonbonnes de gaz qui
renferment du CO2 et du nitroze utilisés dans le processus
de l’anesthésie », affirme Sabet. Selon lui, c’est la thèse
d’un défaut de fabrication qui reste la plus probable. Saad
Al-Maghrabi explique que la direction de contrôle sur les
établissements non gouvernementaux mène des campagnes
d’inspection périodiques.
«
L’année dernière, nous avons fermé plusieurs dizaines
d’établissements médicaux, dont des hôpitaux, des
laboratoires et des centres médicaux, ceci parce qu’ils ne
respectent pas les critères mondiaux et aussi les conditions
déterminées par le ministère de la Santé et du Syndicat des
médecins », a indiqué Saad Al-Maghrabi. Mais si ces
campagnes étaient efficaces, pourquoi donc de tels drames
surviennent toujours ?
Sabah
Sabet