Diplomatie.
Le président Moubarak doit s’entretenir ce mercredi à Paris
avec son homologue français Nicolas Sarkozy. Au centre des
discussions : l’Union pour la Méditerranée, l’élargissement
du G8 et le processus de paix au Proche-Orient.
Trois grands dossiers en débat
La
visite du président Hosni Moubarak à Paris s’inscrit dans
une perspective de discussion autour de questions
principales et d’acuité. Il y a d’abord le dossier de
l’Union Pour la Méditerranée (UPM), celui l’élargissement du
G8 et enfin le processus de paix dans la région, en
particulier les efforts de la médiation égyptienne pour la
reprise d’un dialogue interpalestinien. Pour ce qui est du
premier dossier, la visite du chef de l’Etat dans la
capitale française intervient à quelques jours d’une réunion
des ministres des Affaires étrangères de l’UPM, prévue les 3
et 4 novembre à Marseille. Et c’est précisément de cette
réunion qu’il s’agira entre les présidents Moubarak et
Sarkozy. Lancée cette année à l’initiative du chef de l’Etat
français, l’UPM propose aux pays du nord et du sud de la
Méditerranée un partenariat égalitaire dans des domaines de
prédilection comme l’environnement, l’énergie et
l’éducation. Or, si le projet dans son ensemble a été mis en
place, il reste à en définir les modalités. C’est l’objet de
la visite présidentielle à Paris. Le Caire souhaite se
mettre d’accord sur un certain nombre de projets concrets,
lesquels seront définis lors de la réunion ministérielle des
3 et 4 novembre. Mais ce n’est pas tout. Moubarak et Sarkozy
doivent surtout évoquer les problèmes qui entravent encore
le lancement de l’UPM comme la présidence de l’Union pour la
partie européenne, le choix du siège du secrétariat général
de l’Union de même que le statut de la Ligue arabe au sein
de l’UPM. En effet, Israël et des pays européens refusent à
la Ligue arabe la qualité d’observateur aux réunions
sectorielles et techniques et celles des commissions
relevant de l’UPM mais acceptent sa participation aux
réunions ministérielles et au sommet prévu tous les deux
ans. « Nous avons adopté une position commune en prévision
de la réunion de Marseille prévue les 3 et 4 novembre
prochain entre les ministres des Affaires étrangères des
pays membres de l’UPM », déclare Fatma Zahraa, adjointe du
ministre des Affaires étrangères et coordinatrice du groupe
arabe de l’UPM. A Paris, Moubarak mettra l’accent sur la
nécessité d’une participation de la Ligue arabe aux réunions
de
l’UPM, étant donné son poids et son rôle central dans les
efforts pour la sécurité et la stabilité dans la région de
la Méditerranée. D’autres questions ayant trait à l’énergie,
la communication et la lutte antiterroriste seront également
au centre des discussions entre les deux chefs d’Etat, ce
mercredi à Paris.
Outre l’Union pour la Méditerranée, l’autre grand sujet de
discussion à l’Elysée sera l’élargissement du G8. Il est en
effet question d’élargir le G8 à 14 ou 15 membres. Et Le
Caire souhaiterait en faire partie. Ce serait un gain pour
l’Egypte, qui la rapprocherait des pays industrialisés. «
C’est notre souhait et j’espère que le G8 sera élargi au
plus vite à nous en particulier », a déclaré le chef de la
diplomatie Ahmad Aboul-Gheit. La France n’est pas opposée à
un tel cas de figure. « Nous souhaitons pouvoir au plus vite
compter parmi le G14 un pays ami (...), l’Egypte », a
déclaré la semaine dernière au Caire le ministre français
des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. La France n’est
pas le seul pays à avoir manifesté ce désir à l’égard de l’Egypte.
L’Italie également a déclaré qu’elle souhaitait que l’Egypte
fasse partie d’un G14 élargi. Pourtant, il reste quelques
pays qui refusent l’adhésion de l’Egypte à cet
élargissement, comme l’Allemagne qui plaide pour
l’élargissement du G8 au G5, composé des cinq plus grandes
économies émergentes (Chine, Inde, Afrique du Sud, Mexique
et Brésil) pour en faire un G13.
Enfin, le processus de paix dans la région doit être au menu
des entretiens. La paix au Proche-Orient et la conclusion
d’un accord de paix entre Israël et les Palestiniens avant
la fin de l’année semblent être loin. Selon Bernard
Kouchner, la conclusion d’un accord de paix entre les deux
camps avant la fin de l’année est « peu probable ».
Pourtant, la France a déclaré qu’elle continuerait à
soutenir les efforts américains pour faire avancer le
processus de paix par le biais de l’Union européenne dans le
Quartette international pour le Proche-Orient. De son Côté,
Le Caire doit appeler aujourd’hui la France à jouer un rôle
politique plus efficace et ne doit pas limiter son rôle à
l’octroi de l’assistance économique aux Palestiniens.
Chérif Ahmed