Al-Ahram Hebdo, Economie | Grands risques malgré tout
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Economie

Afrique. Les instances financières restent relativement optimistes quant à l’impact de la crise sur les économies du continent, en croissance depuis plusieurs années, sans pour autant exclure les risques liés à une éventuelle récession mondiale.  

Grands risques malgré tout 

Le rapport du FMI sur les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne, publié à la mi-octobre, à l’occasion des réunions annuelles du Fonds et de la Banque mondiale, met ainsi en relief l’impact de l’envolée des cours des carburants et des denrées alimentaires ainsi que les retombées des turbulences mondiales, mais estime que la croissance moyenne des pays du continent ne diminuerait que légèrement.

« Dans un environnement mondial de plus en plus défavorable, la croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait ralentir en 2008 et 2009 pour s’établir autour de 6 %, contre 6,5 % en 2007, affirment les économistes du FMI. Dans le même temps, l’inflation devrait atteindre 12 % en 2008 et 10 % en 2009. Les projections de croissance sont légèrement en retrait, et les projections d’inflation nettement plus élevées ». Ils expliquent cette dégradation par l’envolée des prix des denrées alimentaires et des carburants, le ralentissement de la croissance mondiale et les turbulences financières dans le monde. Ils estiment que les effets de ces turbulences s’exercent de façon indirecte, par le biais du ralentissement de la croissance mondiale et de la volatilité des cours des produits de base. Mais mettent en garde contre les risques d’une diminution en direction de l’Afrique des flux de ressources, sous forme de capitaux privés, d’envois de fonds des travailleurs émigrés et même d’aide publique au développement.

Selon le FMI, le choc des cours des produits de base a poussé à la hausse l’inflation et les déficits extérieurs courants. En outre, le soutien des bailleurs de fonds n’a pas suffisamment augmenté pour couvrir le surcoût des importations, dû à l’envolée des cours, obligeant les pays à opérer l’ajustement avec leurs ressources intérieures. Les réserves de change ont assez bien résisté au choc jusqu’à présent, mais on ne saurait s’attendre à ce qu’elles permettent d’absorber les conséquences à long terme de la flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie. Ces préoccupations restent d’actualité malgré le reflux récent des cours du pétrole et des prix alimentaires.

 

Risques de diminution des investissements

Au cours d’un séminaire tenu en marge des réunions, des banquiers africains et des experts ont débattu de l’avenir financier de l’Afrique. Stephen Bailey-Smith, dirigeant d’un groupe d’experts à la Standard Bank, basée en Grande-Bretagne, a averti à cette occasion que les décideurs politiques en Afrique « doivent être conscients que la croissance de l’économie mondiale ralentira considérablement et que l’afflux d’investissements qu’ils sont habitués à voir risque de s’assécher ». Il a également relevé l’inflation élevée, l’affaiblissement des monnaies africaines ainsi que la réduction des transferts de fonds en provenance de la diaspora comme des retombées probables de la crise financière mondiale. L’Afrique subsaharienne a déjà subi des conséquences de la crise financière, a indiqué Michael Fuchs, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Ainsi, les Bourses des plus importantes économies de la région, Nigeria, Kenya et Afrique du Sud, reflètent les tendances des marchés développés et les activités de capitalisation y ont ralenti.

Ces préoccupations sont partagées par les ministres africains des Finances de la « Zone franc », réunis à Yaoundé au Cameroun avant les assises de Washington en présence des Français Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur et Alain Joyandet, secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie.

Les ministres ont exprimé leur préoccupation à l’égard de la dégradation de l’environnement international, en particulier des récents développements de la crise financière internationale, et des risques associés sur les perspectives de croissance économique des pays de la « Zone franc ». Ils ont observé que la stabilité financière et monétaire de la zone reste solide mais que le ralentissement de la demande mondiale et le niveau actuel des prix du pétrole pourraient avoir un impact négatif sur l’activité et l’emploi. Ils ont réaffirmé leur volonté de mobiliser l’ensemble des instruments disponibles afin de consolider la stabilité macro-économique. Pour eux, l’appartenance à une union économique et monétaire constitue, de ce point de vue, un atout, dont les bénéfices sont d’autant plus importants que les politiques seront étroitement coordonnées.

 

Siège additionnel pour l’Afrique

S’agissant des performances économiques des pays de la zone en 2007, les ministres ont noté une légère amélioration, mais qui reste insuffisante pour impulser un véritable décollage, permettant d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Constatant le peu de progrès du processus de convergence, ils ont réaffirmé le caractère nécessaire de ce processus au sein des unions monétaires. Les ministres ont aussi mis l’accent sur l’importance de la contribution du secteur privé à la croissance économique et se sont engagés à accélérer l’ensemble des réformes permettant de promouvoir et d’accompagner l’initiative privée, à travers notamment le renforcement des infrastructures de base et l’amélioration de l’environnement des affaires.

Les ministres ont souligné la nécessité d’adapter les instruments de financement bilatéraux et multilatéraux afin qu’ils intègrent davantage la vulnérabilité spécifique des pays de l’Afrique subsaharienne aux chocs exogènes. Ils ont enfin appuyé les propositions visant à renforcer la représentation de l’Afrique subsaharienne dans le cadre de la réforme de la gouvernance de la Banque mondiale et en particulier la création d’un siège additionnel pour la région.

Cette décision a été officialisée lors des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI et doit entrer en vigueur au printemps 2011. « Un siège additionnel va être créé pour l’Afrique subsaharienne au conseil d’administration de la Banque mondiale », indique un communiqué publié à l’issue de la réunion du Comité de développement, qui réunit les instances des deux organisations. « Les droits de vote des pays en développement et en transition au sein de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) et l’Association Internationale pour le Développement (AID) vont augmenter en donnant un accent particulier aux membres les plus petits », ajoute le texte. La BIRD et l’AID sont les deux composantes principales de la Banque mondiale. Les propositions pour la réforme des droits de vote devront être présentées au plus tard lors des réunions annuelles de la BM et du FMI en octobre 2010 pour entrer en application au printemps 2011.

Mais cela est jugé encore insuffisant par de nombreuses ONG qui se battent pour une meilleure représentation des pays en développement sur l’échiquier financier mondial. « Les changements proposés sont des pas de nains alors que nous avions besoin de pas de géants », a notamment affirmé l’organisation britannique Oxfam. « Alors que l’Europe obtient un tiers du gâteau, les pays en développement n’ont que des miettes. Les pauvres doivent avoir autant de voix que les riches », a précisé un de ses porte-parole.

Marie Joannidis (MFI)

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.