Photographie.
La photographe allemande Ursula
Sculz-Dornburg et son homologue égyptien
Bahaa
Madkour exposent à la salle Est de la Bibliothèque
d’Alexandrie.
Optiques d’éternité
Sous
le titre « Ermitages du soleil », l’artiste allemande
reprend un thème qu’elle a longuement élaboré auparavant,
notamment à travers son travail sur les anciennes églises
d’Espagne, bâties il y a plus de mille ans. Elle a toujours
suivi le trajet du soleil à travers la fenêtre, tout au long
des quatre saisons. « Pendant deux ans, 1991 et 1992, j’ai
poursuivi les rayons du soleil, à partir de 6h30 du matin,
dans les églises. J’ai pu alors prendre des superbes photos
résumant son trajet », explique-t-elle, montrant quelques 35
photographies (en noir et blanc). « J’ai tenu à montrer par
ces photographies le rôle du soleil dans la vie. Les blés de
maïs scintillent dans les champs. Nul ne peut arrêter ces
rayons. Les étoiles n’attendent pas les ordres du président
des Etats-Unis pour bouger dans leurs constellations ». La
photographe est éprise de cette idée de liberté.
De l’autre côté de la salle, Bahaa Madkour expose 43 photos
en couleurs, sous le thème « Les deux faces de
l’éternité ». Elles mettent en lumière la pyramide de Chéops
et le cimetière populaire d’Al-Hiw à Nagae Hamadi en
Haute-Egypte. Des monuments qui représentent selon le
photographe les deux faces de l’éternité. Car il s’agit de
monuments funéraires, de tombeaux érigés par des rois et des
gens simples, mais ils sont supposés défier le temps et
servir pour l’au-delà. Pierre et argile, les constructions
sont là gisant sous l’effet de la lumière et du temps. Deux
maisons de l’éternité. Madkour précise : « J’ai travaillé
pendant 5 mois sur la pyramide de Chéops, captant plus de 77
photos. J’ai une documentation assez riche sur les théories
de sa construction. Mon seul instrument est la caméra et les
couleurs. Je préfère les couleurs car elles sont comme la
vie ».
Il s’est attardé aussi sur les pierres en amas aux pieds de
la pyramide agencée bizarrement. Personne ne s’y arrête pour
remarquer cette beauté portant les traces du temps. Mais
Bahaa qui a étudié la polytechnique agit en connaisseur.
Samar
Zarée