Al-Ahram Hebdo, Arts | Des airs de paix
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 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

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Arts

Musique. Lors du 17e Festival de la musique arabe organisé en novembre en Egypte, 18 chansons inspirées du patrimoine arabe seront interprétées par la chorale libanaise Al-Fayhaa, à l’Opéra du Caire et d’Alexandrie. 

Des airs de paix 

Chanter a capella dans toutes les langues est un message non seulement de paix, d’amour, mais aussi de convivialité proposé par la chorale Al-Fayhaa, l’un des pionniers du monde arabe. Sans accompagnements musicaux, la chorale Al-Fayhaa regroupe une variété de types vocaux, entre ténor, bas ténor, alto, soprano et mezzo soprano. Fondée en 2003 par le chef d’orchestre libano-arménien Barkev Taslakian, la chorale Al-Fayhaa, composée de 40 membres, jeunes chanteurs et chanteuses libanais, a le soutien de trois municipalités au nord du Liban : la ville de Tripoli, Al-Minaa et Al-Badawi. « Sans l’union de ces trois municipalités, outre trois autres associations, Al-Safadi, Al-Aazm wal saada et Al-Hariri, la chorale n’aurait jamais vu le jour. Le soutien matériel mais aussi moral de ces trois associations a aidé la chorale à prouver sa présence en tant qu’acteur culturel, non seulement à Tripoli, mais surtout en dehors de cette ville libanaise. Une manière de rompre avec la violence marquant actuellement l’image de la ville. La chorale transcende les limites du monde arabe, présentant son patrimoine musical », déclare Taslakian. Ce dernier relance l’enthousiasme et la confiance des membres de sa chorale qui vivent ensemble la différence de leurs âges, religions, cultures, niveaux sociaux ainsi qu’affiliations politiques. « Chrétiens et musulmans, nous formons une équipe, contrairement à ce que disent les médias », assure Taslakian qui, avec sagesse et intelligence, a choisi, pour la participation à la 17e édition du Festival de la musique arabe en Egypte, un programme assez dense puisant dans les héritages libanais, égyptien, iraqien, syrien et andalous. « Souvent, je penche vers un programme regroupant outre les chansons arabes d’autres françaises, anglaises, grecques et même arméniennes. Cette diversité met l’accent sur notre ouverture d’esprit », affirme Taslakian. Est-ce la raison pour laquelle Taslakian a programmé la chanson Zahrat al-madaën (fleur de minarets) des frères Rahbani, pour clôturer le concert prévu dans le cadre du Festival de la musique arabe ? « Zahrat al-madaën parlant de la ville de Jérusalem est un panorama qui réunit musulmans et chrétiens, en une même chanson. On délivre un message d’amour et de paix ». Cette chanson qui a été réarrangée par le Libanais Eddie Toriguian fera le tour de Jérusalem, la ville des minarets, avec les multiples cadences de ses mosquées et ses églises, à la différence de ses rites. Entre autres chansons programmées aussi pour le festival : Foq al-nakhl (du haut des palmiers), Nehna wal qamar girane (nous et la lune sommes voisins), Nassam alayna al-hawa (brises), Ana wa Chadi (moi et Chadi), Yasmar al-loun (toi brun), Dalido (du patrimoine arménien) … La liste est donc longue. « J’ai choisi d’intégrer dans le concert une chanson du patrimoine arménien, je trouve que celui-ci porte en lui un cachet arabe, très proche du style de la musique orientale, très mélodieuse », affirme le maestro Taslakian, un vrai autodidacte comme le reste de la chorale. « Les membres de ma chorale sont tous des amateurs. En dépit des diverses occupations de chacun d’entre eux, ils ont atteint le niveau des professionnels ».

Fier de sa chorale, Taslakian ajoute : « Je me rappelle notre première participation au Festival international du chant collectif, à Varsovie en Pologne, en 2005. C’est la capitale des chorales d’A Capella de par le monde, la ville de Chopin. Nous étions la seule chorale arabe parmi 75 autres chorales étrangères. Et on a terminé avec le 2e prix du festival. Au début, ils nous regardaient comme des terroristes. Petit à petit, en écoutant notre musique, ils ont vu autre chose ». La chorale a aussi remporté en 2007 le 1er prix du même festival ainsi que le prix du meilleur chef d’orchestre.

Outre ses concerts de tous les vendredis, la chorale multiplie les voyages en Pologne, à Abou-Dhabi, en Jordanie, en Arménie. Son concert en Egypte sera suivi d’une tournée en Tunisie, en France, en Italie et au Canada, vers mi-novembre.

Névine Lameï

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Le 7 novembre, dans la grande salle de l’Opéra du Caire

et le 8 novembre à l’Opéra d’Alexandrie.

A 20h.

 




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