Al-Ahram Hebdo, Afrique | Tentatives infructueuses
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2008, numéro 738

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Afrique

Zimbabwe. Réunis lors d’un mini-sommet à Harare, les leaders d’Afrique australe ont échoué à sauver l’accord de partage du pouvoir qui menace de voler en éclats. 

Tentatives infructueuses 

Depuis six semaines, le Zimbabwe vit dans l’impasse. Et son accord pour le partage du pouvoir demeure toujours menacé malgré les tentatives régionales pour le sauver. A cet égard, les chefs d’Etat d’Afrique australe ont échoué lundi dernier à rapprocher les parties en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le président, Robert Mugabe, et le chef de l’opposition, Morgan Tsvangirai, se sont séparés à l’issue de 13 heures de discussions avec seulement un accord pour demander la réunion d’un sommet plus large.

Des principaux chefs d’Etat de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le président sud-africain, Kgalema Motlanthe, à la tête de la SADC, ainsi que des membres de la troïka, le chef de l’Etat mozambicain, Armando Guebuza, le roi du Swaziland, Mswati III, deux ministres du Swaziland et d’Angola et le médiateur sud-africain, l’ancien président Thabo Mbeki, ceux-ci espéraient convaincre MM. Mugabe et Tsvangirai de s’accorder sur l’attribution des ministères-clés. En effet, pouvoir et opposition n’ont jamais réussi à s’entendre sur la composition du gouvernement et le président a fini par attribuer le 11 octobre les principaux portefeuilles à son parti, provoquant la colère du Mouvement Démocratique pour le Changement (MDC) de M. Tsvangirai. Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion, les deux parties s’opposent toujours sur l’attribution du portefeuille de l’Intérieur, qui a l’autorité sur la police. M. Mugabe refuse d’en céder le contrôle, alors que le MDC estime qu’il devrait en hériter après les violences politiques dont ses partisans ont été la cible durant la dernière campagne électorale.

Le texte presse les deux parties de « s’engager réellement à trouver une solution durable à l’actuelle impasse » et enjoint les 15 chefs d’Etat de la SADC de se réunir en « sommet pour examiner plus avant la situation politique actuelle au Zimbabwe de manière urgente ». « Le peuple du Zimbabwe fait face à des défis difficiles et des souffrances qui ne pourront être traités qu’une fois le gouvernement d’union en place », souligne le texte.

Ainsi pour la deuxième fois, la réunion des chefs de la SADC a été avortée. Une première rencontre au Swaziland le 20 octobre avait échoué à cause de l’absence du chef de l’opposition, qui avait boycotté la réunion pour protester contre ses difficultés à obtenir un titre de voyage. Après avoir menacé de s’abstenir à nouveau, Morgan Tsvangirai, leader du MDC, a toutefois précisé, samedi dernier, qu’il ne signerait pas un accord au rabais juste pour satisfaire les dirigeants de la région. « Je ne participerai à aucun gouvernement qui ne sera pas sincère », a-t-il dit, en accusant le président Mugabe d’« intransigeance ». En plus, Tsvangirai, qui devrait occuper le poste de premier ministre, en cas d’accord, a déjà fait savoir qu’il ne se laissera pas entraîner dans la constitution d’un gouvernement sans pouvoir. Il reproche à Mugabe de vouloir minimiser son rôle en n’accordant aux membres de son parti que des portefeuilles ministériels mineurs. De son côté, Mugabe, qui préside le parti Zanu-PF, accuse Tsvangirai de vouloir opérer un transfert du pouvoir et non de procéder à un réel partage. Il reproche à son rival de faire traîner les discussions afin d’obtenir une médiation des Nations-Unies. « A première vue, on a le sentiment qu’il sera impossible de parvenir à un accord, mais en fait, c’est du 50-50 », a estimé Lovemore Madhuku, président de l’Assemblée constitutionnelle nationale, un groupe de pression politique. « Je crois que les deux partis se rendent compte que de nombreux Zimbabwéens veulent parvenir à un règlement », a-t-il ajouté. Pour les analystes, les chances de réussite de cet accord dépendent, en grande partie, des pressions que la SADC parvient à faire peser sur Mugabe, Tsvangirai et Arthur Mutambara, leader d’une faction dissidente du MDC.

Pour sortir leur pays de la crise née de la défaite du régime aux élections générales de mars dernier, les rivaux avaient signé le 15 septembre une entente prévoyant que M. Mugabe reste président et que M. Tsvangirai devienne premier ministre. Un mois et demi plus tard, les espoirs d’une modification des politiques économiques et d’un retour de l’aide internationale ont été quasiment réduits à néant par l’incapacité des deux hommes à s’entendre sur la composition de leur gouvernement, notamment sur l’attribution du ministère de l’Intérieur. Même l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, qui avait arraché l’accord initial, a échoué à rapprocher leurs vues au cours de quatre jours de pourparlers.

Maha Salem

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.