Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 octobre 2008, numéro 737

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Wahid Abdel-Méguid


Edito

Médiation 

L’Arabie saoudite a entamé une délicate médiation entre le gouvernement afghan et les Talibans en vue de parvenir à un accord de réconciliation. Riyad poursuit un double objectif : pousser les étudiants en religion à rompre leur alliance avec l’organisation terroriste Al-Qaëda, et empêcher son allié le Pakistan de sombrer dans la violence islamiste.

La médiation saoudienne, qui est à ses débuts, a commencé pendant le mois sacré du Ramadan, où des responsables afghans et talibans ont été conviés à un iftar dans la ville sainte de La Mecque, en présence du roi Abdallah. Elle coïncide avec les déclarations américaines et britanniques encourageant Kaboul à dialoguer avec les Talibans. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a récemment indiqué que son pays serait prêt à se réconcilier avec les Talibans si le gouvernement afghan concluait des négociations avec eux pour mettre fin au conflit qui ravage le pays. Le commandant des forces britanniques en Afghanistan, Mark Carleton-Smith, a de son côté affirmé que la guerre contre les Talibans est « ingagnable » et que des négociations avec ces derniers étaient cruciales pour y mettre un terme.

Les responsables afghans et talibans ont nié la rencontre du Ramadan, la première qu’ont eue les dirigeants saoudiens avec les étudiants en religion depuis leur renversement par les Etats-Unis en 2001. Mais celle-ci a été confirmée par des diplomates à Riyad et un journaliste bien informé, Jamal Khashoggi, rédacteur en chef du journal saoudien Al-Watan, et proche de l’ancien chef du service de renseignement extérieur, le prince Turki Al-Faysal. Ce dernier fait partie, avec son successeur le prince Mouqrine, de l’équipe saoudienne qui mène les contacts avec les Afghans.

L’Arabie saoudite, qui était l’un des trois pays à avoir reconnu le gouvernement taliban, s’inquiète aujourd’hui de la montée en puissance de ces étudiants en théologie et de leurs connexions avec Al-Qaëda. Dirigée par le Soaudien déchu de sa nationalité Ossama bin Laden, l’organisation mène depuis 2003 une campagne pour renverser la famille régnante des Saoud. Elle conteste sa légitimité religieuse soutenue par les oulémas. L’objectif des Saoudiens est de pousser les Talibans modérés à s’éloigner de l’aile dure et extrémiste du mouvement proche d’Al-Qaëda, dont l’idéologie prône la violence armée contre les dirigeants musulmans alliés de l’Occident, considérés comme infidèles. Riyad cherche ainsi à pousser l’aile modérée des Talibans à rompre son alliance avec Al-Qaëda contre un partage du pouvoir avec le régime du président Hamid Karzaï. Un objectif qui, en cas de réalisation, fera d’une pierre deux coups, puisqu’il privera les extrémistes et les Talibans pakistanais, qui s’emploient à déstabiliser le régime d’Islamabad, de leur soutien en Afghanistan.

 




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