Al-Ahram Hebdo, Afrique | La SADC au secours
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 octobre 2008, numéro 737

 

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Afrique

Zimbabwe. Après l’échec de la médiation sud-africaine, les leaders politiques du pays comptent sur leurs voisins d’Afrique australe pour les aider à mettre en place le gouvernement d’union nationale.  

La SADC au secours 

Plusieurs dirigeants d’Afrique australe représentant la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) se sont retrouvés lundi dernier au Swaziland, pour tenter d’aider les partis politiques rivaux du Zimbabwe à sortir de l’impasse et à s’entendre sur la répartition des portefeuilles au sein d’un gouvernement d’union nationale. Mais la rencontre a tourné court et a été reportée au lundi 27 octobre à Harare, au Zimbabwe, après son boycott par le chef de l’opposition zimbabwéene, Morgan Tsvangirai, qui a rencontré des difficultés à obtennir un titre de voyage. A la veille du sommet de la SADC à Mbabane, capitale du Swaziland, Nelson Chamisa, porte-parole du parti de Tsvangirai, le Mouvement pour le changement démocratique, avait affirmé que le MDC et le parti présidentiel, la Zanu-PF, étaient très loin de s’accorder sur la mise en œuvre de l’accord de partage de pouvoir. Tandis que les Etats-Unis ont menacé le régime zimbabwéen de nouvelles sanctions en cas d’échec sur la formation d’un gouvernement d’union, selon les déclarations de Jendayi Frazer, secrétaire d’Etat adjointe américaine aux Affaires africaines.

Cependant, des représentants des partis de Mugabe, de Tsvangirai ainsi qu’Arthur Mutambara, chef de file d’une faction dissidente du MDC, ont participé aux discussions de Mbabane en présence des chefs d’Etat de l’Angola, du Mozambique et du pays hôte le Swaziland, ùeùbre de la « Troïka », organe de politique, sécurité et défense de la SADC.

Le médiateur sud-africain Thabo Mbeki a tenté la semaine dernière de régler leurs divergences, mais en vain. Le président Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai se sont séparés vendredi sur un constat d’échec, après quatre jours consécutifs de discussions à Harare sous l’égide de Mbeki. Et, les pourparlers ont notamment achoppé sur l’attribution du ministère de l’Intérieur, qui contrôle à la fois la police et l’organisation des élections. Selon Patrick Chinamasa, négociateur du parti au pouvoir : « Le parti présidentiel a argumenté pour garder le ministère, alors que le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai plaidait pour l’obtenir ». Malgré l’examen de deux options de partage du ministère, avec des co-ministres ou une rotation à sa tête, les partis ne se sont pas mis d’accord. L’autre portefeuille en jeu était celui des Finances, mais, selon M. Chinamasa, le parti de Robert Mugabe « va accepter de le confier au MDC ».

De l’autre côté, Lovemore Madhuku, président de la Commission constitutionnelle nationale, a affirmé que les dirigeants vont trouver un terrain d’entente pour leurs intérêts parce que « les deux parties ont désespérément besoin de rester dans l’accord ». « Il est probable que la SADC pousse Mugabe à donner le ministère de l’Intérieur au MDC », a-t-il ajouté. Pour sa part, Tsvangirai a accusé samedi dernier le président Mugabe d’être responsable de l’échec des pourparlers sur le gouvernement d’union nationale : « Ce fut un monologue. Mugabe ne négocie pas. Il sait juste dire non. Nous avons dû dire à Mbeki qu’il ne servait à rien de continuer à négocier avec quelqu’un qui ne veut pas négocier ». « Nous allons voir la SADC parce que nous voulons faire fonctionner l’accord », a-t-il confirmé.

Le Zimbabwe est plongé dans une crise sans précédent depuis la défaite du régime aux élections du 29 mars dernier, qui avait entraîné une généralisation des violences politiques dans le pays. Ecœuré par les attaques, Morgan Tsvangirai avait jeté l’éponge avant le second tour de la présidentielle, remportée fin juin par l’unique candidat Robert Mugabe. Pour tenter de débloquer la situation, les deux hommes avaient engagé en juillet des négociations sur un partage du pouvoir. Le 15 septembre, ils signaient un accord prévoyant que M. Mugabe reste chef de l’Etat et que M. Tsvangirai devienne premier ministre.

Mais les deux hommes n’ont jamais réussi à s’entendre sur la composition de leur gouvernement d’union et, il y a une semaine, le président a attribué unilatéralement les postes-clés à son parti, notamment la Défense et l’Intérieur, provoquant la colère de l’opposition. Ceci dit, le MDC, qui reproche aux forces de l’ordre de réprimer ses militants, a menacé de rompre l’accord et réclamé le contrôle d’au moins un des ministères chargés de la sécurité. La crise politique se déroule alors que l’économie du Zimbabwe est en chute libre avec une hyperinflation inouïe à plus de 231 millions pour cent, un effondrement de la production et plus de 80 % de la population en dessous du seuil de pauvreté.

Maha Salem

 




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