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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Sports

Athlétisme. Aux Jeux olympiques de Pékin 2008, le bilan du Maroc a déçu. Le pays avait pourtant, au fil des dernières années, inscrit de nombreux records. Les responsables doivent maintenant retrouver la recette du succès.

La nouvelle course
d’obstacles marocaine

Cela fait des décennies que le Maroc rayonne dans l’athlétisme. On se rappelle tous le roi d’Athènes, Hicham Al-Guerrouj, Saïd Aouita dont le record mondial n’a jamais encore été battu, ou une certaine Nawal Al-Moutaoukil, première femme arabe à remporter une médaille olympique. Au fil des années, des Championnats du monde et des Jeux olympiques, le Royaume chérifien a réussi à inscrire son nom dans les annales de cette discipline. Chaque année, une nouvelle star naît et remporte les plus grandes consécrations de son temps. « Au Maroc, l’athlétisme est un sport qui fait rêver. C’est un peu comme le basket-ball aux Etats-Unis, le tennis de table en Chine et le squash chez vous en Egypte. Tous les enfants marocains veulent sillonner le stade, monter sur le podium et gagner des médailles à l’instar de ces champions nationaux », explique Hassan Bou-Rachid, ancien athlète et journaliste dans un hebdomadaire sportif marocain. En réalité, l’athlétisme est le sport national marocain par excellence et la discipline la plus répandue avec 16 ligues et plus de 450 clubs et associations spécialisées, ainsi qu’un grand nombre de cadres hautement qualifiés en matière d’entraînement, d’organisation et de gestion. Le Maroc est parvenu ainsi à faire son entrée dans le Top 10 mondial depuis à peu près une décennie : 6e en 1997, 5e en 1999, 8e en 2001, 9e en 2003 et 11e en 2005. « Ces classements honorables, les athlètes marocains les ont atteints grâce à une politique conséquente de formation d’athlètes de haut niveau, initiée par l’Etat du Maroc et appliquée par la FRMA (Fédération Royale Marocaine de l’Athlétisme), considérée comme une fédération modèle sur la scène athlétique mondiale », indique Saïd Aouita, une des légendes de l’athlétisme sur la planète et nouveau directeur technique national de la FRMA. Si les Marocains sont doués pour l’athlétisme par nature grâce à leur physionomie, ils trouvent également toute l’aide des autorités concernées qui, à leur tour, déploient des efforts colossaux afin de créer de vrais champions. Au Maroc, cela commence dès le plus jeune âge. Les jeunes talents sont découverts au début, dans la rue, les centres sportifs de quartiers ou les écoles. Vient ensuite leur affiliation à un club local ou une ligue régionale qui évolue sous l’égide de la FRMA. Saïd Aouita nous explique : « Comme je le dis toujours, les clubs, les ligues régionales et les établissements scolaires au Maroc sont considérés comme le principal réservoir de champions pour les sélections nationales. Nous les dotons chaque jour de tous les moyens afin de bien accomplir leur mission et contribuer à la réussite de la vision d’avenir de l’athlétisme national ». Les champions en herbe sont alors entraînés et préparés techniquement, physiquement et psychiquement, à devenir les athlètes de demain. Sur ce point, le Maroc œuvre à développer les camps d’entraînement dans la nature. Une fois prêts à concourir, ils participent aux nombreuses compétitions organisées à l’échelle nationale, dont les plus importantes restent les meetings régionaux, les meetings nationaux, le Grand Prix de l’athlétisme, la Coupe du trône et les championnats nationaux. Les meilleurs sont donc retenus par la Fédération et intègrent l’Institut national de l’athlétisme à Rabat. Selon les indications de la FRMA, les ligues régionales doivent organiser un grand nombre de compétitions ouvertes aux athlètes affiliés non seulement aux clubs de leur région mais aussi à ceux des autres ligues qui ne disposent pas d’infrastructure adéquate. La direction de la FRMA ajoute par ailleurs : « Il est demandé aux DTR (Directeurs Techniques Régionaux) de procéder à des sélections permanentes. L’objectif étant une participation massive de laquelle émergeront des athlètes de qualité pouvant accéder aux meetings nationaux, les DTR doivent dresser une liste d’athlètes d’élite en vue de leur intégration aux compétitions de niveau supérieur ».

 

Le relais en constant déclin

Depuis le départ à la retraite des deux champions Nezha Bidouane et Hicham Al-Guerrouj, les athlètes marocains ont laissé tomber les relais. Cette discipline considérée comme la locomotive du sport national est en constant déclin. Rappelez-vous le doublé historique de Guerrouj lors des JO d’Athènes 2004. Ce résultat est le dernier exploit enregistré dans les annales de l’athlétisme marocain. Le maître absolu du 1 500 m, qu’il a dominé près d’une décennie, remportant de nombreuses médailles et s’adjugeant la Golden League entre autres, est la dernière vedette qui a permis au Maroc d’inscrire son nom dans le livre de l’histoire de l’athlétisme. Bien avant le roi d’Athènes, deux noms ont fait parler du Maroc en lui offrant ses premières médailles olympiques, et ce, aux JO de Los Angeles en 1984. Nawal Al-Moutaoukil et Saïd Aouita ont été les idoles de toute une génération.

Une médaille d’argent à Jaouad Gharib (marathon) et une de bronze à Hasna Benhassi (800 m). Tel est donc le modeste bilan de la participation du Maroc à Pékin 2008. Un bilan qui a permis au pays d’occuper la 65e place au classement général mais qui a pourtant déçu les milliers de spectateurs et admirateurs de l’athlétisme « Made in Morocco ». La ministre de la Jeunesse et des Sports, Nawal Al-Moutaoukil, a déclaré au lendemain des JO qu’il est nécessaire de tirer les conclusions objectives de cette participation et de prendre les dispositions adéquates en prévision des JO de 2012 qu’il faut préparer dès maintenant.

Cependant, les gloires du passé ne sont que de vieux souvenirs aujourd’hui. L’athlétisme marocain est miné par des problèmes. « Nombreux sont les athlètes au talent confirmé qui ont préféré émigrer sous d’autres cieux à la recherche d’une meilleure situation financière. On cite parmi ces derniers le jeune Rachid Ramzi qui a défendu à Pékin les couleurs du Bahreïn et lui a attribué une médaille d’or grâce à sa performance au 800 m », raconte Moustapha Abouibadallah, journaliste sportif marocain. La Chine a encore été témoin du déclin de l’athlétisme marocain durant les récents Championnats du monde juniors, où le Maroc s’est contenté de la 29e place après avoir glané une seule et unique médaille d’argent. Outre les athlètes qui ont fui le Maroc, ceux qui sont restés n’ont pas donné satisfaction. Les 28 participants qui ont fait le déplacement n’ont guère été à la hauteur malgré les moyens mis à leur disposition. Ce qui a suscité le mécontentement de certains dirigeants de clubs et ligues, qui ont réclamé la prise de décisions immédiates et l’application des actions qui permettront à l’athlétisme marocain de renouer avec sa gloire du passé.

Cette situation alarmante a obligé les instances fédérales à analyser les faits et les résultats et en tirer les conclusions pour que l’athlétisme marocain retrouve son aura d’autant. Se tracent donc de nouveaux défis à relever et de nouveaux objectifs à réaliser à long et moyen termes. La Fédération a fait appel aux différents acteurs susceptibles d’apporter un plus à cette discipline. C’est dans ce sens qu’a été signé le contrat-programme entre la Fédération d’athlétisme et le gouvernement. Cet accord multilatéral ambitionne de mettre à niveau les infrastructures sportives, la construction de pistes et de centres de formation. La Fédération a fait appel aussi à Saïd Aouita pour insuffler une nouvelle dynamique à l’athlétisme marocain. Il se veut un véritable sauveteur en instaurant le projet du champion olympique. Attendu par un travail de longue haleine, Aouita compte relever les défis en développant l’athlétisme national et préparant une relève de haut niveau pour les prochains JO 2012 de Londres.

Amr Moheb

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3 questions à Jaouad Gharib, vainqueur de la médaille d’argent en marathon des derniers JO.

« Il faut toujours croire en ce que l’on veut »

Al-Ahram Hebdo : Vous avez été double champion du monde à Paris en 2003 et Helsinki en 2005. Que vous apporte de plus une médaille olympique ?

Jaouad Gharib : C’est une consécration qui couronne mon parcours. Cette médaille est en effet le fruit de plusieurs années de travail. Mon souhait était d’obtenir une médaille d’or à Pékin, mais j’ai remporté une médaille d’argent qui reste tout de même très chère pour moi … C’était un grand plaisir pour moi d’avoir ajouté une deuxième médaille à mon pays, le Maroc, après celle de bronze remportée par Hasna Benhassi  (800 m). J’ai toujours eu le rêve de remporter une médaille olympique

— Quels sont les conseils que vous donnez aux jeunes athlètes pour qu’ils puissent devenir un jour champion comme vous ?

— Il faut toujours croire en ce que l’on veut. Je me rappelle qu’un jour je regardais la télévision, qui transmettait en direct le marathon de Marrakech, c’était pendant l’hiver 1992 … Je me suis demandé pourquoi ne pas être parmi ces gens-là et gagner un jour ce marathon surtout que je savais avoir les potentiels. J’ai suivi mes convictions. J’ai tout d’abord commencé à m’entraîner seul avant d’intégrer un club local pour donner un caractère professionnel à mon travail. Ensuite, je me suis lancé dans la course sur route. Grâce à mes bonnes prestations, j’ai attiré l’attention des responsables et incorporé par la suite l’Institut national de Rabat. Onze ans plus tard, j’ai remporté la médaille d’or au marathon des Championnats du monde d’athlétisme 2003 à Paris avec un nouveau record de 2h08’31”.

— A 36 ans et après la médaille d’argent de Pékin 2008, quels sont vos nouveaux projets ?

— Je me prépare pour le semi-marathon (21 km) au Portugal. En avril 2009, il y aura une grande course à Londres qui sera une bonne préparation pour moi avant le Championnat du monde qui aura lieu en Allemagne en mois d’août.

 

FOCUS

Jaouad Gharib

Date de naissance : 22 mai 1972.

Lieu de naissance : Khénifra, Maroc.

Taille : 1,76 m.

Poids : 66 kg.

Discipline : Marathon.

Le Top de son palmarès :    

•Deuxième marathonien de l’histoire à remporter deux Championnats du monde consécutifs en 2003 et 2005.

•Médaille d’argent du marathon aux Jeux olympiques Pékin 2008.

Propos recueillis par
Amr
Moheb

 

 




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