Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Hassan Abou-Taleb
 


Edito

Oubliés

Les centaines de milliards de dollars qui ont été rapidement trouvés pour renflouer les grandes banques en Occident laissent perplexes les responsables et les spécialistes de la lutte contre la faim dans le monde. Ils mettent en parallèle la rapidité et la facilité avec lesquelles ces sommes sont mobilisées pour sauver banques et Bourses de la crise financière avec la difficulté à obtenir des fonds pour les 925 millions de personnes touchées par la faim dans le monde, notamment en Afrique.

Des cris d’alarme et appels à la vigilance se sont multipliés récemment, rappelant que la faim dans le monde s’est aggravée du fait de la hausse des prix énergétiques et alimentaires. Selon ActionAid, une ONG basée en Afrique du Sud, le coût du bol alimentaire de base a augmenté en moyenne de 80 % en deux ans. En conséquence, 100 millions de personnes ont rejoint les rangs des affamés et 750 millions d’autres risquent de souffrir chroniquement de la faim. ActionAid estime que près de 1,7 milliard de personnes, soit un quart de l’humanité, pourraient se trouver désormais en situation d’insécurité alimentaire.

Selon une autre ONG, Action Contre la Faim (ACF), un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim ou de ses conséquences toutes les cinq minutes dans le monde. Traiter un enfant mal nourri coûte environ 60 dollars par an, mais au niveau des financements mondiaux, publics ou privés, la malnutrition est un secteur complètement négligé alors que 55 millions d’enfants sont mal nourris. L’enveloppe budgétaire mondiale actuelle ne permettant de traiter que 5 % seulement de la malnutrition sévère.

Rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008, Jean Ziegler martèle que « la faim n’est plus une fatalité dans aucun endroit du monde ». Il rappelle que l’explosion récente des prix mondiaux des matières agricoles, qui a provoqué des émeutes de la faim dans une quarantaine de pays en avril 2008, est « une formidable agression » contre les populations les plus pauvres de la planète causée essentiellement par les agrocarburants et la spéculation qu’il serait facile d’interdire. Plusieurs spécialistes soulignent que la lutte contre la faim dans le monde souffre d’un manque de volonté politique de la part des pays les plus industrialisés, rappelant que selon les estimations, trois milliards de dollars par an seraient suffisants pour éradiquer la malnutrition dans le monde, alors que les Etats-Unis ont prévu à eux seuls de dépenser jusqu’à 700 milliards de dollars pour renflouer les banques américaines. Les gouvernements sont appelés à augmenter massivement leurs cotisations en faveur du Programme Alimentaire Mondial (PAM) qui a perdu 40 % de son pouvoir d’achat avec la dernière flambée des prix des denrées de base.

 




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