Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Le dialogue, option unique
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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Iraq-Turquie. Les attaques que mènent les rebelles turques du Parti des travailleurs du Kurdistan ne profitent ni à Bagdad, qui peine à imposer l’ordre, ni à Ankara, qui cherche une adhésion à l’UE.  

Le dialogue, option unique 

Ankara souffle le chaud et le froid. C’est ainsi que l’on pourrait décrire la relation qui régit les deux pays voisins, l’Iraq et la Turquie, autour de la question kurde. Parfois c’est un langage de menace et parfois on opte pour le dialogue. Si dimanche dernier, l’aviation turque a bombardé une position de séparatistes kurdes dans le nord de l’Iraq, où étaient censés se trouver des dirigeants rebelles, comme l’a annoncé l’armée turque, il n’empêche qu’Ankara a reconnu publiquement pour la première fois samedi qu’elle dialoguait avec le gouvernement kurde iraqien afin de trouver des moyens de lutter contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le président Abdullah Gül a confirmé les informations fournies par la télévision, selon lesquelles Ankara cherchait à obtenir la coopération des autorités kurdes d’Iraq dans son combat contre le PKK. « Il n’y a rien de nouveau (...). Je pense que cela est juste et il n’y a rien de plus normal », a commenté Gül lors d’une conférence de presse.

Le chef de l’Etat turc a estimé que les actions menées par les rebelles du PKK constituaient également un sujet de préoccupation pour les dirigeants kurdes iraqiens. Jusqu’à présent, la Turquie refusait de négocier avec les Kurdes iraqiens leur reprochant de ne pas prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le PKK.

Cette déclaration de Gül intervient après une nouvelle attaque de l’aviation turque sur des positions des rebelles du Kurdistan dans la nuit de vendredi à samedi. Trente-et-une cibles ont été touchées lors de ce raid aérien, a précisé l’état-major turc. L’attaque qui a duré environ une heure n’a pas fait de victime, selon un porte-parole du PKK. 

Ne pas susciter l’ire 

Côté iraqien, c’est le silence total. Aucun commentaire officiel n’a été fait, certains voyant dans ce mutisme une approbation implicite iraqienne des frappes menées par la Turquie, l’Iraq craignant une extension de plus des pouvoirs accordés aux Kurdes depuis la chute du régime de Saddam Hussein.

Bagdad cherche de même à ne pas susciter l’ire de son voisin et à ne pas attiser son animosité. Analystes et politologues s’accordent donc à voir dans le règlement de la question kurde une nécessité pour les deux clans. D’une part, l’Iraq embourbé dans un cycle de violences communautaires cherche à tout prix à imposer l’ordre et la sécurité sur son territoire ainsi que sur ses frontières. D’autre part, la Turquie ne pourrait faire aucune concession de la sécurité et des libertés dans ce qu’elle appelle la lutte contre le terrorisme.

Quelque 40 000 personnes ont été tuées dans ce conflit, qui dure depuis plus de deux décennies. Toutefois, l’opposition à l’intérieur de la Turquie craint que la lutte contre le PKK ne se fasse au détriment des avancées démocratiques obtenues dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union européenne.

Rania Adel 

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