Crise.
Cet adage prêté au philosophe chinois Confucius exprime la
réalité actuelle des faits. Le tiers-monde, Afrique en tête,
est la victime sacrifiée sur l’autel de la crise.
Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent
La
crise financière mondiale est due aux erreurs des pays
riches. Et c’est aux pays pauvres, eux, de payer les pots
cassés. En fait, cette crise vient s’ajouter à deux autres
qui ont déjà affaibli ces pays, à savoir l’envolée des prix
des denrées alimentaires et celle des carburants.
Selon les spécialistes, comme conséquence de cette crise,
les pays les plus pauvres vont être davantage appauvris et
cette crise financière se traduira pour eux par une crise
humaine … « La situation dans ces pays va être plus
dramatique », selon les termes des grandes institutions
monétaires mondiales, à savoir la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international. Le président de la Banque
mondiale, Robert Zoellick, a
prévenu les pays pauvres pour se préparer à des temps
difficiles. Selon une récente étude de l’institution, la
hausse des prix des aliments et des carburants a fait
progresser la malnutrition dans le monde : fin 2008, 960
millions d’êtres humains souffriront de ce fléau, soit 44
millions de plus en douze mois. Une situation qui s’aggrave
à l’heure où les pays riches commencent à réduire leurs
aides au développement pour les pays pauvres en raison de la
crise financière.
En fait, les montants d’aide consacrés à l’Afrique sont
dérisoires, par rapport, par exemple, aux montants consacrés
à la guerre des Etats-Unis en Iraq. Mais, même ces montants
faibles pourraient encore baisser et menacer plusieurs
programmes sociaux dans les pays pauvres. Une possibilité
qui est très redoutée par le directeur général du FMI,
Dominique Strauss-Kahn. Pour lui, Il ne faut pas « perdre de
vue l’autre crise qui frappe l’économie mondiale, celle des
prix alimentaires et énergétiques … Les contraintes vont se
multiplier sur les budgets des pays
avancés du fait de la crise. Il importe que ces pays
ne réagissent pas à la crise en coupant l’aide, laquelle
profite aux populations les plus pauvres et les plus
vulnérables de la planète ».
La crise financière mondiale actuelle risque ainsi de saper
les efforts internationaux de lutte contre la pauvreté. La
Déclaration du millénaire pour le développement (OMD),
adoptée par l’Assemblée générale de l’Onu en 2000, qui
prévoit la réduction de la pauvreté dans le monde, notamment
en Afrique, en fait partie. Selon le secrétaire général de
l’Onu, Ban Ki-moon, l’actuelle crise financière met en doute
la réalisation de ces objectifs. Cet ouragan financier
menace aussi la lutte contre la faim dans le monde. Près de
10 millions d’êtres humains meurent de faim tous les ans,
pour la majorité des enfants de moins de 5 ans. Le Programme
Alimentaire Mondial (PAM) avait ainsi lancé pour l’année
2008 un appel initial de 2,9 milliards de dollars aux pays
donateurs. Une affaire devenue urgente d’après notamment les
émeutes de la faim survenues dans une trentaine de pays.
Depuis lors, quelque 850 millions de dollars ont été versés.
Cruel paradoxe : une surprenante facilité et une extrême
rapidité, il a été possible de débloquer plus de 1 000
milliards de dollars pour sauver les banques en Amérique et
en Europe avec la difficulté d’obtenir des fonds pour les
925 millions de personnes touchées par la faim dans le
monde.
Une chose est sûre, si c’est déjà en période normale, les
pays riches ont du mal à tenir ces promesses, sans doute
qu’en temps de crise, ils auront encore plus de mal.
Aliaa
Al-Korachi