Crise.
Les pays arabes, surtout ceux du Golfe, n’ont pas été
épargnés des effets de la crise financière internationale
qui a bouleversé le monde entier cette dernière semaine.
Pertes non négligeables sur les marchés arabes
Entre
hausse et baisse soudaines sur le marché financier arabe, on
reste toujours loin de parler de stabilité. Les écrans des
Bourses arabes commencent à retrouver la couleur verte suite
à une longue semaine qui n’a été marquée que par le signe
rouge. C’est uniquement suite aux décisions des grandes
Banques Centrales internationales ainsi que certaines
Banques Centrales locales, de baisser les taux directeurs et
la valeur des profits afin de tenter de faire face à la
crise financière internationale. Quelques bénéfices
ont surgi mais qui, dans le fond, ne peuvent en aucune
mesure compenser les pertes cumulées.
Effectivement, les pertes qui ont été subites sont si graves
qu’elles ne peuvent être négligées, raison pour laquelle,
bien que les prix des actions soient très attractifs, il
existe toujours une certaine méfiance vis-à-vis des
opérations d’achat de la part des investisseurs dans les
Bourses de peur que ces petits gains ne soient qu’une
conséquence de la décision des gouvernements mais qui n’est
pas appelée à durer. En effet, fortement dépendantes du
dollar, les économies du Golfe, dans leur ensemble, ont subi
de plein fouet les effets produits par la crise financière
mondiale. Les sept marchés financiers du Golfe ont perdu,
suite à cette crise financière, au total plus de 160
milliards de dollars durant la semaine dernière.
Pour les experts dans ce domaine, l’influence de cette crise
financière internationale ne peut être niée dans la plupart
des pays arabes, mais le niveau de cette influence reste
très varié selon le pays. C’est d’ailleurs ce qu’affirme
l’économiste Fakhri Al-Fiqi, qui a assuré, pour sa part, que
les marchés du Golfe sont les plus touchés par cette crise.
L’or noir en crise
En effet, les places financières liées à l’industrie du
pétrole ont aussi fortement baissé, plus que partout
ailleurs. La crise bancaire aux Etats-Unis n’a bien sûr pas
épargné le secteur pétrolier. Elle a ralenti davantage la
croissance économique mondiale et a réduit la demande sur le
pétrole provoquant une baisse considérable des prix du
pétrole et de ses revenus.
En effet, les cours du pétrole poursuivent leur
dégringolade. Contrairement aux six dernières années, durant
lesquelles la hausse des prix du brut a rapporté plus de 1
000 milliards de dollars aux six Etats du CCG (Arabie
saoudite, Bahreïn, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Oman)
et leurs fonds souverains détiendraient 1 500 milliards de
dollars d’investissements à travers le monde. Ces pays
pompent 16 millions de barils de pétrole par jour, soit près
de 20 % de l’offre mondiale, et disposent de 45 % des
réserves mondiales prouvées. Aujourd’hui, les prix de l’or
noir ont chuté à New York, terminant sous les 80 dollars le
baril et à 75 dollars à Londres. Par rapport à ses records
historiques du 11 juillet, à plus de 147 dollars, le pétrole
a abandonné près de la moitié de sa valeur.
Cette situation n’est pas sans susciter l’inquiétude d’un
pays, comme l’Algérie, dont l’économie dépend à plus de 97 %
de cette ressource naturelle. L’Algérie, indique-t-on, est
classée 13e producteur et 9e exportateur de pétrole au
monde.
La dépendance de ces pays des marchés étrangers a précipité
leur contagion. Selon Al-Fiqi, les pays du Golfe sont
profondément influencés car ils dépendent de
l’investissement étranger dans trois secteurs fondamentaux,
à savoir « les fonds d’investissement d’Etat, le secteur
bancaire et les investissements du Golfe et enfin les
épargnes des personnes ».
Pour les autres pays arabes et nord-africains, la situation
n’est pas bien meilleure. Si pour certains pays comme la
Libye, qui vient à peine de s’infiltrer dans l’ère de
l’ouverture sur le marché depuis 2003 et dont les Bourses
datent de 2006, la dégringolade internationale n’aura pas
d’influence, pour d’autres pays comme l’Egypte, la Jordanie,
le Liban, l’Algérie ainsi que d’autres, il n’est pas
question d’y échapper.
Al-Fiqi précise que cette crise a aussi son influence sur
trois secteurs fondamentaux : « la Bourse, le secteur
bancaire et le secteur immobilier ».
L’influence est inévitable, les chiffres de perte rapide en
sont les preuves. Quant aux solutions de rattrapage, elles
sont bien évidentes pour la plupart de ces pays qui trouvent
encore de la peine à se relever. Si les réserves financières
des pays du Golfe les rassurent pour un certain temps, les
autres pays doivent poursuivre leurs plans de rattrapage. Il
s’agit d’injecter des liquidités convenables et de baisser
le taux des profits afin de soutenir leurs systèmes
financiers. Et si nous parlons aujourd’hui d’un relevé des
marchés arabes, ils restent sans aucun doute encore loin du
niveau de rattrapage.
Chaimaa Abdel-Hamid