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Jean-Marie
Le Clezio,
Nobel de littérature
C’est
en tant qu’« écrivain de nouveaux départs, de l’aventure poétique et de
l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de
la civilisation régnante » que l’écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clezio (1940)
a obtenu le prix Nobel de littérature 2008.
Si seules trois de ses œuvres ont
été traduites vers l’arabe jusqu’à présent, dont Désert (1980) chez Dar Al-Moustaqbal Al-Arabi, les
milieux intellectuels arabes saluaient cependant un écrivain connu pour
sa sensibilité à la cause des « minorités ». Son séjour au Mexique, au
début des années soixante-dix, l’avait en effet rendu familier de la
culture amérindienne, qui a influencé par la suite plusieurs de ses
romans et contes. Il est également l’auteur d’un essai, Le Rêve mexicain
ou la pensée interrompue, (Gallimard, 1988), dans lequel il s’interroge
sur le devenir de l’humanité, si le développement des cultures indiennes
n’avait été brutalement interrompu par la conquête espagnole au XVe
siècle.
Son dernier roman, Ritournelle de
la faim (Gallimard, 2008), largement autobiographique, revient sur la
seconde guerre mondiale en France.
Mais l’année 2008 étant également
celle du vingtième anniversaire de l’attribution du prix Nobel de
littérature à Naguib
Mahfouz,
certains éditorialistes rappelaient que le romancier égyptien est le seul
écrivain arabe à s’être vu attribuer le prestigieux prix. Vingt ans plus
tard, on aurait pu espérer une nouvelle nomination. D’autant plus que,
parmi les noms pressentis, celui du poète syrien Adonis et de la
romancière algérienne Assia
Djebbar,
sont depuis plusieurs années déjà sur la liste.
Considérations politiques ou
trop-plein de candidats ? Les plumes des uns et des autres auront
suffisamment de matière pour s’interroger sur les critères qui
déterminent finalement les gagnants. Et en excluent d’autres, parmi
lesquels des grands noms de la littérature mondiale, qui n’ont jamais
accédé à la liste des « pressentis ».
Dina Heshmat
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