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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy

 

 

 

 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Jean-Marie Le Clezio, Nobel de littérature

C’est en tant qu’« écrivain de nouveaux départs, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante » que l’écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clezio (1940) a obtenu le prix Nobel de littérature 2008.

Si seules trois de ses œuvres ont été traduites vers l’arabe jusqu’à présent, dont Désert (1980) chez Dar Al-Moustaqbal Al-Arabi, les milieux intellectuels arabes saluaient cependant un écrivain connu pour sa sensibilité à la cause des « minorités ». Son séjour au Mexique, au début des années soixante-dix, l’avait en effet rendu familier de la culture amérindienne, qui a influencé par la suite plusieurs de ses romans et contes. Il est également l’auteur d’un essai, Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue, (Gallimard, 1988), dans lequel il s’interroge sur le devenir de l’humanité, si le développement des cultures indiennes n’avait été brutalement interrompu par la conquête espagnole au XVe siècle.

Son dernier roman, Ritournelle de la faim (Gallimard, 2008), largement autobiographique, revient sur la seconde guerre mondiale en France. 

Mais l’année 2008 étant également celle du vingtième anniversaire de l’attribution du prix Nobel de littérature à Naguib Mahfouz, certains éditorialistes rappelaient que le romancier égyptien est le seul écrivain arabe à s’être vu attribuer le prestigieux prix. Vingt ans plus tard, on aurait pu espérer une nouvelle nomination. D’autant plus que, parmi les noms pressentis, celui du poète syrien Adonis et de la romancière algérienne Assia Djebbar, sont depuis plusieurs années déjà sur la liste.

Considérations politiques ou trop-plein de candidats ? Les plumes des uns et des autres auront suffisamment de matière pour s’interroger sur les critères qui déterminent finalement les gagnants. Et en excluent d’autres, parmi lesquels des grands noms de la littérature mondiale, qui n’ont jamais accédé à la liste des « pressentis ».

Dina Heshmat

 

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