VISITE.
Le président Moubarak, qui doit se rendre à Paris le 29
octobre, a reçu samedi le ministre français des Affaires
étrangères, Bernard Kouchner, en tournée dans la région.
Le Caire et Paris se concertent sur la paix
«
La conclusion d’un accord de paix entre Israël et les
Palestiniens est peu probable avant la fin de l’année », a
fait remarquer le chef de la diplomatie française, Bernard
Kouchner, samedi lors d’une conférence de presse conjointe
avec son homologue, Ahmad Aboul-Gheit, après ses entretiens
avec le président Moubarak. Le chef de la diplomatie
française, arrivé vendredi au Caire pour une visite de deux
jours en Egypte, a déclaré que l’Union européenne et la
France continueraient à soutenir les efforts américains pour
faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient. « L’UE
continuera à jouer son rôle dans le Quartette international
pour le Moyen-Orient, qui comprend aussi la Russie, l’Onu et
les Etats-Unis, et à contribuer aux projets dans les
territoires palestiniens », a déclaré Kouchner. La visite du
chef de la diplomatie française est intervenue dans le cadre
d’une tournée régionale ayant englobé les territoires
palestiniens et Israël. Elle est survenue au moment où Le
Caire mène une médiation en faveur d’une reprise du dialogue
interpalestinien. Dans ce contexte, la situation au
Proche-Orient a fait l’objet d’une attention particulière.
Au Caire, Kouchner a évoqué la récente proposition (formulée
par les dirigeants du Hamas) d’une rencontre avec le Fatah
pour aplanir les différences entre les deux groupes
palestiniens, parvenir à une réconciliation et mettre un
terme aux divisions actuelles entre les Palestiniens. Le
Hamas avait affirmé qu’une rencontre avec le Fatah aurait
lieu le 25 octobre au Caire sous médiation égyptienne pour
former un gouvernement palestinien de transition approuvé
par les différentes factions. Une source diplomatique qui a
requis l’anonymat a déclaré que le ministre français a
évoqué également avec les responsables égyptiens l’affaire
du soldat israélien capturé Gilad Shalit. « La France
s’intéresse beaucoup au dossier Shalit. Elle suit avec
attention la médiation menée par Le Caire pour obtenir la
libération de Shalit, capturé en 2006 par le Hamas »,
déclare la source, rappelant que ce soldat est d’origine
française. D’autre part, Aboul-Gheit a appelé l’UE à jouer
un rôle plus efficace dans le processus de paix au
Moyen-Orient. « L’UE doit jouer un rôle politique plus
efficace et ne doit pas limiter son rôle dans l’octroi de
l’assistance économique aux Palestiniens », a-t-il relevé,
rappelant qu’une réunion tripartite, entre le Quartette,
Israël et les Palestiniens, aura lieu en novembre au Caire.
Outre le conflit israélo-palestinien, la France a déclaré
qu’elle souhaite que l’Egypte figure parmi les pays
rejoignant un G8 élargi, ou G14. « Nous souhaitons pouvoir
au plus vite compter parmi le G14 un pays ami, l’Egypte », a
déclaré Kouchner. « C’est notre souhait et j’espère que le
G8 s’élargira au plus vite, à vous en particulier », a-t-il
ajouté en s’adressant à Aboul-Gheit. « Cette idée est en
accord avec une proposition italienne. Cela montre qu’il
existe des pays européens influents au sein du G8 et de
l’Union européenne qui conçoivent l’Egypte comme un
partenaire stratégique », a affirmé Aboul-Gheit. La France
et l’Allemagne, entre autres, plaident pour l’élargissement
du G8 au G5, composé des cinq plus grandes économies
émergentes (la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique
et le Brésil) pour en faire un G13. L’Egypte, elle, pourrait
rejoindre le G5.
Fondé en 1975 par l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, la
Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon, le club du G8 s’est
élargi l’année suivante au Canada puis, en 1998, à la
Russie, laquelle reste cependant exclue de la plupart des
réunions financières et monétaires. Depuis le sommet de
Gleneagles en Ecosse en 2005, le G8 se réunit avec le G5. L’Egypte
a été invitée par Rome à assister à la réunion du G8 qui
aura lieu début 2009 en Italie.
Outre l’élargissement du G8, Kouchner a évoqué les
principales échéances à venir, en particulier la réunion des
ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union Pour
la Méditerranée (UPM) à Marseille. L’UPM a été lancée lors
d’un sommet qui a réuni 43 pays en juillet à Paris à
l’initiative du président français, Nicolas Sarkozy. D’après
Aboul-Gheit, le ministre français et le président Moubarak
ont discuté de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), dont l’Egypte
assure la co-présidence avec la France.
Chérif Ahmed