Corée du Nord.
Washington a retiré Pyongyang de sa liste des Etats
soutenant le terrorisme, en contrepartie de l’engagement du
régime communiste de démanteler son programme nucléaire.
Nouvelles dispositions américaines
Soucieux de contenir la crise nucléaire nord-coréenne suite
au volte-face fait récemment par ce pays de l’« axe du mal »
qui a menacé de reprendre ses activités nucléaires, les
Etats-Unis ont décidé samedi de retirer Pyongyang de leur
liste des Etats soutenant le terrorisme en échange du
contrôle de « toutes les installations nucléaires » du
régime communiste. Un accord qui devrait permettre de
relancer le processus de désarmement nord-coréen. « La
secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a annulé la
mention de la Corée du Nord en tant qu’Etat encourageant le
terrorisme », a annoncé le porte-parole du Département d’Etat
Sean McCormack. Cette décision a été prise suite à l’accord
trouvé vendredi après d’intenses consultations entre les six
pays impliqués dans les pourparlers (Etats-Unis, Chine,
Japon, Russie, Corée du Sud et du Nord) sur des procédures
de vérification du programme nucléaire nord-coréen. Selon
cet accord, la Corée du Nord doit complètement stopper son
programme nucléaire, accepter le retour des installations
sous le contrôle de l’Agence Internationale de l’Energie
Atomique (AIEA) et coopérer au démantèlement de son
important complexe de Yongbyon.
Pour faire pièce aux critiques qui reprochaient à
l’Administration Bush de vouloir à tout prix un accord pour
pouvoir revendiquer un succès diplomatique de dernière
minute, M. McCormack a affirmé que ce plan comprenait déjà «
tous les éléments que nous voulions », ajoutant que des
experts des six pays impliqués pourront participer aux
inspections, y compris des experts de pays non nucléarisés.
«
L’accord prévoit également pour l’Agence Internationale de
l’Energie Atomique (AIEA) un rôle important de conseil et
soutien au processus de vérification », selon M. McCormack.
Affirmant son engagement à respecter cet accord et à
démanteler son programme nucléaire plus tôt que possible, la
Corée du Nord a salué, dimanche, la décision américaine,
tout en affirmant qu’elle allait reprendre le processus de
dénucléarisation. « Nous avons pris la décision d’autoriser
les Etats-Unis et les inspecteurs de l’AIEA à reprendre
leurs travaux », a déclaré un porte-parole du ministère
nord-coréen des Affaires étrangères.
La Corée
du Nord figurait depuis 1988 sur la liste noire américaine
en raison de son implication présumée dans la destruction
d’un avion de ligne sud-coréen en 1987, ayant fait 115 morts.
Les sanctions l’empêchaient notamment d’obtenir des prêts à
faibles taux auprès d’institutions financières comme la
Banque mondiale ou le Fonds Monétaire International (FMI).
Au terme de négociations entamées après le premier test
atomique mené par Pyongyang en octobre 2006, la Corée du
Nord avait accepté de démanteler ses installations
nucléaires en juillet 2007 dans le cadre d’un accord
prévoyant en contrepartie une aide humanitaire et
énergétique.
Mais
l’aide a tardé à arriver, Washington insistant sur la mise
en place d’un strict mécanisme de contrôle du processus de
dénucléarisation. Furieux, le régime communiste, qui
estimait que ces inspections ne figuraient pas dans l’accord
de 2007, avait annoncé le 26 août l’interruption du
démantèlement de ses installations et menacé le 19 septembre
de relancer le complexe nucléaire de Yongbyon. Ce
durcissement de ton était intervenu peu après l’annonce par
les autorités sud-coréennes que le dirigeant nord-coréen Kim
Jong-il, 66 ans, avait subi une attaque cérébrale.
La Corée
du Sud a salué dimanche la décision américaine tout en
appelant à une reprise rapide des pourparlers sur la
dénucléarisation de Pyongyang. « Cette mesure contribuera à
remettre sur les rails les pourparlers à six, ce qui
conduira en définitive à la dénucléarisation de la Corée du
Nord », a déclaré le négociateur en chef sud-coréen sur le
dossier nucléaire nord-coréen. Quant au Japon, il a qualifié
dimanche d’« extrêmement regrettable » la décision
américaine. Le président George W. Bush s’est d’ailleurs
entretenu à ce propos samedi par téléphone avec Taro Aso, le
premier ministre du Japon qui s’opposait à ce retrait tant
que le sort des Japonais enlevés par le régime de Pyongyang
pour former ses agents secrets n’était pas réglé. M. Bush a
promis que ce dossier ne serait pas oublié dans les
discussions avec Pyongyang, assurant Tokyo de son soutien.
Maha
Al-Cherbini