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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Corée du Nord. Washington a retiré Pyongyang de sa liste des Etats soutenant le terrorisme, en contrepartie de l’engagement du régime communiste de démanteler son programme nucléaire.

Nouvelles dispositions américaines

Soucieux de contenir la crise nucléaire nord-coréenne suite au volte-face fait récemment par ce pays de l’« axe du mal » qui a menacé de reprendre ses activités nucléaires, les Etats-Unis ont décidé samedi de retirer Pyongyang de leur liste des Etats soutenant le terrorisme en échange du contrôle de « toutes les installations nucléaires » du régime communiste. Un accord qui devrait permettre de relancer le processus de désarmement nord-coréen. « La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a annulé la mention de la Corée du Nord en tant qu’Etat encourageant le terrorisme », a annoncé le porte-parole du Département d’Etat Sean McCormack. Cette décision a été prise suite à l’accord trouvé vendredi après d’intenses consultations entre les six pays impliqués dans les pourparlers (Etats-Unis, Chine, Japon, Russie, Corée du Sud et du Nord) sur des procédures de vérification du programme nucléaire nord-coréen. Selon cet accord, la Corée du Nord doit complètement stopper son programme nucléaire, accepter le retour des installations sous le contrôle de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et coopérer au démantèlement de son important complexe de Yongbyon.

Pour faire pièce aux critiques qui reprochaient à l’Administration Bush de vouloir à tout prix un accord pour pouvoir revendiquer un succès diplomatique de dernière minute, M. McCormack a affirmé que ce plan comprenait déjà « tous les éléments que nous voulions », ajoutant que des experts des six pays impliqués pourront participer aux inspections, y compris des experts de pays non nucléarisés. « L’accord prévoit également pour l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) un rôle important de conseil et soutien au processus de vérification », selon M. McCormack.

Affirmant son engagement à respecter cet accord et à démanteler son programme nucléaire plus tôt que possible, la Corée du Nord a salué, dimanche, la décision américaine, tout en affirmant qu’elle allait reprendre le processus de dénucléarisation. « Nous avons pris la décision d’autoriser les Etats-Unis et les inspecteurs de l’AIEA à reprendre leurs travaux », a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

La Corée du Nord figurait depuis 1988 sur la liste noire américaine en raison de son implication présumée dans la destruction d’un avion de ligne sud-coréen en 1987, ayant fait 115 morts. Les sanctions l’empêchaient notamment d’obtenir des prêts à faibles taux auprès d’institutions financières comme la Banque mondiale ou le Fonds Monétaire International (FMI). Au terme de négociations entamées après le premier test atomique mené par Pyongyang en octobre 2006, la Corée du Nord avait accepté de démanteler ses installations nucléaires en juillet 2007 dans le cadre d’un accord prévoyant en contrepartie une aide humanitaire et énergétique.

Mais l’aide a tardé à arriver, Washington insistant sur la mise en place d’un strict mécanisme de contrôle du processus de dénucléarisation. Furieux, le régime communiste, qui estimait que ces inspections ne figuraient pas dans l’accord de 2007, avait annoncé le 26 août l’interruption du démantèlement de ses installations et menacé le 19 septembre de relancer le complexe nucléaire de Yongbyon. Ce durcissement de ton était intervenu peu après l’annonce par les autorités sud-coréennes que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, 66 ans, avait subi une attaque cérébrale.

La Corée du Sud a salué dimanche la décision américaine tout en appelant à une reprise rapide des pourparlers sur la dénucléarisation de Pyongyang. « Cette mesure contribuera à remettre sur les rails les pourparlers à six, ce qui conduira en définitive à la dénucléarisation de la Corée du Nord », a déclaré le négociateur en chef sud-coréen sur le dossier nucléaire nord-coréen. Quant au Japon, il a qualifié dimanche d’« extrêmement regrettable » la décision américaine. Le président George W. Bush s’est d’ailleurs entretenu à ce propos samedi par téléphone avec Taro Aso, le premier ministre du Japon qui s’opposait à ce retrait tant que le sort des Japonais enlevés par le régime de Pyongyang pour former ses agents secrets n’était pas réglé. M. Bush a promis que ce dossier ne serait pas oublié dans les discussions avec Pyongyang, assurant Tokyo de son soutien.

Maha Al-Cherbini

 

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