Al-Ahram Hebdo, Arts | Le charme assuré de Samsara
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Arts

Danse. Samsara est un ballet néoclassique de la troupe espagnole Victor Ullate, qui invite à une balade en Orient. Un mélange de styles et de genres sous un voile de mystère. 

Le charme assuré de Samsara 

En 14 tableaux néoclassiques, le ballet Samsara se présente comme un hymne à l’amour, tout en portant un regard critique sur la discrimination et les injustices sociales.

S’inspirant de la philosophie bouddhiste, cette chorégraphie de Victor Ullate, mise en scène par Gendarme Azorin, harmonise sentiments et impressions à travers une gestuelle artistique en cohérence avec des musiques traditionnelles d’Egypte, d’Iran, d’Inde, du Népal, de la Chine, du Japon … Des mélodies ethniques transportent le spectateur à de divers pays de l’Orient. Des pays visités pour tant d’années par le chorégraphe espagnol Victor Ullate. C’est de ces multiples souvenirs orientaux, profondément ancrés dans la mémoire d’Ullate, que Samsara fut créé. Un spectacle qui se sert, comme l’a déjà exprimé Ullate dans la presse, de la danse en tant que lien entre des « cultures disparates ». Rythme, beauté et critique sociale sont mélangés. Victor Ullate, à qui le gouvernement espagnol a confié en 1979 la formation d’une compagnie de ballet classique, n’a pas tardé en 1983 à créer un centre de danse portant son nom : « le Centre Victor Ullate pour la danse ». Cette compagnie a fait alors une première apparition sur scène le 28 avril 1988, au théâtre Arriaga de Bilbao, en Espagne.

Elle ne tardera pas à devenir, en 1996, le Ballet Victor Ullate, de la communauté de Madrid. Un ballet composé de 22 danseurs professionnels, lequel s’est doté d’une identité qui lui est propre, grâce à un vaste répertoire de chorégraphies éminentes, signées toutes Victor Ullate. Par conséquent, autant de prix lui ont été attribués : le Prix national de la danse en 1989, la Médaille d’or des beaux-arts en 1996, le Prix de la fondation Auteur Auteur en avril 2007, et le Prix Max d’honneur pour l’ensemble de sa trajectoire artistique, en 2008.

Disciple de Maurice Béjart, Victor Ullate a étudié tout d’abord à Saragosse, avec la chorégraphe espagnole Maria d’Avila. Puis, après avoir entamé sa carrière professionnelle avec le chorégraphe Antonio Ruíz Soler, il s’est joint à la compagnie Maurice Béjart, avec qui il a collaboré pendant 14 ans. Pendant ces années, Ullate s’est produit dans plusieurs chorégraphies de Béjart : Bhakti, L’Oiseau de feu, la Consécration du printemps, Romeo et Julieta, Cantata 51, Nijinsky Clown de Dieu, Ni Fleurs ni couronnes et Nomos Alpha. En 1978, il tient le rôle de Béjart lui-même, dans Gaîté parisienne, basée sur la biographie du chorégraphe.

Brillant soliste, Ullate, qui a dansé dans le temps « Bhakti », en reprend, dans son spectacle Samsara, la même démarche syncrétique, qui consiste à mélanger allègrement styles, genres, concepts philosophiques et clichés, dans une « bien-pensante » chorégraphie, conçue dans un style à la fois classique et proche du « Music-Hall Intemporel », figé entre 1900 et 1950.

Les critiques ont par ailleurs félicité les ornements orientalistes et le charme bien particulier de Samsara, à la fois énigmatique et mystérieux. Autant de motifs orientaux sont d’usage : voile porté par les danseurs, l’œil projeté sur le rideau au fond de la scène, cobra de l’Inde. On y retrouve également une certaine lenteur caractérisant les œuvres d’Ullate en général, passant d’une « lenteur extrême à des enchaînements plus rapides, d’un échauffement stylisé à un corpus néoclassique », mentionne-t-on à propos du style Ullate.

Ce dernier a secondé sa chorégraphie de costumes remarquables, révélant la magie de l’Orient : jupes « d’aïkido », pantalons bouffants, jambières, genouillères, coudières noires. Le tout cède à Samsara un charme particulier, soumis à d’incroyables variétés de rythmes musicaux, mélangeant flûte, cithare, violon et chants psalmodiés. A ne pas rater.

Névine Lameï

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Les 15, 16 et 17 octobre,

dans la grande salle de l’Opéra du Caire,

et le 19 octobre, au théâtre Sayed Darwich, à Alexandrie.

A 20 h.

 




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