Danse.
Samsara
est un ballet néoclassique de la troupe espagnole Victor
Ullate, qui invite à une balade
en Orient. Un mélange de styles et de genres sous un voile
de mystère.
Le charme assuré de Samsara
En
14 tableaux néoclassiques, le ballet
Samsara se présente comme un hymne à l’amour, tout en
portant un regard critique sur la discrimination et les
injustices sociales.
S’inspirant de la philosophie bouddhiste, cette chorégraphie
de Victor Ullate, mise en scène
par Gendarme Azorin, harmonise sentiments et impressions à
travers une gestuelle artistique en cohérence avec des
musiques traditionnelles d’Egypte, d’Iran, d’Inde, du Népal,
de la Chine, du Japon … Des mélodies ethniques transportent
le spectateur à de divers pays de l’Orient. Des pays visités
pour tant d’années par le chorégraphe espagnol Victor
Ullate. C’est de ces multiples
souvenirs orientaux, profondément ancrés dans la mémoire d’Ullate,
que Samsara fut créé. Un
spectacle qui se sert, comme l’a déjà exprimé
Ullate dans la presse, de la
danse en tant que lien entre des « cultures disparates ».
Rythme, beauté et critique sociale sont mélangés. Victor
Ullate, à qui le gouvernement
espagnol a confié en 1979 la formation d’une compagnie de
ballet classique, n’a pas tardé en 1983 à créer un centre de
danse portant son nom : « le Centre Victor
Ullate pour la danse ». Cette
compagnie a fait alors une première apparition sur scène le
28 avril 1988, au théâtre Arriaga
de Bilbao, en Espagne.
Elle ne tardera pas à devenir, en 1996, le Ballet Victor
Ullate, de la communauté de
Madrid. Un ballet composé de 22 danseurs professionnels,
lequel s’est doté d’une identité qui lui est propre, grâce à
un vaste répertoire de chorégraphies éminentes, signées
toutes Victor Ullate. Par
conséquent, autant de prix lui ont été attribués : le Prix
national de la danse en 1989, la Médaille d’or des
beaux-arts en 1996, le Prix de la fondation Auteur
Auteur en avril 2007, et le Prix
Max d’honneur pour l’ensemble de sa trajectoire artistique,
en 2008.
Disciple de Maurice Béjart, Victor
Ullate a étudié tout d’abord à Saragosse, avec la
chorégraphe espagnole Maria d’Avila. Puis, après avoir
entamé sa carrière professionnelle avec le chorégraphe
Antonio Ruíz
Soler, il s’est joint à la
compagnie Maurice Béjart, avec qui il a collaboré pendant 14
ans. Pendant ces années, Ullate
s’est produit dans plusieurs chorégraphies de Béjart :
Bhakti, L’Oiseau de feu, la Consécration du printemps,
Romeo et
Julieta, Cantata 51,
Nijinsky Clown de Dieu, Ni
Fleurs ni couronnes et Nomos
Alpha. En 1978, il tient le rôle de Béjart lui-même, dans
Gaîté parisienne, basée sur la biographie du chorégraphe.
Brillant soliste, Ullate, qui a
dansé dans le temps « Bhakti », en reprend, dans son
spectacle Samsara, la même
démarche syncrétique, qui consiste à mélanger allègrement
styles, genres, concepts philosophiques et clichés, dans une
« bien-pensante » chorégraphie, conçue dans un style à la
fois classique et proche du «
Music-Hall Intemporel », figé entre 1900 et 1950.
Les critiques ont par ailleurs félicité les ornements
orientalistes et le charme bien particulier de
Samsara, à la fois énigmatique
et mystérieux. Autant de motifs orientaux sont d’usage :
voile porté par les danseurs, l’œil projeté sur le rideau au
fond de la scène, cobra de l’Inde. On y retrouve également
une certaine lenteur caractérisant les œuvres d’Ullate
en général, passant d’une « lenteur extrême à des
enchaînements plus rapides, d’un échauffement stylisé à un
corpus néoclassique », mentionne-t-on à propos du style
Ullate.
Ce dernier a secondé sa chorégraphie de costumes
remarquables, révélant la magie de l’Orient : jupes «
d’aïkido », pantalons bouffants, jambières, genouillères,
coudières noires. Le tout cède à
Samsara un charme particulier, soumis à d’incroyables
variétés de rythmes musicaux, mélangeant flûte, cithare,
violon et chants psalmodiés.
A
ne pas rater.
Névine
Lameï