Al-Ahram Hebdo, Arts | Jeux de double culture
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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Arts

Festival du Théâtre Expérimental. Lors de cette 20e édition, beaucoup de spectacles étrangers s’inspirent du monde arabe, de son actualité et de son passé. Zoom.

Jeux de double culture 

Les Mille et une nuits, la poésie et la philosophie arabes d’autrefois, la politique du monde arabe, etc. sont toujours des sources d’inspiration pour différents créateurs et hommes de théâtre. Une manière d’entretenir l’autre des particularités de notre culture. Mais au cours de cette édition, on constate que cet autre vient jouer de nos images. Il présente une version différente misant sur l’interférence culturelle. Les éditions passées du festival en ont témoigné à deux ou trois reprises durant 20 ans, mais cette fois-ci, un large éventail s’ouvre devant le public.

Parfois, les créateurs eux-mêmes jouissent d’une double nationalité et d’une double culture. Le spectacle brésilien Première bouchée, abordant la crise alimentaire internationale et l’hégémonie des Etats-Unis, est mis en scène par Alexander Heifer et l’Egyptien Medhat Abdel-Aziz. « Dans notre compagnie théâtrale de l’Université Fasul, la culture brésilienne est essentielle : la danse, le chant, etc. Etant Egyptien, ma culture originale les intéresse et les incite à trouver différents moyens d’expression et différents sujets. Ce spectacle ne puise pas dans la culture égyptienne en particulier. Pourtant, je ne peux pas négliger une allégorie de la culture et la position arabes actuelles », explique Aziz lors de la présentation de son spectacle.

Les conséquences de la guerre et les problèmes des réfugiés sont exprimés dans Fuir pour nulle part, écrit et mis en scène par l’Iraqien Talaat Al-Samoui. La pièce représente la Suède au festival. L’auteur de la pièce décrit les peines résultant de la guerre iraqienne, du terrorisme en Algérie et autres problèmes arabes à travers la danse et le langage corporel (présentation les 15 et 16 octobre à 21h au théâtre du Lycée Al-Horriya).

Le spectacle du Bangladesh Se noyer est écrit et mis en scène par deux Arabes : Sélimeddine et Nasreddine Youssef. Ces derniers puisent dans les techniques classiques du théâtre bengalais et les techniques contemporaines de la mise en scène, et traduisent les atrocités et les catastrophes du monde actuel en évoquant des incidents touchant le monde arabe (production les 15 et 16 octobre, à 20h au théâtre Métropole).

Loin des actualités contemporaines et des sujets politiques abordés, d’autres spectacles profitent de cette interférence culturelle au niveau visuel. La France donne L’Ecole des veuves de Cocteau, mis en scène par Hazem Al-Awadli. Il s’agit en fait d’une production de la compagnie du théâtre Noot. Le dialogue s’articule autour de quelques extraits de poèmes arabes. Les détails vestimentaires révèlent des femmes égyptiennes voilées, et d’autres traits propres à la culture égyptienne sont accentués par le décor. La musique orientale se mêle à l’occidentale. Un vrai modèle d’une double culture (spectacle, le 19 octobre à 20h et le 20 octobre à 12, dans la petite salle de l’Opéra).

En même temps, se donne Où vole le phœnix  au Centre de la créativité artistique. Ce spectacle égypto-italien est basé sur les poèmes arabes de Farideddine Attar et les écrits d’autres philosophes européens. Une pièce poétique abordant différentes philosophies et différents cultes religieux. Avec des étudiants égyptiens de l’Académie des arts et des professionnels du théâtre-laboratoire d’Alexitis, un travail de formation et d’atelier a été créé, il y a quelques mois, visant à élaborer les moyens d’expression corporelle et verbale. Les Egyptiens et les Italiens partagent alors un langage commun. L’Orient et l’Occident communiquent sur scène.

May Sélim

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