Festival du Théâtre Expérimental.
Lors de cette 20e édition, beaucoup de spectacles étrangers
s’inspirent du monde arabe, de son actualité et de son
passé. Zoom.
Jeux de double culture
Les
Mille et une nuits, la poésie et la philosophie arabes
d’autrefois, la politique du monde arabe, etc. sont toujours
des sources d’inspiration pour différents créateurs et
hommes de théâtre. Une manière d’entretenir l’autre des
particularités de notre culture. Mais au cours de cette
édition, on constate que cet autre vient jouer de nos
images. Il présente une version différente misant sur
l’interférence culturelle. Les éditions passées du festival
en ont témoigné à deux ou trois reprises durant 20 ans, mais
cette fois-ci, un large éventail s’ouvre devant le public.
Parfois, les créateurs eux-mêmes jouissent d’une double
nationalité et d’une double culture. Le spectacle brésilien
Première bouchée, abordant la crise alimentaire
internationale et l’hégémonie des Etats-Unis, est mis en
scène par Alexander Heifer et l’Egyptien Medhat Abdel-Aziz.
« Dans notre compagnie théâtrale de l’Université Fasul, la
culture brésilienne est essentielle : la danse, le chant,
etc. Etant Egyptien, ma culture originale les intéresse et
les incite à trouver différents moyens d’expression et
différents sujets. Ce spectacle ne puise pas dans la culture
égyptienne en particulier. Pourtant, je ne peux pas négliger
une allégorie de la culture et la position arabes actuelles
», explique Aziz lors de la présentation de son spectacle.
Les conséquences de la guerre et les problèmes des réfugiés
sont exprimés dans Fuir pour nulle part, écrit et mis en
scène par l’Iraqien Talaat Al-Samoui. La pièce représente la
Suède au festival. L’auteur de la pièce décrit les peines
résultant de la guerre iraqienne, du terrorisme en Algérie
et autres problèmes arabes à travers la danse et le langage
corporel (présentation les 15 et 16 octobre à 21h au théâtre
du Lycée Al-Horriya).
Le spectacle du Bangladesh Se noyer est écrit et mis en
scène par deux Arabes : Sélimeddine et Nasreddine Youssef.
Ces derniers puisent dans les techniques classiques du
théâtre bengalais et les techniques contemporaines de la
mise en scène, et traduisent les atrocités et les
catastrophes du monde actuel en évoquant des incidents
touchant le monde arabe (production les 15 et 16 octobre, à
20h au théâtre Métropole).
Loin des actualités contemporaines et des sujets politiques
abordés, d’autres spectacles profitent de cette interférence
culturelle au niveau visuel. La France donne L’Ecole des
veuves de Cocteau, mis en scène par Hazem Al-Awadli. Il
s’agit en fait d’une production de la compagnie du théâtre
Noot. Le dialogue s’articule autour de quelques extraits de
poèmes arabes. Les détails vestimentaires révèlent des
femmes égyptiennes voilées, et d’autres traits propres à la
culture égyptienne sont accentués par le décor. La musique
orientale se mêle à l’occidentale. Un vrai modèle d’une
double culture (spectacle, le 19 octobre à 20h et le 20
octobre à 12, dans la petite salle de l’Opéra).
En même temps, se donne Où vole le phœnix au Centre de
la créativité artistique. Ce spectacle égypto-italien est
basé sur les poèmes arabes de Farideddine Attar et les
écrits d’autres philosophes européens. Une pièce poétique
abordant différentes philosophies et différents cultes
religieux. Avec des étudiants égyptiens de l’Académie des
arts et des professionnels du théâtre-laboratoire d’Alexitis,
un travail de formation et d’atelier a été créé, il y a
quelques mois, visant à élaborer les moyens d’expression
corporelle et verbale. Les Egyptiens et les Italiens
partagent alors un langage commun.
L’Orient
et l’Occident communiquent sur scène.
May
Sélim