Initiative.
Des copies des portes du Caire islamiques seront exécutées
pour préserver les originaux d’agression et de vol.
Du toc au lieu de l’authentique
La
fondation Agakhan pour les services culturels exécute
actuellement un ambitieux projet de préservation de quelques
monuments islamiques. Il s’agit en fait de faire deux copies
quasi identiques des portails des quartiers islamiques pour
remplacer les originaux, et ceci dans le but de les
sauvegarder de toutes formes d’agression et de vol. Alors
que les portes originales seront placées au Musée de
l’histoire du Caire que la fondation Agakhan compte créer au
jardin d’Al-Azhar. « Cette initiative est venue comme
réponse affirmative à une demande du ministre de la Culture
», souligne l’architecte Mamdouh Saqr, responsable de
l’exécution du projet de préservation des portails des
quartiers islamiques au sein de la fondation Agakhan pour
les services culturels.
D’après
lui, le ministre a voulu protéger ces portails devenus
récemment victimes de nombreuses agressions. « Enrichir les
différents nouveaux musées qui viennent d’ouvrir leurs
portes dans les pays du Golfe figure à la tête de la liste
des motifs de vol des pièces islamiques », estime
l’architecte Mamdouh Saqr. De même que, ajoute-t-il, des
individus veulent posséder des pièces entières datant des
différentes époques islamiques. « Aujourd’hui, il est tout à
fait à la mode de prétendre posséder des pièces authentiques
islamiques. Des parties de minbars des mosquées mameloukes
et ottomanes ainsi que différentes parties des portes des
mosquées et portails islamiques sont devenues victimes de
cette nouvelle tendance », estime l’architecte. Et d’ajouter
que la possession de ces pièces islamiques équivaut à la
possession des peintures signées. Il est également
indispensable de tenir compte que ces pièces sont pour la
plupart fabriquées en bois et en métaux : le fer le plus
souvent et le cuivre, ce qui séduit, à son tour, les voleurs.
Tous ces
facteurs ont poussé le ministre à penser à réaliser des
copies afin de préserver les pièces originales au Musée du
Caire. C’est avec le portail de Qalaoun et celui du sultan
Barqouq que le projet va commencer. Sous la supervision du
département des monuments coptes et islamiques du Conseil
Suprême des Antiquités (CSA), la fondation Agakhan réalise
une étude minutieuse du style architectural de chaque
portail, ainsi que de ses formes caractéristiques. « Une
fois sur ordinateur, les architectes créent des images à
trois dimensions identiques au portail original », explique
l’architecte Mamdouh Saqr. Ces dessins iront ensuite aux
différents ouvriers : menuisiers, orfèvres … pour la
réalisation du portail copie qui remplacera ensuite les
originaux. En effet, cette initiative de sauvegarder les
portails des quartiers islamiques n’est pas la première.
Egalement sur demande du ministre de la Culture,
l’architecte Assaad Nadim, connu pour avoir restauré Al-Darb
Al-Asfar, devait faire le même projet de l’Agakhan, mais qui
s’est arrêté faute de moyen financier. C’est pour cette
raison qu’on a commencé par deux portails seulement. Si le
projet réussit du point de vue technique et budget, il se
généralisera sur les autres portails et minbars islamiques.
Nada
Al-Hagrassi