Al-Ahram Hebdo, Voyages | Ewa Wipszycka, « L’archéologie copte nous a fourni des éléments pour retracer toute l’histoire égyptienne »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Voyages

Découverte. Ewa Wipszycka, professeur d’archéologie copte à l’Université de Varsovie, à l’occasion du IXe Congrès International de l’Association internationale des études coptes, explique ce que cette manifestation a représenté de plus original.  

« L’archéologie copte nous a fourni des éléments pour retracer toute l’histoire égyptienne » 

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les thèmes les plus importants que le Congrès international a abordés ?

Ewa Wipszycka : Architecture, littérature, linguistique, gnosticisme et l’archéologie sont les plus importants sujets qu’ont traités les participants. C’était une bonne occasion pour faire un suivi des toutes dernières réalisations qui ont eu lieu au cours des quatre dernières années pour servir la coptologie en tant que science. L’aspect archéologique a attiré l’intérêt de la plupart des participants du congrès. Découvertes et restaurations des sites archéologiques coptes ont enrichi nos connaissances, voire modifié quelques bases de données.

— Pouvez-vous donner un exemple ?

— Les églises Blanche et Rouge qui se trouvent au gouvernorat de Sohag, en Haute-Egypte, en sont l’exemple par excellence. Ces bâtiments étaient décrits comme étant monastères au cours des époques anciennes. Mais d’après les récentes recherches, les archéologues se sont rendus compte que ces édifices ne sont que des églises. Au monastère Blanc, les fouilles ont dégagé une chapelle souterraine avec des peintures paradisiaques de vives couleurs. D’ailleurs, les opérations qui ont eu lieu aux alentours des deux monastères ont servi à comprendre la vie monastique à partir du Ve siècle. On y a dégagé des ensembles de salles, des puits d’eau, des boulangeries.

— Les décorations sont connues pour leur valeur esthétique. Mais quel est leur intérêt historique ?

— Au cours des 30 dernières années, on a pu révéler comment les églises ont donné à l’art un nouvel aspect. Ceci est clair dans les peintures sur les murs des églises, les fresques ainsi que les icônes. C’est plutôt l’art médiéval qui était présent dans l’église égyptienne en général. Aujourd’hui, grâce aux récents travaux de restauration, nous avons dégagé encore des objets d’art de l’époque byzantine. En effet, les monastères les plus modestes ont acquis leur intérêt, grâce à cet art dominé par la décoration.

— Et pour la vie monastique, qu’en est-il de nouveau ?

— Celle-ci est incarnée au monastère Naqloun dans les environs du Fayoum. Ce monastère était un centre important à l’époque médiévale avec les fresques datées des XIe et XIIe siècles ainsi que les archives arabes de la même époque. Ajoutons encore les documents qui composaient les archives économiques trouvées au monastère, datées du Ve au VIIIe siècles. D’ailleurs, nous avons découvert des fresques de la même époque qui comprennent des inscriptions arabes. Nous avons encore connu la vie de la communauté monastique à cette période grâce à la découverte des habitations des moines. Désormais, nous comprenons l’organisation interne du monastère. D’ailleurs, nous avons identifié quelques aspects de leurs coutumes. Ils recevaient des moines des autres monastères égyptiens comme ceux venant de la Nubie. On arrive à comprendre leurs enseignements. L’archéologie copte nous a,  en fait, fourni des éléments pour retracer toute l’histoire égyptienne.

— Pouvez-vous nous donner un exemple d’une découverte surprenante ?

— La trouvaille d’un chantier copte auprès du site pharaonique Deir Al-Madina, en Haute-Egypte, qui est plein d'ostracas sur lesquels sont inscrites des lettres et des prières, ainsi qu’un petit ermitage impressionnant. En effet, ces ermitages se trouvaient au sein des tombeaux pharaoniques que deux moines avaient occupés ultérieurement. Ces ermitages nous montrent les traces de la vie quotidienne, nous révèlent des ustensiles dont on se servait tous les jours. Ce qui veut dire que les moines menaient, dans ces tombes, une vie normale sans être gênés.

Propos recueillis par Doaa Elhami

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.