Découverte.
Le Conseil Suprême des Antiquités (CSA), en coopération avec
les gérants du monastère Saint-Antoine, dressé sur la mer
Rouge, et le Centre américain des recherches, ont dégagé
récemment des éléments architecturaux qui témoignent des
débuts de la vie monastique en Egypte. Etat des lieux.
Le monachisme à sa naissance
Ermitage
avec ses composants, églises, basilique, ainsi que des
inscriptions coptes figurent parmi les plus importantes
trouvailles que la mission égypto-américaine a dégagées lors
de ses travaux de restauration des églises de Saint-Antoine
et des Apôtres, situées au gouvernorat de la mer Rouge.
Dirigées par Michael Jones, directeur d’Egyptian Antiquities
Project (EAP) auprès du Centre Américain des Recherches
(CAR), les restaurations avaient été effectuées en principe
par les gérants du monastère, financées par le CAR sous la
supervision du CSA. « Les travaux font partie d’un grand
projet dirigé par le CAR qui vise à préserver et à conserver
le patrimoine copte, notamment les anciens monastères
égyptiens. A ce sujet, le CAR traite les monastères
Saint-Antoine et Saint-Paul de la mer Rouge, les monastères
Rouge et Blanc du gouvernorat de Sohag, celui d’Abou-Serga
au Vieux-Caire, sans oublier deux anciens monastères mis au
jour à Wadi Al-Natroune », explique l’évêque Maxime,
collaborateur du projet.
Les travaux de restauration ont commencé au monastère
Saint-Antoine en 2003. « On avait constaté que les anciens
bâtiments que renferme le monastère étaient dans un état
lamentable », relève-t-il. A cet égard, citons une
forteresse du VIe siècle, l’ancienne église de l’évêque
Antoine, ainsi que celle des Apôtres, datée du XVe siècle et
renouvelée au XVIIIe siècle.
Ayant étudié la restauration et la muséologie, l’Anba Maxime
s’est rendu compte de l’urgence de soumettre tout le lieu à
la restauration architecturale et fine. Ainsi a-t-on enlevé
le parterre de l’église des Apôtres. Et là ce fut la grande
surprise : sous le dernier sanctuaire, a été dégagé un
ancien « laqqan », une sorte de bassin qui contenait de
l’eau bénite. « Au culte copte, ce bassin était utilisé
trois fois seulement par an, lors du baptême, de la
Pentecôte et du Jeudi saint », reprend l’Anba. Plus loin
encore a été dégagé un second bassin à un niveau plus bas
que le premier. Donc, « cet endroit renfermait une église »,
avait-il supposé à l’époque. Ce n’est pas la seule
découverte. Les jours qui suivent donnaient lieu à autant de
surprises.
Il s’agit de la découverte de deux bâtiments dont le premier
est constitué de fondations complètes d’une basilique. Selon
l’évêque Maxime, le style architectural démontre que la date
de cette église remonte à la fin du VIe et le début du VIIe
siècles. Quant au second édifice, il représente un ermitage
complet qui témoigne, d’après les découvertes
archéologiques, des débuts de la vie monastique. En effet,
cet édifice comprend trois pièces : la première est celle du
service où ont été trouvés deux fours et un récipient sur
lequel les traces d’huile existent encore. Elle comprend
aussi une niche qui contenait une lampe à l’huile et dont le
dépôt d’huile est creusé au fond de la niche. « Cette
méthode d’éclairage est très rare dans les constructions
coptes, évoquant en fait l’ancienneté du bâtiment »,
souligne-t-il. Quant au sol, il est couvert de pierres
colorées ciselées des montagnes des alentours.
La pièce de service s’ouvre sur deux autres salles. La
première est consacrée à la prière. L’un de ses murs est
couvert d’inscriptions coptes qui constituent des prières.
Là aussi « a été découvert un grand récipient d’argile
enseveli à moitié. Cette fois, nous y avons découvert de
l’eau », reprend l’évêque. Ainsi, les ermites évitaient la
perte de l’eau à travers l’argile, et en plus, ils
garantissaient de boire de l’eau fraîche tout au long de
l’année.
La découverte d’un tel ermitage répondait aux indices
archéologiques que les restaurateurs rencontraient au cours
de leur travail. « Cet ermitage faisait partie d’une série
d’autres ermitages dressés des deux côtés d’une vallée »,
commente l’Anba.
Les ermites ont décidé d’exposer cette série de trouvailles
pour que les visiteurs du monastère et les jeunes moines les
connaissent. C’est pourquoi, l’évêque a décidé de couvrir
tout le sol du monastère de verre transparent. Toutes les
pièces sont illuminées indirectement. Quant au développement
historique, il sera expliqué à travers un film qui sera
projeté à travers un grand écran installé au sein du
monastère.
Doaa
Elhami