Al-Ahram Hebdo, Voyages | Le monachisme à sa naissance
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Voyages

Découverte. Le Conseil Suprême des Antiquités (CSA), en coopération avec les gérants du monastère Saint-Antoine, dressé sur la mer Rouge, et le Centre américain des recherches, ont dégagé récemment des éléments architecturaux qui témoignent des débuts de la vie monastique en Egypte. Etat des lieux. 

Le monachisme à sa naissance 

Ermitage avec ses composants, églises, basilique, ainsi que des inscriptions coptes figurent parmi les plus importantes trouvailles que la mission égypto-américaine a dégagées lors de ses travaux de restauration des églises de Saint-Antoine et des Apôtres, situées au gouvernorat de la mer Rouge. Dirigées par Michael Jones, directeur d’Egyptian Antiquities Project (EAP) auprès du Centre Américain des Recherches (CAR), les restaurations avaient été effectuées en principe par les gérants du monastère, financées par le CAR sous la supervision du CSA. « Les travaux font partie d’un grand projet dirigé par le CAR qui vise à préserver et à conserver le patrimoine copte, notamment les anciens monastères égyptiens. A ce sujet, le CAR traite les monastères Saint-Antoine et Saint-Paul de la mer Rouge, les monastères Rouge et Blanc du gouvernorat de Sohag, celui d’Abou-Serga au Vieux-Caire, sans oublier deux anciens monastères mis au jour à Wadi Al-Natroune », explique l’évêque Maxime, collaborateur du projet.

Les travaux de restauration ont commencé au monastère Saint-Antoine en 2003. « On avait constaté que les anciens bâtiments que renferme le monastère étaient dans un état lamentable », relève-t-il. A cet égard, citons une forteresse du VIe siècle, l’ancienne église de l’évêque Antoine, ainsi que celle des Apôtres, datée du XVe siècle et renouvelée au XVIIIe siècle.

Ayant étudié la restauration et la muséologie, l’Anba Maxime s’est rendu compte de l’urgence de soumettre tout le lieu à la restauration architecturale et fine. Ainsi a-t-on enlevé le parterre de l’église des Apôtres. Et là ce fut la grande surprise : sous le dernier sanctuaire, a été dégagé un ancien « laqqan », une sorte de bassin qui contenait de l’eau bénite. « Au culte copte, ce bassin était utilisé trois fois seulement par an, lors du baptême, de la Pentecôte et du Jeudi saint », reprend l’Anba. Plus loin encore a été dégagé un second bassin à un niveau plus bas que le premier. Donc, « cet endroit renfermait une église », avait-il supposé à l’époque. Ce n’est pas la seule découverte. Les jours qui suivent donnaient lieu à autant de surprises.

Il s’agit de la découverte de deux bâtiments dont le premier est constitué de fondations complètes d’une basilique. Selon l’évêque Maxime, le style architectural démontre que la date de cette église remonte à la fin du VIe et le début du VIIe siècles. Quant au second édifice, il représente un ermitage complet qui témoigne, d’après les découvertes archéologiques, des débuts de la vie monastique. En effet, cet édifice comprend trois pièces : la première est celle du service où ont été trouvés deux fours et un récipient sur lequel les traces d’huile existent encore. Elle comprend aussi une niche qui contenait une lampe à l’huile et dont le dépôt d’huile est creusé au fond de la niche. « Cette méthode d’éclairage est très rare dans les constructions coptes, évoquant en fait l’ancienneté du bâtiment », souligne-t-il. Quant au sol, il est couvert de pierres colorées ciselées des montagnes des alentours.

La pièce de service s’ouvre sur deux autres salles. La première est consacrée à la prière. L’un de ses murs est couvert d’inscriptions coptes qui constituent des prières. Là aussi « a été découvert un grand récipient d’argile enseveli à moitié. Cette fois, nous y avons découvert de l’eau », reprend l’évêque. Ainsi, les ermites évitaient la perte de l’eau à travers l’argile, et en plus, ils garantissaient de boire de l’eau fraîche tout au long de l’année.

La découverte d’un tel ermitage répondait aux indices archéologiques que les restaurateurs rencontraient au cours de leur travail. « Cet ermitage faisait partie d’une série d’autres ermitages dressés des deux côtés d’une vallée », commente l’Anba.

Les ermites ont décidé d’exposer cette série de trouvailles pour que les visiteurs du monastère et les jeunes moines les connaissent. C’est pourquoi, l’évêque a décidé de couvrir tout le sol du monastère de verre transparent. Toutes les pièces sont illuminées indirectement. Quant au développement historique, il sera expliqué à travers un film qui sera projeté à travers un grand écran installé au sein du monastère.

Doaa Elhami

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