Football.
Le champion nigérian Enyimba accueillera son homologue
égyptien Ahli, dimanche à Aba, lors du match aller des
demi-finales de la Ligue des champions d’Afrique. Une
rencontre qui s’annonce plutôt serrée, avec un léger
avantage historique pour les Rouges.
Ahli n’a qu’à bien se tenir
Pour
la majorité des observateurs, la rencontre opposant le
champion égyptien Ahli à son homologue nigérian Enyimba, le
5 octobre prochain à l’occasion des demi-finales de la 12e
édition de la Ligue des champions d’Afrique, peut être
considérée à juste titre la vraie finale de cette
compétition. Selon les mêmes observateurs, l’équipe qui se
qualifiera suite à ce grand rendez-vous sera sans doute le
champion de cette édition, surtout que les équipes de la
deuxième demi-finale, à savoir Dynamos (Zim) et Coton Sport
(Cam), ne sont pas à la même hauteur de ces géants, et de
leur grand palmarès dans la compétition africaine (5 titres
de la Ligue des champions d’Afrique, dont trois pour Ahli et
deux pour Enyimba). C’est ce palmarès qui a poussé la
Confédération Africaine de Football (CAF) à placer ces deux
équipes à la tête des deux groupes lors des quarts de finale
de la compétition. Il était déjà prévu que les deux équipes
s’affrontent en finale, puisqu’elles sont données comme les
favorites à la première place de leur groupe respectif.
Mais si Ahli, comme le présageaient les pronostics, a réussi
à accomplir sa mission, ce n’est pas le cas pour le champion
nigérian, qui a terminé à la deuxième place dans son groupe
B derrière Coton Sport (Cam) pour affronter ainsi Ahli en
demi-finales. « Pour moi, les deux meilleures équipes dans
la compétition sont Enyimba et Ahli. Elles méritaient de
jouer la finale. Mais malheureusement, elles vont
s’affronter en demi-finales. A mon avis, ça sera une
demi-finale très dure pour les deux équipes. Mais je suis
sûr de la capacité de la mienne à transcender l’obstacle
égyptien et se qualifier pour la finale surtout qu’elle a
retrouvé sa stature, qui nous rappelle les performances de
2003 et 2004 », confie Felix Anyansi, président d’Enyimba.
En effet, Enyimba a fait parler d’elle-même de façon
sérieuse pour la première fois en 2003, avec son premier
titre de champion d’Afrique aux dépens de la formation
égyptienne d’Ismaïli. Puis, elle a attiré l’admiration de
toute l’Afrique après avoir conservé son titre en 2004 aux
dépens d’une autre célèbre formation sur la scène africaine,
à savoir l’Etoile sportive du Sahel, devenant ainsi la
première équipe en Afrique à avoir remporté le titre de la
Ligue des champions d’Afrique pour deux saisons
consécutives.
Déjà, les joueurs de l’équipe étaient devenus à l’époque de
véritables stars, à l’instar de l’excellent gardien de but
Vincent Enyama, le défenseur Youssof Mohamad et l’attaquant
international ghanéen Joetex Frimpong qui ont mené l’équipe
vers ces deux titres. Mais suite au titre 2004, l’équipe
nigériane a perdu la majorité de ses stars qui ont quitté le
club pour l’Europe. En conséquence, elle n’a pas réussi à
s’exprimer dans les compétitions continentales des saisons
suivantes (Ligue des champions et Coupe de la
confédération). Mais cette année, il paraît qu’Enyimba est
déterminée à monter une autre fois sur le podium africain.
Très féroce sur son terrain
Le champion nigérian a montré des dents très tôt, lors du
tour préliminaire, par une double victoire sur le champion
congolais Diables noirs 4-2 à l’aller et 3-2 au retour. Idem
aux 16es de finale contre Simba (Tanz), deux victoires
successives 4-0 à l’aller et 3-1 au retour. A partir des 8es
de finale, les affaires sérieuses ont commencé avec une
rencontre face à la célèbre formation tunisienne Club
africain. Les Nigérians ont largement battu leur adversaire
à Aba 5-1, avant de perdre 1-2 à Tunis et de se qualifier
pour les quarts de finale.
Aux quarts de finale, Enyimba a présenté une solide
performance face à ses adversaires dans le groupe Coton
Sport (Cam), Al-Hilal (Sou) et T.P. Mazembe. Et le champion
nigérian a réussi à se qualifier aux demi-finales de la
compétition comme deuxième du groupe avec 9 points récoltés
de 3 victoires à domicile.
Comme la majorité des équipes d’Afrique noire, Enyimba se
présente très féroce sur son terrain et l’inverse à
l’extérieur. Les résultats de l’équipe dans les quarts de
finale en sont le grand témoignage : l’équipe a perdu ses
trois rencontres à l’extérieur, deux défaites sur un score
identique de 0-3 contre T.P. Mazembe et Coton Sport et
l’autre était de 2-3 contre Al-Hilal. « Notre équipe est
imbattable à Aba. Dès le début de la compétition, on a
remporté largement les rencontres à domicile. J’espère
pouvoir répéter le même scénario contre Ahli, surtout qu’il
y aura une autre rencontre très difficile pour nous au Caire
lors du match retour », explique Felix Anyansi
L’équipe possède en effet la meilleure attaque dans la
compétition avec 30 buts marqués en 12 rencontres. Et ce,
grâce aux grands efforts du jeune attaquant de l’équipe
Stephan Worgu, buteur de l’équipe et de la compétition avec
13 buts. Ce dernier constitue le point de mire des
responsables d’Ahli qui ont commencé des négociations avec
le joueur afin de jouir de ses services à partir de janvier
prochain.
Cet attaquant doué est épaulé par son coéquipier l’attaquant
Eze Otorogu, second buteur de l’équipe avec 6 buts. Ce duo
d’attaque est le grand atout de Maurice Cooreman, directeur
technique belge d’Enyimba. Ce dernier est très confiant de
réaliser un bon résultat contre Ahli, ce dimanche. « J’ai
bien étudié le style de jeu d’Ahli et je connais bien ses
points forts et ses lacunes. Les Rouges vont affronter des
grands problèmes chez nous à Aba et je suis sûr que le
champion d’Egypte va quitter le Nigeria déçu », déclare
Maurice Cooreman.
Il est clair que la rencontre de dimanche sera très
difficile pour les deux équipes. Mais l’histoire retient qu’Ahli
avait battu Enyimba 1-0 à Aba en 2005 avec le but de Emad
Metaab.
Les
Nigérians ont de quoi se méfier.
Mohamed Mosselhi