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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Société

Petit Baïram. Des messages sarcastiques via portable font le tour de l’Egypte durant les fêtes. Une vraie description du panorama de la scène politique, économique et sociale depuis quelques années. 35 millions d’abonnés partagent leurs maux et vœux par SMS.

Il court … court le message

«il est décidé que le vœu de l’Aïd ne sera plus Aïd Moubarak mais ya Gamal Al-Aïd ». « Pour les Arabes, Aïd Moubarak signifie bénie soit la fête, alors que pour les Egyptiens, Moubarak (sous-entendu le nom du président) pour le reste de la vie », « Aïd Moubarak, Suzanne Moubarak, Gamal Moubarak et Alaa Moubarak ». C’est sympa à lire, il suffit de sélectionner ses contacts et d’envoyer le même message de vœux à tout le monde.

Des messages qui s’échangent sur les portables quelques jours avant la fête et le jour même. En fait, depuis environ trois ans, la famille Moubarak est bien présente sur les cellulaires avec toujours un nouveau message pour souhaiter bonne fête. Des phrases pleines d’humour (exploitant le sens du mot Moubarak en arabe) vont faire le tour de l’Egypte durant les fêtes, en sachant qu’il y a 35 millions d’abonnés au téléphone portable. Ces SMS que l’on envoie aux collègues, aux amis et même aux membres de la famille remplacent de plus en plus les coups de fil et les visites de courtoisie à un moment où le rythme de vie accéléré est devenu roi. Cependant, d’une année à l’autre, les SMS ne cessent d’évoluer et de s’inspirer de la situation sociale, économique et surtout politique dans le pays. Ils expriment les sentiments de frustration des Egyptiens contre 20 pts. Ces anecdotes comiques critiquant la politique du gouvernement, ou constituant la dérision sur soi et sur autrui, mettant l’accent sur la crise économique ou des commentaires pleins de sarcasme, reflètent les différentes préoccupations de l’opinion publique. Certains SMS sont modifiés par des amateurs qui possèdent un certain sens de l’humour. Quelques jours avant la fête, Mahmoud reçoit ce texte : « La fête a commencé en Haute-Egypte parce que les Saïdis ont vu le croissant sur une ambulance ». Mahmoud le fait suivre en rectifiant : « Ce n’est qu’une rumeur ». Les gens de la Basse-Egypte ont vu l’insigne sur les produits du croissant et de l’étoile dorée. Ce dernier, qui travaille dans une société de télécommunications, confie qu’il reçoit des quantités incroyables de SMS à la veille des fêtes. C’est un fait nouveau que les sociétés de télécommunications ont fini par prendre en considération. « Un état d’urgence est décrété au sein des sociétés et le personnel du département des technologies de l’information est présent 24h sur 24 pour faire face à cette période de tension, et éviter toute panne de réseau », explique-t-il, en ajoutant que les ventes des cartes de rechargement augmentent de 40 % durant les fêtes. Cependant, il explique que les messages ne sont plus de simples phrases de vœux, mais un moyen d’expression et de défoulement dans une société ébranlée par des événements sociaux et politiques. Il va jusqu’à penser que certains services de sécurité sont même les sources de ce genre de SMS. Et ce, dans le but de sonder la réaction de la société dans un pays où on fait semblant d’appliquer la démocratie. Et le message de Mahmoud est envoyé à Ali, Dalia, Rania et Gihane, mais personne ne sait exactement qui l’a inventé. Le scénariste Bilal Fadl révèle qu’un de ses amis travaillant pour une société de télécommunications lui a confié que ce sont des collègues à lui qui envoient ce genre de messages, prisés par les abonnés qui n’hésitent pas à les faire suivre. Lui, est content de voir circuler ces phrases pleines de sarcasme, analysant les différentes situations, écrites dans son éditorial dans Al-Dostour. « Même si je perds les droits d’auteur, je sais que cela va avoir de l’influence sur une tranche importante de la société via le cellulaire, bien répandu en Egypte », assure Fadl, en ajoutant que les Egyptiens adorent échanger les blagues et commenter les nouvelles avec ironie. C’est ce que font souvent les gens attablés dans les cafés. Aujourd’hui, c’est le moyen qui a changé. Le portable répand l’anecdote en quelques minutes.

Des anecdotes ou proverbes populaires qui expriment l’esprit collectif, comme le dit le psychiatre Ahmad Abdallah. Une personne crée l’effet, un autre fait quelques rajouts, mais on ne sait jamais qui l’a créé. Selon lui, les SMS se jouant des situations politiques, sociales et économiques reflètent certaines caractéristiques de la personnalité égyptienne ces derniers temps. « Observer, se plaindre, faire du commérage et se moquer des situations », explique-t-il, tout en ajoutant que ce genre de SMS est un moyen de ruminer les problèmes, de les partager avec les autres, sans rien faire de positif. « Les gens sont de plus en plus passifs, travaillent moins et ne font que se plaindre de leurs conditions de vie difficiles », explique Abdallah. Les amateurs des SMS pensent autrement. A l’exemple de Tareq Hamdane, travaillant dans le marketing, qui tient à préciser que ces messages sont un moyen d’expression et d’extériorisation : « Autrement, la frustration nous tuera tous ». Et si un message de vœu peut être envoyé à tous les contacts, certains, plus burlesques et audacieux, sont expédiés aux plus intimes.

Suite aux agressions policières contre les citoyens filmées ces dernières années, les agents de sécurité sont devenus un sujet courant de vœux. « Un officier demande à son subalterne si l’Aïd sera le mardi, il lui répond : pourquoi pas, si on lui fait de la pression. Bonne fête ! ».

De la politique à l’économie, beaucoup de SMS demandent où est la aïdiya (somme d’argent offerte aux enfants durant les fêtes), accusant son interlocuteur d’économiser le coût du message. Une blague qui reflète les conditions difficiles des gens, qui ont du mal à joindre les deux bouts. Les sociétés de télécommunications font des réductions exceptionnelles durant les fêtes. Et les abonnés en profitent pour « faire courir » leurs SMS, partager la joie de la fête, échanger leurs problèmes par des phrases brèves via portable. Gihane Diaa explique qu’elle n’a pas le temps de téléphoner à dix amis, mais elle peut les fait rire en leur envoyant un SMS rigolo. Elle va jusqu’à inventer certains messages quand son comédien préféré Adel Imam présente un nouveau film le jour de l’Aïd. Des commentaires ou des extraits du film accompagnés de vœux font le tour de la famille de Gihane. Son mobile sonne, un nouveau message :

« Diana et Zikra ont accueilli Suzanne Tamim. Est-ce qu’on t’a pas conseillé de prendre garde des hommes d’affaires égyptiens ? ! ». Bonne fête !

Doaa Khalifa
Samah Ziad

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Aïd et Rosh Hashana

Cette année, la fête du petit Baïram coïncide avec celle de Rosh Hashana (littéralement tête de l’année). L’occasion de jeter la lumière sur une fête très importante dans la religion juive. C’est la célébration marquant le Nouvel An du calendrier hébraïque, c’est-à-dire l’année civile juive débutant le premier de téchrine, de la même façon que le premier janvier marque la nouvelle année du calendrier grégorien. Rosh Hashana fixe la nouvelle année pour les gens, les animaux et les contacts légaux. Cette fête s’étend les deux premiers jours du mois de téchrine, même en Israël où la plupart des célébrations ne durent qu’un jour. Cette fête, qui a lieu le premier jour d’octobre, marque le début de l’année en hébreu et commémore la création du monde et célèbre Dieu comme Juge suprême. A ce jour, chaque croyant est appelé à faire un examen de conscience, rendre des comptes à Dieu en espérant son pardon. Le mois de téchrine est le premier mois de l’année ecclésiastique et le septième de l’année civile du calendrier hébreu. C’est un mois automnal et il semble que le début de l’année en ce mois soit une tradition babylonienne, par rapport à l’année agricole.

Il s’agit de l’un des jours les plus joyeux et les plus solennels du calendrier juif. Diverses explications sont proposées pour justifier l’origine de cette fête. Pour les fidèles juifs, il s’agit du jour de la proclamation de la royauté de Dieu sur le monde ou bien le jour du jugement. Selon la première explication, c’est à ce jour que les créatures du monde reconnaissent Dieu pour roi. Ceci explique la joie reflétée par les festivités de ce jour.

Lors de ce jour, les familles juives se regroupent pour déguster le repas de la fête, riche en mets particuliers tels que les pommes trempées dans le miel, comme symbole de l’âme qui se réjouisse de la douceur de l’année à venir. L’après-midi, les gens ont l’habitude de se rendre devant un point d’eau courante pour demander que les transgressions qu’ils ont commises soient oubliées au fond de la mer.

 




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