Al-Ahram Hebdo, Opinion | La crise monétaire et nous
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Opinion
 

La crise monétaire et nous

Salama A. Salama

Heureusement, je ne suis pas de ceux qui possèdent des actions ou qui investissent en Bourse. L’énorme crise vécue sur les marchés monétaires mondiaux à cause de l’explosion de la bulle des crédits immobiliers américains et l’effroi engendré dans le monde entier n’ont trouvé que de faibles échos en Egypte. Nous n’avons pas vraiment cherché à comprendre les répercussions et influences de la crise sur nos marchés bien que nous prétendions être directement liés aux marchés mondiaux.

J’appartiens à une génération qui a vécu divers systèmes économiques : la propriété de l’Etat des outils de production, la nationalisation, l’économie centrale, le secteur public et enfin l’économie libre et l’économie de marché. On nous a longtemps fait rêver de cette économie libre, la présentant comme le remède à tous nos maux économiques et même sociaux et politiques. Je pense que nous n’avons pas assimilé cet effondrement des marchés monétaires qui a obligé le président Bush, pour la première fois, à apparaître devant le public avec de véritables signes d’inquiétude et d’anxiété sur le visage, recherchant une issue à la crise dont les répercussions sont plus dangereuses que celles de la guerre de l’Iraq et d’Afghanistan.

Il semble qu’aucun responsable en Egypte n’ait accordé d’importance aux répercussions de cette crise sur nos conjonctures économiques. Tout ce que nous avons entendu est que l’Egypte est immunisée et que rien ne l’a influencée. Cependant, comment expliquer la décision de la Banque Centrale d’augmenter les taux d’intérêts ?

La seule chose que le citoyen ordinaire a ressentie en Egypte est le zèle inhabituel des services à la clientèle dans les banques. Ils se sont empressés, au milieu d’une campagne publicitaire intense, d’encourager les gens à acheter des actions et à investir à la Bourse sans aucune expérience préalable prétendant que c’est un investissement sûr pour leurs épargnes. Et ce, au moment où les marchés monétaires se trouvent au bord du précipice.

Au cours des dernières années, les certificats de bonne santé de l’économie égyptienne nous parvenaient de Merryll Lynch, de Stanley Morgan ou d’autres grandes institutions américaines d’investissement dont les avis sont dignes de confiance. Et voilà que survient soudain l’effondrement monétaire dans le foyer du capitalisme, chez le parrain de la mondialisation, de la liberté absolue des lois du marché et de la non-ingérence de l’Etat dans le mouvement de l’économie. Et voilà que des entités colossales, comme Lynch et Morgan, tombent en faillite. Et voilà que le gouvernement américain s’empresse de procurer les énormes sommes requises, de la poche des contribuables, pour les sauver de la faillite et acheter leurs dettes.

Que signifie tout ceci pour le citoyen égyptien qui n’a aucune relation avec la Bourse et ses secrets et qui ne sait rien à part ce que lui dit le ministre de l’Investissement sur la bonne santé de l’économie égyptienne, selon les témoignages d’institutions américaines de financement qui portent des noms étrangers dont il ne connaît rien ? S’agit-il de faux témoignages ? A quel point l’économie égyptienne a-t-elle été touchée par cette crise qui, semble-t-il, ne se résoudra pas dans l’avenir proche ? A quel point est-il possible de faire confiance quant à nos banques et institutions ainsi qu’aux déclarations de nos ministres ?

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